Lundi 12 Mai 2008
Fureur des Vivres n° 5, mai 2008, les nourritures vagabondes
Le luxe fait-il bon ménage avec la “cuisine de rue” ?
Street food chic
Depuis, d’autres enseignes se sont installées sur le créneau du prêt à emporter haut de gamme. Cojean et ses sandwiches sains surfent sur la vague du diététiquement correct, quant à Exki, la marque affiche clairement un positionnement écolo, éthique et équitable (le credo également de A point café, la restauration rapide à Lyon, signée Alain Alexanian), avec en plus «du sain et bon» version végétarien.
Chez Ladurée et Fauchon, on peut aussi emporter des en-cas très chic, voire carrément gastronomiques, aux garnitures parfois luxueuses : les choux et éclairs salés, toasts gourmands et pas moins de vingt tartelettes chez le premier, ou la célèbre madeleine salée à la truffe et l’insolite baguette-foie gras-fraise pour le second.
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Vendredi 09 Mai 2008
La boulette, du néolithique au McDo
Fureur des Vivres n° 5, mai 2008, les nourritures vagabondes
Le burger américain n’est qu’un nouvel épisode d’une histoire longue comme l’humanité. Ou presque.
La boulette, du néolithique au McDo


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Jeudi 24 Avril 2008
Rêve de tamarin
Fureur des Vivres n° 4, avril 2008, l'amer
Egmont Labadie, auteur des "Zinzins du Zinc" a accepté d'écrire un article très poétique sur le tamarin, dans le cadre de notre numéro de Fureur des Vivres consacré à l'amertume. Bonne lecture.
Rêve de tamarin
Egmont Labadie
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Mercredi 23 Avril 2008
Couleur café, Dieu que j’aime ta saveur amère
Fureur des Vivres n° 4, avril 2008, l'amer
Fureur des Vivres ouvrira régulièrement ses colonnes à des auteurs qui ont quelque chose à dire. Ce mois-ci c'est Tiuscha qui a souhaité s'y coller.
Le café est une boisson quotidienne, voire pluri-quotidienne pour des millions d’individus ! Entre sa découverte par le monde occidental et sa popularisation, il s’est écoulé très peu de temps, contrairement au cacao, autre produit «exotique» amer qui fut longtemps un privilège et un produit de luxe !
Couleur café, Dieu que j’aime ta saveur amère
Tiuscha
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Mardi 22 Avril 2008
L'amer peut-il être bon en sauce ?
Fureur des Vivres n° 4, avril 2008, l'amer
Le jour où j'ai cessé de fumer, j'ai commencé à boire.
Petit raccourci provocateur, mais pas entièrement faux. Un vermouth bien frappé en sortant du bureau, s'il vous plaît !
Par une chaude fin de printemps, il y a longtemps, c'est à une terrasse de café bruissante de rires et de conversations que j'ai eu un coup de foudre pour l'amer, sous la forme un peu liquoreuse du Martini rosso.
Quoique. Fut-il réellement pour l'amer lui-même, ce coup de foudre ?... Hum, peut-être aussi pour la douceur de l'air, les derniers rayons du soleil sous les arbres, le sel des cacahuètes ou des olives, les glaçons, l'acidité du zeste de citron, bref, tout simplement pour un moment de bonheur...
Peu importe de toute façon, car, sans le moindre doute, le coup de foudre de l'époque a connu son regain en ce présent mois d'avril.
L'amer peut-il être bon en sauce ?
Le seul mot d'amer m'a instantanément évoqué l'écorce de pamplemousse : l'odeur, la texture, le goût, tout là-dedans me révulse.
Mais c'est encore Estèbe qui m'a fait réaliser que je confondais en partie amertume et astringence : " "Bien souvent d’ailleurs, les dégustateurs la confondent [l'amertume] avec l’astringence, qui est une sensation tactile (râpeuse, asséchante) et non une saveur. Méditez ça."
Alors j'ai laissé de côté mon écorce de pamplemousse pour me rappeler le velouté du Martini.
Je n'en bois plus depuis des années, j'aime mieux le vin blanc. Mais quitte à en rester au vin blanc pour l'apéritif, pourquoi ne pas faire du Martini une base de sauce, pour un magret de canard ? (J'adore le gras grillé et le goût un peu fort de la viande de canard, rien que de l'imaginer avec l'amer sucré du Martini rosso, hé hé...)
En fait, je n'avais pas racheté de Martini depuis si longtemps que je viens juste de découvrir qu'il avait changé d'aspect : la bouteille a été complètement recarrossée, elle a changé d'étiquette mais aussi radicalement de forme. Depuis quand ???

• Sauce à base de Martini pour accompagner le canard
J'ai misé à fond sur l'amer : si l'on veut savoir de quoi on parle, ne faisons pas semblant !
J'ai fait réduire le Martini dans une casserole. Quand je dis réduire, c'est vraiment réduire : de 125 ml au départ, je suis passée à seulement 25 ml.

J'ai fait des aiguillettes de canard (aucun gras, donc, ne pourra me séduire en enveloppant la chose), et déglacé la poêle avec le Martini réduit :

Arrgh, ça arrache !
Assez "laquant" comme vous pouvez le voir ci-dessous – et ça, j'aime. Mais une pointe de douceur ou de je ne sais quoi qui puisse atténuer l'amertume serait plus que bienvenue.

• L'universelle tentation sucrée
Le vermouth, le cacao, toutes ces choses très amères ont besoin de sucre pour être appréciées.
Enfin, c'est ce qu'on pense en général.
Tenez, voyez par exemple ce que font les industriels avec le Schweppes (boisson pétillante aux extraits d'écorce de quinquina et d'oranges amères).
J'ai acheté du Schweppes normal (pour le faire réduire et le mettre dans ma sauce).
J'ai pris aussi du Schweppes light pour comparer la saveur et l'agrément des deux : tant qu'à faire, s'ils sont aussi bons l'un que l'autre, autant n'absorber que 4,6 kcal par cannette de 33 cl, plutôt que les 119 kcal du Schweppes traditionnel.

Le light a un goût plus sucré que le "vrai" ! Unanimement jugé désagréable, excessif et traficoté par les trois adultes qui se trouvaient là hier, mais préféré par la pré-ado qui de toute façon n'a aimé aucune des deux versions ("c'est sucré pendant deux secondes et après c'est amer, pouark"). Donc les industriels font la même erreur que moi auprès des adultes, mais ils savent comment plaire aux plus jeunes : ils ajoutent du sucre, encore et encore plus de sucre, pour faire passer l'amer.
Même erreur que moi ? Oui, car j'ai fauté moi aussi. Pensant que le sucre serait un allié savoureux, j'ai essayé de faire un condiment "solide" en remplacement de ma sauce trop amère : je voulais un genre de chutney.
Les ingrédients ? Martini réduit et poivrons grillés pour le côté amer, ananas, oignons blancs et raisins secs pour le sucre.

Et cette fois, pas question de me contenter de maigres aiguillettes ! Il s'agissait d'accompagner un magret dont j'ai mangé tout le gras.




Seule erreur : j'avais invité mon aimable compagnon à partager ma pitance. Il est entré, il a dit "ça pue !", j'ai répondu "ça vient de chez les voisins", et il a osé un "non ça vient d'ici".
Pour sa punition, je lui ai fait goûter du Schweppes réduit sur feu doux à un quart de la quantité de départ (l'odeur, c'était ça). Il a cru halluciner : "La vache, qu'est-ce que c'est amer !" Et là je l'ai regardé avec les yeux de l'amour. Il ne connaissait pas le thème et l'avait deviné tout seul.
J'ai goûté aussi, c'était (incroyablement) amer. Et ultra persistant : jusqu'à altérer mon délicieux vin blanc du déjeuner, et me causer un retour de goût amer sur la langue à la moindre gorgée d'eau pendant plusieurs heures.
Les affronts conjugaux contre ma nourriture ne se sont pas arrêtés là. Mon chutney était trop sucré au goût de monsieur : "C'est con de mettre du sucre, j'aime pas le sucre dans la bouffe, m'a-t-il dit. Fallait mettre de l'acide."
(Que je le prenne au mot, tiens.)

Je n'aurais pas dû mettre le jus de l'ananas. C'est vrai que ça sucre trop. Je n'aurais pas dû mettre d'ananas du tout, même.
Autres versions, souvent encore un peu trop sucrées mais ça commence à devenir vraiment bon. De l'oignon, du Martini et des raisins secs.

Il faut faire cuire d'abord l'oignon (avec un peu d'eau), puis ajouter le Martini seulement à la fin – sinon l'oignon cuit mal.

Le Martini aime énormément les raisins.
Ne pas lui en donner trop toutefois, et penser à des viandes bien épicées. Avec un riz thaï ou basmati, c'est irrésistible.
Et je suis sûre qu'il faudrait chercher du côté d'un accompagnement flashy : cru, très frais, ou je ne sais pas très bien quoi mais quelque chose qui tranche et qui fasse entrer un vent de folie dans tout ça.

Pas de canard, du poulet !
Finalement – conquise par l'amer sans même m'en être aperçue – j'ai fait dimanche dernier avec mon Martini une recette vraiment top, qui a plu à tout le monde.
L'idée de départ, c'était de me débarrasser d'un beurre de cacahuètes que j'avais acheté par erreur en version onctueuse alors que je le préfère avec des morceaux. Je me suis dit "fourrons-en le poulet, ni vu ni connu et bon débarras, et ça rendra le poulet plus tendre", et ça a marché. C'était surtout super bon. Etonnamment bon. Je m'y attendais mais pas à ce point-là.
Vous voulez un récapitulatif ?
1) Faire une pâte avec 3 ou 4 cuillerées à soupe de beurre de cacahuètes, du poivre en grains et un oignon émincé, quelques herbes si on veut.
2) Farcir le poulet de ce mélange.
3) Emincer un gros oignon et en tapisser un plat à four, ajouter quelques gousses d'ail en chemise, verser du Martini (et un peu de vin blanc, c'est encore meilleur).
4) Frotter tout l'extérieur du poulet de sel fin, poivre moulu et piment doux.
5) Faire cuire à 190 °C pendant 2 heures en retournant le poulet plusieurs fois de tous les côtés.

J'ai découpé mon poulet – sans oublier de me récompenser au passage, la passion du sot-l'y-laisse me perdra :

Avouez tout de même que... Mmmm...

Le piment doux colore la peau et la rend particulièrement savoureuse.
Le Martini baigne le poulet pendant la cuisson. Et avec les sucs du poulet et des oignons, il nous donnera la sauce finale (rendue encore plus onctueuse par la petite quantité de beurre de cacahuètes qui s'est échappée du poulet pendant la cuisson). On filtre tout ça pour enlever les oignons et le reste. On goûte. L'équilibre est génial.
Pas encore essayé mais explorations en projet, pour continuer de faire honneur aux possibilités de l'amer :
- un poulet au Martini et au piment (du vrai piment cette fois, plus fort que le piment doux) avec des tranches d'orange – crues les tranches d'orange, pas cuites sinon ça se défait en deux secondes et ça je ne le ferai plus ; je les arroserai juste de quelques gouttes de Martini, éventuellement :


- un Schweppes ou un Martini bien frappés, en boisson d'accompagnement pour un canard à l'orange (peu sucré) et très épicé,
- un travers de porc grillé au Martini et aux raisins...
... et plein d'autres choses auxquelles je n'ai pas encore eu le temps de penser !
Si j'ai éprouvé une répulsion instantanée pour le thème de l'amer, je dois dire que depuis trois semaines je me suis bien amusée à essayer de sortir de cette répulsion, c'était très stimulant. Aujourd'hui, je ne vois plus l'amer de la même façon. Et je compte bien, par souci d'équité, essayer très bientôt le Noilly-Prat et... et....? (Aidez-moi, je ne connais pas d'autre marque de vermouth !).
Caroline
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Vendredi 18 Avril 2008
Cherchez l'amer sur la carte
Fureur des Vivres n° 4, avril 2008, l'amer
Pour savoir si, comme le prétend Estèbe, l'amer est le parent pauvre des saveurs, un petit tour sur les cartes de restaurant est instructif. Interroger les chefs l'est tout autant.
Cherchez l'amer sur la carte
Michel Portos, à Bordeaux, considère que l'amer fait partie des saveurs équilibrantes, au même titre que l'acide. Malheureusement, hormis le chocolat et le café, il est obligé d'édulcorer l'amertume dans ses plats, les clients n'y trouvant pas leur compte. Le maximum toléré concerne l'asperge et l'endive. Foin de trévise ou de genièvre, ou par touches symboliques.
Jean-Noël Prabonne, dans le Lot-et-Garonne, n'aime pas particulièrement cette saveur lui-même, hormis dans l'artichaut qu'il utilise abondamment, ou dans le pissenlit. Pour les clients, cette saveur doit être diluée ou atténuée (foie gras avec l'artichaut par exemple) pour être acceptée par les clients. Pour preuve de la désaffection de la population vis-à-vis de l'amertume, il me suggère de trouver des bouteilles de Suze ou de Fernet-Branca de plus de 20 ans (mais où ?) et de les comparer avec la production actuelle, totalement édulcorée.
Sullivan Breton, à la frontière suissecuisine peu d'aliments amers, mais quand il se décide il ne fait pas semblant, sans contestation de sa clientèle, en majorité suisse. Il a ainsi osé l'endive cuite sous vide sans lait ni sucre avec de la vanille, ou un filet de canette des Dombes au caramel d'oranges amères.
Ivan Lavaux, entre Bresse et Bugey, apprécie la saveur amère "à temps partiel". Il considère que l'amertume est "de demi-saison", au printemps et à l'automne. Elle apporte de la fraicheur à ses plats à ces moments-là. Il faut dire qu'il ne fait pas les choses à moitié, en cuisinant l'endive avec des écorces ou des racines, de l'huile d'olive, de la ciboulette ou du gingembre, tous produits qui renforcent l'amertume du légume. Il aime associer cette saveur aux crustacés et aux poissons, et en abuse dans les desserts. Un de ses plats fétiches est un poulet de Bresse à la bière, avec des endives braisées et un risotto aux truffes, parfait contraste entre un plat tonique et une garniture suave. En fait, proche de ses clients (il ne sert que 20 couverts par service), il constate que ses clients redécouvrent l'amertume et l'apprécient.
En compulsant quelques cartes en ma possession, je trouve :
- Biscuit à l'huile d'olive, sorbet Campari et mascarpone à Pauillac (Marx)
- Marbré de foie gras frais de canard aux endives caramélisées à Dijon (Billoux)
- Carré d'agneau poêlé, jus à la chicorée, gnocchi de pommes de terre aux truffes (Billoux encore)
- Foie gras de canard au thé vert Matcha, petits légumes au vinaigre de citron à Clermont-Ferrand (Coursol)
- Pièce de boeuf de Salers, radis noirs et pissenlis à Montreuil sur Mer (Gauthier)
- Macaron aux amandes de Barry, crémeux au chocolat Kacinkoa à Murat (Cazanave)
- Le thé de champignons en cappucino d'amandes à St Bonnet le Froid (Marcon)
- Turbot de Bretagne, jus au cidre, endives braisées aux pommes, gingembre et grenades à Chambéry (Campanella)
- Salade de roquette sauvage et cèpes crus et cuits, Parmesan Regiano, pignons, fleurs de romarin et Balsamico 12 ans à Rodez (Fau)
Je vais arrêter l'énumération pour limiter l'absentéisme si vous lisez cet article à 11 h du matin, mais on constate que l'amer n'est pas mort, mais n'a plus la place qu'il mérite.
Sacré Estèbe, il avait donc raison !
Patrick
Michel Portos, Hauterive Saint James, 33270 Bouliac, 05 57 97 06 00
Jean-Noël Prabonne, Relais de la Hire, 47600 Francescas, 05 53 65 41 59
Sullivan Breton, Jiva Hill Park Hôtel, 01170 Crozet, 04 50 28 48 48
Ivan Lavaux, Auberge de l'Abbaye, 01500 Ambronay, 04 74 46 42 54
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Mercredi 16 Avril 2008
Le houblon
Fureur des Vivres n° 4, avril 2008, l'amer
Humulus Lupus pour les botanistes. Lupus quel drôle de nom pour une plante ! C’est la faute aux romains si elle se nomme ainsi car ils pensaient que cette plante se nourrissait de la sève des arbres sur lesquels elle s’accrochait.
Le houblon

Pour améliorer le goût des céréales fermentées, les brasseurs primitifs avaient essayé toutes sortes d’aromatisations avec des herbes parfumées, d’abord des plantes sauvages, puis celles des jardins de simples. Certaines de ces plantes avaient le pouvoir d’augmenter l’ivresse comme la jusquiame ou même de rendre fou comme l’amanite tue mouche que les Vikings prenaient avant d’aller à la bataille.
Le houblon devint alors un aromate indispensable au brassage de la bière. C’était une plante sauvage qui croisait dans les pays tempérés d‘Europe, d’Asie et d’Amérique du nord. Les grecs et les romains la cultivaient comme plante médicinale et comme légume, pratique qui perdura longtemps ainsi que l’écrit Rabelais parlant des tendres pousses du houblon : «sallades avec cresson, obelon (houblon), couille à l’évêque ou cresson menu de prairie, asperges et cerfeuil …»
Pour la bière ce sont également ses propriétés médicinales qui nous intéressent et surtout la lupuline qui est le principe odorant des glandes des inflorescences du houblon. C’est la lupuline qui donne l’amertume à la bière, permet de la conserver et lui procure sa mousse. La lupuline a aussi des pouvoirs sédatifs qui en font un succédané de l’opium - le houblon appartient à la famille des cannabacées - on peut donc le fumer ou en remplir ses oreillers car le houblon possède deux vertus à première vue contradictoires : il facilite le sommeil et stimule l’appétit. C’est aussi un excellent anaphrodisiaque. Cette dernière vertu fut certainement la cause de son succès dans les jardins de simples des monastères qui développèrent sa culture partout en Europe continentale.
Comment se présente le houblon ? C’est une plante grimpante qui s’enroule toujours dans le sens des aiguilles d’une montre autour des supports auxquels il s’accroche grâce à des petits crochets, à la manière de la vigne vierge. Une tige de houblon peut atteindre 6 à 7 mètres de hauteur, c’est un couvre mur remarquable et très décoratif car ces fleurs sont très originales. D’abord les fleurs mâles et femelles poussent séparément : resserrées les unes contre les autres chez les femelles et au contraire très séparées chez les mâles qui supportent mal la promiscuité, c’est pour cela qu’en botanique on dit qu’elle est une plante dioïque. Ces fleurs ressemblent à des cônes dont les écailles sont les feuilles.
On peut récolter des cônes de houblon pendant environ une vingtaine d’années, qui est à peu près la durée de vie d’un pied de houblon et en été lorsque les cônes troquent leur couleur vert jaune contre un brun jaunâtre. On décolle le houblon de son support et on cueille les cônes que l’on fait sécher durant 5 jours en les retournant régulièrement.Une fois sèchés, ils sont transportés à la brasserie où les cônes bouillent 2 heures durant dans le malt filtré pour lui donner son bon goût. Le brasseur choisit de faire bouillir 100 à 400 gr de cônes de houblon pour 100 litres de moût selon l’amertume qu’il désire donner à son breuvage.
Ségolène
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Mardi 15 Avril 2008
La Rue
Fureur des Vivres n° 4, avril 2008, l'amer
«C’est pas nous qui sommes à la rue, c’est la rue kétanou», ainsi que le chante le groupe «La Rue Kétanou». Puisqu’elle est à nous, la rue, profitons-en pour la découvrir.
La Rue

Rue de mon jardin
Ruta graveolens-L, ruta : de la famille des Rutacées, graveolens, qui sent fort, L classée par Linné. Voila pour l’état civil. Elle porte des surnoms tellement contradictoires qu’on pourrait douter de son honnêteté, «belle fille» et «herbe de grâce», c’est plutôt attirant, mais «puante» et «abortive», ça sent le souffre, la marmite de sorcière, on en a brûlé et guillotiné pour moins que ça !

Grappa

Ségolène
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Vendredi 11 Avril 2008
Chaud cacao, chaud chaud chaud chocolat !
Fureur des Vivres n° 4, avril 2008, l'amer
« Eh M’sieur, un cacao bien chaud ! Svp ! ». Cacao ou chocolat ? voilà une confusion bien ordinaire. Mais cet amalgame découle de la confusion et peut-être même de la fusion du cacao… car effectivement le cacao est une boisson à elle toute seule !
Chaud cacao, chaud chaud chaud chocolat !
On classe les cacaoyers en deux groupes :La récolte a lieu deux fois par an, au printemps et en automne. Cela exige un travail considérable.
Les fruits sont alors transportés vers un centre de traitement où va se produire la fermentation. Cette opération tue la fève et la débarrasse de son mucilage. La fermentation dure de 1 à 7 jours, réduit l’amertume et l’astringence. Ce qui a pour but de développer les arômes.
La torréfaction facilite aussi les opérations de concassage, de dégermage. C’est la mouture (les fèves sortent sous forme d’une pâte qui contient environ 50 % de matière grasse, 14 % de matière protéiques et 4 % d’amidon) que l’on appelle pâte de cacao qui servira de base au chocolat.
Un dernier brassage dans une machine à 45 degrés, et le chocolat est prêt à être moulé et transformé au gré de l’artisan chocolatier ou de l’industrie qui le jumellera au fondant, au caramel, aux pâtes de fruit, au nougat blanc, aux liqueurs, à la praline, au gianduja, à la ganache ou en couverture… que de plaisirs gustatifs.
Traditionnellement, le cacaoyer était cultivé sous couvert forestier, mais depuis les années 1970, la tendance va vers la culture en plein champ, ce qui entraine la déforestation puisqu’il faut déboiser pour implanter les vergers (à titre d’exemple, en 2000, 14% des forêts tropicales de la Côte d’Ivoire avaient été déboisées pour la production de cacao et en Indonésie, ce sont 170 000 hectares de forêt vierge qui ont été détruits), vive l’agriculture intensive pour une qualité médiocre….
Afin de contrôler cette dégradation écologique et environnementale, l’International Institute of Tropical Agriculture a décidé d’impliquer les producteurs et autres intervenants de la filière sur l’importance du concept de la polyculture et de la culture étagée en Afrique de l’Ouest."Il s’agit finalement de reproduire en agriculture le type d’écosystème des forêts naturelles. On y trouve une diversité d’espèces, de plantes de différentes tailles : grands arbres, arbustes, plantes grimpantes et plantes basses. Chaque catégorie occupe une niche écologique particulière et accueille, de surcroît, une faune différente (oiseaux, mammifères). Parmi les grands arbres, on retrouve des arbres fruitiers indigènes, des avocatiers, et une espèce de bois d’œuvre. Cette couverture permanente, tout en hauteur, offre au cacaoyer les conditions microclimatiques dont il aura besoin tout au long de son existence. À l’étage tout juste en dessous, on retrouve des bananiers et une espèce de légumineuse. Ces plantes, plus petites que les grands arbres et qui sont temporaires, protègent les jeunes plants de cacaoyers durant leurs premières années contre la violence du vent et les ardeurs du soleil. Enfin, à l’étage inférieur, se trouvent les cacaoyers.»
Enfin un geste écologique pour nous rappeler que sans ce contrôle nous pourrions perdre un produit euphorisant et plein de vitamine (magnésium, phosphore, potassium, manganèse, cuivre, vitamine B1,B2,B3) et qui participe aussi au processus de formation de l’ADN. (source : Santé Canada. Fichier canadien sur les éléments nutritifs, 2005)
De nombreuses recettes existent pour cette sauce mexicaine qui peut se servir avec de la dinde. Pour ma part, j’utilise du poulet.
3. Mettre le tout dans un faitout puis cuire à feu doux 10 mn, ajouter du bouillon de volaille et cuire une vingtaine de minutes à feu doux.
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Jeudi 10 Avril 2008
La bière artisanale
Fureur des Vivres n° 4, avril 2008, l'amer
« Patron, un demi ! ». Sommaire mais universelle, cette interpellation traduit bien ce que l’on attend souvent de la bière au comptoir : une boisson standard, appréciée pour ses vertus rafraîchissante mais … sans autre préoccupation de goût, d’expression ou d’origine. Heureusement, le grand marché de la bière en France connaît en son sein un phénomène bouillant, tout en saveur, originalité et diversité : la brasserie artisanale.
La bière artisanale
L’essor pendant la baisseA l’heure où l’industrie brassicole déplore une baisse de la consommation (-25 % en 25 ans) et licencie, la brasserie artisanale affiche depuis quelques années une insolente progression qui vient égayer la morosité ambiante. L’aventure commence au milieu des années 80 avec la création de deux brasseries : en Bretagne, la brasserie Coreff emboîte les pas d’une petite brasserie charentaise, la « Bobtail ».

Pourquoi ça mousse ?

