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Fureur des Vivres

Vendredi 05 Février 2010

L’art du lard

Fureur des Vivres n° 25, janvier 2010, le cochon

Il en va du lard comme de la politique : plus on s’en gausse, plus l’affaire risque, sans que l’on y prenne garde, de se teinter d’un franc sérieux aux entournures.
Ainsi, observez une bande de joyeux drilles, adeptes des revoyures autour des petits fours et des bulles chics façon vernissage, sous le fallacieux prétexte de s’instructionner.
Retrouvez-les au sortir de l’une de ces séances de ronds-de-fesse délicieusement protocolaires, où se pavanent officiels de tous poils, la truffe faussement offerte au vent, et la queue studieusement tirebouchonnée.
Laissez-les s’autoproclamer Collectif d’Artistes Européen.
Souriez, certes.
Mais observez…
Rien à voir avec notre sujet du mois ?
Que vous dites !


L’art du lard

Bergerac, petite ville tranquille du Sud Ouest : sa campagne faussement somnolente, son climat clément quoique parfois rugueux, ses coteaux vallonnés aux trésors trop souvent méconnus, son nez célèbre, ses cochons mal-aimés bien que fin débusqueurs de truffes… et ses amateurs d’art contemporain.
Le tout agrémenté d’une poignée de généreux pique-assiettes joyeusement déjantés…

Il arrive, parfois, que l’art contemporain s’entête à ne présenter au commun des mortels que sa face la plus hermétiquement inaccessible. Il arrive, parfois aussi, que l’agacement pointe au sortir d’une visite qui se voulait prometteuse. Il peut arriver enfin que fuse alors, comment ne pas le comprendre, un « J’en aurais fait autant » pour le moins agacé.
Mais il peut arriver, beaucoup plus rarement, que le courroux légitime s’achève en un débordement verbal absurdement approximatif : « Pastiche… Performance… Buzz… »
Suivi de la toute petite parole de rien du tout, malheureuse tout autant qu’excitante : « Chiche ? »

Le bergeracois est fier, et fier de l’être. Ce qui est dit est dit. Et doit être fait.
L’affaire eut pu avorter tel un vulgaire soufflé bien vite retombé. C’eut été compter sans la pugnacité débridée tout autant qu’inspirée de nos joyeux drilles.

Action ! Les professionnels n’ont qu’à bien se tenir…

Un…
Une petite vingtaine d’artistes, professionnels ou pro…mus pour l’occasion, s’activent dans le plus grand secret pour réveiller le cochon qui sommeille en eux.

Deux…
Une campagne de communication superbement orchestrée



Un mystère savamment entretenu 



Un suspens haletant :



Trois…
Une Interview du cochon masqué sur les ondes locales, relayée par Sud Ouest, notre journal à tous…

Et hop !
Pour finir, un vernissage aux contours inédits :



Le reste se savoure avec les yeux…



Au second degré…





Avec une pointe d’humour…



Un poil d’autodérision…


Les trois petites cochonnes

Voire un peu plus…


...


again…

Et de préférence sur fond de neurones bizarrement connectés…


Théorème de Pigtagore


Lascochon

Petit détour littéraire…



Irrévérencieux ?


Truiller

Alors… rien à voir avec notre sujet du mois ?



Quelque 400 visites et une poignée d’heures plus tard, le succès de cette exposition volontairement éphémère est incontestable

Succès qui eut sans conteste pu les faire voguer vers l’île de Goret au Sénégal, les porter jusqu’à Porcsmouth, Porcto, ou encore au Groinland…
Mais c’est à Bergerac qu’ils plantèrent leurs sabots, pour notre plus grand plaisir !



Laurence

Merci aux artistes : Nassima Atman, Marine Bureau, Bénédicte Champetier de Ribes, Pierre Chenin, Norbert Couné, Catherine Dessertenne, Véronique Duchosal, Claude Germain, Claude Soubiran, Patricia Girou, Fatima Gouné, Coline Hugel, Bob Kohn, Anne de K’ostan, Dominique Korbendo, Stéphane Nicolet, P4  Philippe et Yveline Reynals pour leur créativité partagée.

Merci également à Pierre, chef d’orchestre autoproclamé et approuvé, pour ce temps gourmand partagé…

 
 

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Jeudi 19 Mars 2009

Sus à la couleur !

Fureur des Vivres n° 15, mars 2009, légumes de printemps

Haro sur la grisaille hivernale ! A bas les interminables camaïeux de gris complices à peine voilés des prozac et autres béquilles grâce auxquelles d’aucun tente, vaille que vaille, de gagner cette interminable course d’obstacles faite de pluie, températures négatives, nuages plombés (par la pollution, certes, mais pas que), et mois en brrreeuuh.



Sus à la couleur !
 

Allez donc savoir pourquoi, ces petits légumes de printemps suscitèrent en moi un appel irrésistible à la couleur : de la couleur bordel, une bonne, belle, grosse palette, grassouillette, de couleurs, à faire frétiller dans leur tombe les Douanier, Oreille-coupée (la droite) et consorts.

 

Jérome Bosch (1453-1516), Le jardin des Délices
(A gauche, le paradis terrestre, à droite, l'enfer, au milieu… les avis divergent !)
 

Panier au bras, tout émoustillée à l’idée de débusquer enfin l’objet de mes fantasmes culinaires trop longtemps inassouvis, je partis donc guillerettement à l’assaut des étals débordants des Capus, par un très, très beau jour printanier du mois de mars.

 

Peut-être aurais-je dû avant toute chose me poser cette très simple question : qu’est-ce qu’un légume de printemps ?

 

Vous me voyez navrée de vous infliger pareille lapalissade, mais… après l’hiver, la terre se réchauffe. Et c’est alors qu’apparaissent sur les étals les très convoités légumes primeurs, c’est-à-dire récoltés dans leur âge tendre. Outre la fraicheur chantante de leurs qualités gustatives, leurs fibres tendres, les pectines, raviront les estomacs fragiles qui sauront les digérer avec une facilité déconcertante.

Cependant, si mars ouvre la voie à tous les plaisirs printaniers en nous gratifiant de quelques belles journées, dame nature aime à prendre son temps, et ce n’est qu’en avril qu’elle nous offrira sur un plateau d’argent ces légumes tendres aux couleurs pimpantes. Inutile des les éplucher. Et opter de préférence pour une cuisson simplissime, version vapeur ou à l’étouffée, mode al dente, ce qui préservera leurs innombrables richesses en vitamines et minéraux, de quoi se remettre bien vite de la rudesse hivernale. Un joli bouquet d’herbes fraiches, un filet d’huile d’olive – une noisette de beurre pour les inconditionnels – sel, poivre, et hop, l’affaire est dans le sac !

Petite variante pour les gourmands : persil, menthe, cerfeuil, estragon, ciboulette ou autres joyeuseries ad libitum... agrémentées d’un jus de citron, de sel et d’une bonne dose de poivre, d’un oignon botte haché menu pourquoi pas, le tout plongé dans de la crème liquide à température hivernale, préalablement énergiquement fouettée. 

Et c’est ainsi que vous raviront, en vrac et dans le désordre, asperges, carottes nouvelles, petits pois et pois gourmands, épinards, fonds d’artichauts, cœurs de laitues, choux (blanc, rouge, rave), céleris, oseille, oignons, premiers radis, orties, fèves, oignons, petits navets, (très petites) pommes de terre, jeunes poireaux, ail nouveau, cresson, jeunes pousses de salades, morilles (ah bon ?!), concombre, haricot vert (très fins), et cetera, et cetera.

Pourquoi s’entêter à rechercher autre chose quand on sait que les produits importés hors saison le sont à coût pétrole multiplié par 20, au bas mot, sans compter l’insipidité et la désertion des nutriments chez ces avortons cultivés sous serre et shootés aux pesticides !

Sans oublier les multiples bienfaits directement exposables à l’approche des beaux jours : ainsi ces jolies carottes prometteuses de tout aussi jolies fesses roses, à faire défaillir de plaisir les voyeurs en tous genres…

 

Furibonde et frustrée, mais ayant renoncé à débusquer la reine asperge batifolant au milieu de sa cour peuplée de radis rosissant de plaisir, épinards vert pétant, fèves charnues et autres merveilles annoncées (j’étais même prête à faire copain-copain avec dame ortie, c’est dire…), je pris donc le chemin du bercail, armée comme il se doit du sempiternel poireau à quicher, du potiron décliné depuis des mois sous toutes ses formes (on a beau être fan et avoir su débusquer tous les cousins et cousines, à la fin, ça lasse), du radis noir tronçonné méticuleusement semaine après semaine, et me jetai de re-chef sur la toile.

Renseignements un peu plus précisément pris, me voilà au moins parée pour les 12 mois à venir :

http://segolene.ampelogos.com/news/calendrier-saisonnier-des-legumes
Merci qui ?

Pour les p’tits bleus dans mon genre, petit antisèche à dégainer AVANT de filer au marché…

 

A défaut d’avoir dégotté ma jolie palette de couleurs sur les étals, il me fallut bien trouver une astuce pour réfréner mon impatience quelques semaines de plus. Et c’est ainsi que, de fil en aiguille, je m’en vins toquer chez Paul, Frida, Jérome et consorts.

Inouïe la profusion de couleurs de nos grands maîtres !

 
Mais avant tout, petit retour sur l’Histoire…
 

Les premières représentations culinaires dans l’art pictural (notez bien, cela a son importance, que de « nature morte » il n’est point question), alors tourné vers l’illustration de scènes de la vie quotidienne, remonteraient au IIIe siècle avant J.C. Les images n’étant pas parvenues à traverser les nombreux siècles nous séparant de ces années bénies des dieux, seuls les descriptions et témoignages écrits attestent cette hypothèse. Des messages moraux ponctuaient volontiers ces évocations de la beauté de la nature, soulignant par là même la précarité de la condition humaine : au temps qui file, l’on oppose le carpe diem d’Horace.

Est-ce pour cela que Piraïkos, peintre grec du IIIe siècle avant J.C., sera surnommé peintre des ordures, en référence à l’humilité des choses qu’il représente ? Ce qui ne l’empêchera pas de vendre à prix d’or ses représentations, portant alors de doux nom de « rhopographie » ou « rhyparographie », littéralement « peinture d'objets vulgaires »  ou… « spectacle obscène » ! Quoiqu’il en soit et pour rester dans le registre culinaire qui est le nôtre, il vendra ses œuvres (ou leurs reproductions en mosaïques) comme des petits pains aux riches propriétaires qui en orneront leurs villas.

Pour la petite histoire, c’est également à cette époque que l’on situerait les prémisses de la technique du trompe l’œil. La légende veut que le peintre Zeuxis en soit l’initiateur, avec ses grappes de raisins à ce point aguichantes que les oiseaux venaient s’y casser le bec.

 

L’expansion, puis le déclin de l’Empire Romain, durant lequel la vie fut ponctuée par d’incessantes guerres de conquête, reconquête, et défense de territoires, ne laissa guère de place à un tel raffinement de pensée.

Et ce n’est qu’au Moyen-âge que réapparaitra la nature morte dans la peinture, mais toujours pas en tant que telle : son rôle se réduit alors à un détail décoratif, placé en soutien au thème religieux développé dans le tableau.

« Les objets, en se soumettant au sujet d'une composition, concourent au développement du thème religieux; ils ont une importance primordiale dans la signification de certaines scènes bibliques; ils les situent, ils les datent, ils caractérisent les personnages » (Michel et Fabrice Faré, « Vie silencieuse de la nature morte »).

 

La nature morte va peu à peu conquérir une place de choix dans les enluminures, jusqu’à composer un tableau indépendant se suffisant à lui-même à l’intérieur même des œuvres monastiques.

Mais le chemin reste semé d’embûches. A la Renaissance, l’on classifie : ainsi le français André Félibien, architecte et histographe de son état (qui plus est ami de Nicolas Poussin, mon illustre ancêtre – mes très sincères excuses pour ce manque caractérisé d’humilité) : « Celui qui fait parfaitement des païsages est au dessus d’un autre qui ne fait que des fruits, des fleurs ou des coquilles. Celui qui peint des animaux vivants est plus estimable que ceux qui ne représentent que des choses mortes et sans mouvement ; et comme la figure de l’homme est le plus parfait ouvrage de Dieu sur la terre, il est certain aussi que celui qui se rend l’imitateur de Dieu en peignant des figures humaines, est beaucoup plus excellent que tous les autres. »

 

Rappel récurrent à l’homme du caractère éphémère et précaire de son passage sur terre, la nature morte gardera longtemps cette valeur de symbole dans la peinture, jusqu’au-delà du XVIe siècle, date à laquelle l’on peut approximativement situer sa reconnaissance comme genre autonome à part entière, à l’initiative de l’école hollandaise : Stilleven en Flandre, Stilleben en Allemagne, elle sera Still-life en Angleterre, et Bodegone en Espagne. Après avoir été baptisée Nature inanimée par le philosophe Diderot, elle deviendra en France Nature morte au XVIIIe siècle, période à partir de laquelle elle connaîtra une réelle valorisation.

 

La corbeille de fruits, Michelangelo Merisi (1571-1610),
dit Le Caravage en référence à son village d’origine
 

Le XVIIe siècle va marquer l’apogée de la nature morte : morale et concret de la vie se bousculent dans l’esprit de la bourgeoisie hollandaise, qui voue une véritable passion à cet art pictural. On notera d’ailleurs qu’il n’est alors pas rare que les peintres revêtent la double casquette d’artiste et d’illustrateur pour des manuels de botanique.

 

Ainsi Jan de Heem (1606-1683 ou 84), qui influencera considérablement plusieurs générations de peintres, notamment par ses vanités.

 

Vanité, définition du Petit Larousse : Composition (nature morte le plus souvent) évoquant de manière symbolique la destinée mortelle de l’homme.
Il est vrai que ce tableau respire la joie de vivre !
 

Se bousculent dans ces tableaux fort prisés, symboles des arts et sciences (instruments de musique, livres, cartes), de la richesse (joyaux, bourses), des plaisirs terrestres (gobelets, cartes à jouer), de la mort (fleurs fanées, crânes, chandelles consommées, verres vides). Fort heureusement, il adviendra, parfois, que vienne égayer ce macabre tableau quelque symbole de la résurrection : épi de maïs, rameau de lierre ou laurier. 

 

Pour notre grand bonheur, une migration et quelques dents plus tard (Anvers, 1636), le sieur Van Heem saura se laisser influencer par un environnement quelque peu exubérant, et apporter deux-trois notes optimistes à ses œuvres. Ainsi, ce somptueux Dessert riche en draperies et couleurs printanières :

 
 
Avant : Vanité aux livres / Après : Le dessert… Ouf !
 

Quelques bondieuseries belliqueuses plus tard, et notamment grâce au combat pour la laïcisation de la peinture mené tambours battants par calvinistes et luthériens, opulence et plaisirs de la vie réoccupent peu à peu le dessus du panier, rendant un hommage de plus en plus assumé à la beauté parfaitement futile dans laquelle se pâme la société bourgeoise, à commencer par celle de son assiette.


 
Ecole française, Nature morte aux légumes du jardin
 

Au-delà, et jusqu’à notre laborieux XXIe siècle, chaque école imposera sa propre représentation : variations de palettes de couleurs, recours au clair-obscur, impressionnisme, expressionnisme, art abstrait, tous les moyens seront bons pour évoquer les plaisirs infinis de la table.

 

La nature morte au fil des siècles…

 

Ce petit tour d’horizon historique parfaitement subjectif ne pouvait se clore sans un crochet par quelques œuvres au choix purement aléatoire. Ainsi…

 
 
 
    
Printemps, Eté, Automne, Hiver…
 

Chacun a à l’oreille les envolées lyriques du Printemps de Vivaldi. Qui ne connait pas le même printemps traité par le peintre italien Giuseppe Arcimboldo ? Il semble que le sieur ait eu quelque délicieux comptes à régler avec sa mère nourricière…

 

Drôle de vie que celle de ce zozio italien, probablement né approximativement en l’an 1527, quelque part à proximité immédiate de Milan. Populaire de son vivant pour ses portraits et pour l'organisation de fêtes princières à la cour d'Autriche, il fut également reconnu comme savant et technicien. Mais il tombera peu à peu dans l’oubli, pour n’être redécouvert que peu avant que les surréalistes, Dali en tête, ne lui redonnent très officiellement ses lettres de noblesse.

 
 

Il fallait que l’Empereur Rodolphe II concentre une bonne dose d’humour pour se laisser ainsi croquer par Giuseppe Arcimboldo, et lui offrir en prime le titre de Baron Palatin (1592)… Digne d’une chronique d’un Stéphane Guillon, non ?!?

 

Tout, absolument tout dans son œuvre, évoquait les plaisirs de la table.
Jusqu’aux costumes de théâtre qu’il dessina :

 
  

Et que dire de ce sublime recto-verso maraicher :
 
 
A l’endroit… A l’envers !
 

Choix cornélien que celui de quelques œuvres pour symboliser la production foisonnante et régalante d’hommages rendus au fil des siècles aux plaisirs de la table !

 

Quelques incontournables toutefois, d’un point de vue non négocié et tout à fait discutable, j’en conviens aisément :

 

Le Caravage (1571-1610)
 

Jean Siméon Chardin (1643-1713)
 

Francisco de Goya y Lucientes (1746-1828… à Bordeaux)
 

Eugène Delacroix (1798-1863)
 

Edouard Manet (1832-1883)
 

Alfred Sisley (1839-1899)
 

Paul Cézanne (1839-1906)
 
 
Claude Monet (1840-1926)
 

Sérafine de Senlis (1864-1942)
 

Henri Matisse (1869-1954)
 

Fernand Léger (1881-1955)
 

Pablo Ruiz Picasso (1881-1973)
 

Georges Braque (1882-1963)
 

René Magritte (1898-1967)
 

Frida Kahlo (1907-1954)
 
Et si…
 

Jérome Bosch, Le jardin des Délices, (Triptyque fermé, volet gauche "Ipse dixit et facta sunt", volet droit "Ipse mandavit et creata sunt" – Autrement dit, "Lui parle, ceci est. Lui commande, ceci existe"). « Que la lumière soit ! Et la lumière fut »
 

Et si Hieronymus Bosch n’avait été qu’un génial visionnaire ?

Et si ce cultissime triptyque n’avait été que l’annonce prématurée de nos multiples déboires contemporains, fruits de l’inépuisable folie humaine ? Comment ne pas rester éternellement songeur face à cette représentation de notre terre nourricière, telle une bulle de savon fragilement suspendue ?

 
 
 
Laurence
 

PS : Aucun rapport avec le schmilblick cher à l’ami Coluche mais, heureux hasard du calendrier, ce 20 mars (demain donc), veille du printemps officiellement proclamé, l’on fête le Macaron. Ainsi, les heureux et chanceux parisiens pourront se ruer chez le sublime PIERRE HERME pour y (re)découvrir dix années de créativité débridée, et déguster, gratuitement ou pas, ses chefs-d’œuvre hauts en couleurs et infiniment raffinés…

http://www.pierreherme.com/data/jour_macaron.pdf

Surtout ne vous privez pas : en plus, vous ferez une bonne action !



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Jeudi 25 Décembre 2008

Chéri, si on se faisait un réveillon monochrome ?

Fureur des Vivres n° 12, décembre 2008, furieusement fête

Un menu peint d’une seule couleur pour Noël ? C’est osé. Voire séditieux. Quatre propositions: noir, rouge, jaune et vert. Parfaitement.
 





Chéri, si on se faisait un réveillon monochrome ?
 
Le merveilleux esprit de Noël, qui embaume l’air ambiant, se montre, gastronomiquement parlant, un brin autoritaire. Bien réac même. Sortie du foie gras, de la volaille, des huîtres et de la bûche, la tradition manque passablement de fantaisie. Parce qu’on peut aussi s’amuser en cuisine le 24 décembre, voici quatre idées de réveillons monochromatiques pour familles assorties.

 
Sous le sapin gothique
 
Les guirlandes dorées, les petits anges argentés, les rubans roses, ce n’est pas trop le genre de la famille Gothique (ou Addams). Chez ces gens-là, noir c’est noir, et il y a de l’espoir. Leur menu de Noël démarre avec quelques chips de pommes de terre vitelottes, coiffées de lamelles de truffe. Noire, la truffe. Voilà ensuite une entrée canaille: une petite soupe de haricots noirs où barbotent gentiment de minirondelles de boudin. Pas du boudin blanc. Noir. Ça continue avec un beau filet de cabillaud entièrement vêtu d’olives concassées (noires, faut-il le préciser?), flanqué d’un risotto à l’encre de seiche. Une tomme affinée au marc de raisin avec quelques tranches de pumpernickel, et débarque enfin la fondue au chocolat noir. La table a été décorée de quelques pétales de roses noires, pendant que le pinot noir coule à flots. A tel point que les convives ont toutes les chances de finir complètement… noirs. MDR.
 
Le réveillon coco
 
Même si le marxisme pur et dur n’a plus vraiment le vent en poupe – quoiqu’on nationalise beaucoup ces jours-ci… –, dans la famille Coco, le réveillon sera rouge. Rouge comme le sang de l’ouvrier. Au menu ? Un bortsch pour démarrer dans l’allégresse et l’ambiance soviétique; des filets de rougets au curry rouge ensuite, garnis de quelques lentilles corail; avant un jambon glacé au paprika, flanqué de peperoncini confits. Un morceau de boulette d’Avesnes avec des petits pains à la tomate, puis débarquent les pommes gala rôties au four et le sorbet à la framboise. Le vin? Ni blanc ni rosé, va sans dire. Mais la cuvée «Octobre» du domaine catalan Les Foulards Rouges. C’est la lutte finaaaaale…
 
Le miam de Golden Boys & Girls
 
Même si la crise financière l’a précipitée au bord du dénuement et du gouffre existentiel, la famille Golden Boys & Girls n’a pas perdu ses habitudes dorées. Noël sera donc résolument jaune. Avec du champagne en cascade, la cuvée Palmes d’Or de Nicolas Feuillate. Pour commencer ? Une soupe de courge jaune, avec quelques moules de bouchot décoquillées et immergées dedans. Très chic. Et puis une salade de pois chiches aux citrons confits et œufs de truite.
Le chapon élevé au maïs et rôti aux pamplemousses s’impose ensuite, garni de salsifis et carottes jaunes confites. Pas de problème pour le plateau de fromages (pas de bleus, bien sûr), arrosés d’un vin jaune du Jura, pour en arriver à la bûche aux kumquats. L’an prochain, c’est sûr, la Bourse flambera à nouveau. Rires (jaunes) autour de la table.
 
Festin chez Ecolos
 
Ici, le souci monochromatique se double d’un soin jaloux quant aux provenance et qualité des produits. Chez M. et Mme Ecolo, le menu de Noël sera ainsi équitablement et biologiquement vert. Arrosé de vinho verde portugais, cela va de soi. En amuse-bouche, on grignote gaiement des feuilles de vigne, en trempant, façon dip, des bâtonnets de céleri branche dans un pesto maison. Ensuite ? Des tronçons de cabillaud d’élevage bio en papillote d’algues et leur crème d’avocats Max Havelaar. Avant le filet de veau (labellisé AB) en croûte d’herbes et pistaches, avec ses gnocchis aux feuilles de blettes et quelques mignons brocolis.
Une tartine de roquefort plus tard, la Famille Ecolo applaudit le flan de tapioca au citron vert et sa salade de kiwis. Des kiwis bios, quoique venus de Nouvelle-Zélande à grandes giclées de kérosène. Mais bon, une fois par an… Une tasse de thé vert et hop, tous à la messe de Noël. Amen.
 
Estèbe
 

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Mercredi 17 Décembre 2008

Un Noël presque parfait

Fureur des Vivres n° 12, décembre 2008, furieusement fête

Un Noël presque parfait
 
Je glisserai sur celui que j’ai passé dans une très chic clinique de Neuilly, après avoir été renversée par un cheval au galop pendant un bref séjour à Paris. Ma fille de 6 ans avait acheté ses cadeaux et les avait emballés elle-même (j’étais encore trop anesthésiée pour m’apercevoir à quel point  mon mari pouvait être nul). Mon chirurgien était parti skier, à l’aide de l’énorme dessous de table que nous lui avions versé,  après avoir suspendu mon pied droit à une poulie et en me promettant de me décrocher à son retour. Je priais pour qu’il revienne entier.  Le dîner de gala servi à 18 h 30 comme d’hab, se composait d’une épaisse et solide tranche de gelée sous laquelle se dissimulait  (c’était une surprise) une fine lamelle de pâté en croûte d’une légèreté tout industrielle, de paupiettes de dinde desséchées et d’une bûche individuelle aux coloris assez surprenants, avec petit nain rouge et scie en aluminium d’un goût exquis si l’on aime le cheap, le kitch et à nouveau la gélatine.

Ma famille m’avait apporté un mini sapin clignotant  qu’ils ont branché en cachette sur une prise dissimulée. Après quoi ils sont partis le cœur gros, me laissant telle une baleine pendue à l’arrière d’un thonier, livrée aux tendres soins d’une infirmière ex-militaire qui hantait nos nuits en nous racontant qu’elle avait fait Dien Bien Phu et disait aux blessés, « arrête de te plaindre, de toutes façons tu vas crever »…
Tout ce que je souhaitais ce soir là c’est que le sapin fasse exploser la bouteille d’oxygène voisine afin que je puisse partir dans une lumière éblouissante expliquer en direct live au père Noël ce que je pensais de lui. 
 
Mais je m’écarte du sujet : « comment réussir Noël et notamment  en temps de crise ».*
crédit photo : livre « passion origami » de Daniel Picon et Nicolas Terry
Attelez-vous dès aujourd’hui à la production de caviar domestique bio. Par un beau jour de pluie, ce n’est pas ce qui manque, ramassez le maximum d’escargots que peut contenir une ancienne lessiveuse en zinc (on en trouve aux Puces) ou une poubelle en plastique (dans la rue). Placez-y les escargots et fermez avec un grillage (Castorama et Jardineries).
Il ne vous reste plus qu’à rendre les gastéropodes complètement fous à l’aide de lampes simulatrices d’aube (rayon luminothérapie,  chez  Nature et Découvertes) et en montant la température de votre chauffage pour leur faire croire que c’est le printemps. Ils vont se mettre à pondre avec incohérence, environ 120 oeufs de 30 à 40 mg chacun, soit 4 g au total par bestiau. Vous n’aurez qu’à ramasser les œufs, les rincer, les conserver dans une saumure à la Fleur de sel de Guérande, à l’abri de la lumière, sous vide et à - 4°C, n’oubliez pas que c’est une semi-conserve très approximative. Servez-les sur des toasts avec une cullerée de crème fraîche et du poivre, cela fera passer le goût.  Je vous conseille de ne pas trop vous attacher aux escargots : entre tout le boulot qu’ils ont à changer de sexe pour un oui ou pour un non, à pondre etc… il faut prévoir une forte mortalité due à l’épuisement.


 
Plus économique que la dinde, choisissez l’autruche qui une fois dépecée produit environ 36 kg de viande comestible.

L‘abattage de l’animal courant à 70 km/h dans votre appartement ajoutera de l’ambiance  à votre soirée (prévoyez tout de même le temps de cuisson : saignant, c’est une viande peu grasse) et hébergez votre famille ainsi que vos invités depuis la veille. Les châtaignes risquent de faire proportionnellement et esthétiquement  mesquin, aussi remplacez-les par des noix de coco ou à la rigueur de fruits du jacquier et décorez de mangues entières pour figurer les physalis.
N’oubliez pas de parfumer votre rôti de blancs de poireaux frais, en ce moment presqu’au prix de la truffe et beaucoup plus originaux.

Pour la bûche, commandez-la chez un pâtissier, je doute que vous ayez la force de la faire après avoir terminé les entrées et le plat principal.
N’oubliez pas que le duvet de l’autruche peut vous servir à faire des édredons, les pattes des cravaches et des manches de parapluie et les plumes de ravissants cadeaux de saison.

Et maintenant, joyeux Noël !

Note : j’apprends à l’instant que le caviar d’escargot a une note de sous bois, d’angélique de raifort, de feuilles de chêne, fumet de tourbe,  de matin frais d’automne. Les sensations en bouche sont celles d’une ballade en forêt après la pluie, arômes de champignons et de mousse humide. 
C’est une bonne nouvelle qui peut vous être utile.

Jacqueline
 

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Lundi 16 Juin 2008

L’Académie du Tartare et quelques idées de recettes

Fureur des Vivres n° 6, juin 2008, le cru

Sérieuse ou «people» l’Académie du Tartare ? A vous de juger, un peu des deux sûrement.

 



 

L’Académie du Tartare et quelques idées de recettes

Nicolas de Rabaudy donne l’information sur Contact Pro, le trimestriel du Guide Hubert à destination des professionnels : «Jean-pierre Vigato (Apicius), Jean-Louis Nomicos (Lasserre), Yvan (chef à Tunis), Laurent Taridec (Les Cabris à Grimaud) sont parmi les membres de l’Académie du Tartare fondée sur la plage de l’Aqua-Club à Ramatuelle, tenue par le gourmet Paul van de Casteele. Dans la charte de qualité, une seule exigence : la fraîcheur des produits…»
 
Le lancement parisien date du 2 avril 2008 au Don Camillo avec Michou et la bande à Collaro. Oublions, et gardons les idées de tartares proposées par les chefs sympathisants.
 
  • Eddy Abon, du Berkeley : tartare de St Jacques et langoustines à la main de Boudha,
  • Rougui Dia, de Pétrossian : tartare de boeuf au caviar Transmontanus,
  • Hervé Gillians, de l'Aigle d'Or à Croissy Beaubourg : tartare de thon rouge et avocat au gingembre, gelée de groseille,
  • Patrice Hardy, de la Truffe Noire : tartare de veau aux truffes,
  • Gérard Hotz, du Moulin Rouge : tartare de thon rouge à l'huile de sésame, aux langoustines, glace parmesan et purée de tomates séchées,
  • Jean-Christophe Lebascle, du restaurant Manufacture à Issy-les-Moulineaux : tartare de fraises-kiwis au romarin,
  • Lilam, du Village Ung et Lilam : tartare de papaye et crevettes au basilic thaï,
  • Marc Meneau, de l'Espérance à Vézelay : tartare de pommes du jardin et son coulis de raisin au calvados,
  • Jean-Jacques Noguier, de la Ferme de l'Hospital à Bossey : tartare de veau aux huîtres et bulots, suc de viande, Béarnaise en Espuma,
  • Jean-Louis Nomicos, de Chez Lasserre : tartare de langoustines aux asperges et pamplemousses,
  • Erwann, de Chez Michou : tartare de saumon et thon,
  • Laurent Tarridec, de la Bastide des Cabris : tartare de sardines,
  • Thierry Vaissière, de La Maison Blanche : tartare de palourdes et huîtres aux agrumes et coriandre,
  • Jean-Pierre Vigato, de l'Apicius : tartare de boeuf aux pousses d'épinard crues comme un millefeuille, sauce cresson-moutarde,
  • Yvan, du "Restaurant" de l'Hôtel Maison Blanche à Tunis : méli-mélo de légumes à l'huile de truffe.
 
Académie du Tartare
Aqua-Club
Plage de Pampelonne
Route de l’Epi
83350 Ramatuelle
Tél : 04 94 79 84 35
Aqua-club@wanadoo.fr
http://www.academiedutartare.com
 
Patrick
 

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Dimanche 25 Mai 2008

Le quadruple pontage

Fureur des Vivres n° 5, mai 2008, les nourritures vagabondes

Les étudiants de l’ISEG Bordeaux travaillent toute l’année sur l’alimentation et la nourriture. Ils organisent aussi un évènement «La Victoire à Table» auquel Fureur des Vivres a participé avec Olivier et Ségolène. En échange, ils nous fournissent 3 articles. 


Le quadruple pontage



Non ce n'est pas une opération chirurgicale mais le nouveau sandwich de Heart Attack Grill de Phœnix (Arizona).

Le concept est simple mais dur à avaler : 4 steaks de viande hachée intercalés de fromage et de bacon frit, coiffé d'un pain "buns" moelleux qui s'engouffre littéralement dans votre estomac.
 
Manger Le Quadruple Bypass c'est manger l'équivalent de 3 jours de repas d'un seul coup - d'où le slogan "c'est bon à mourir". En effet il représente un total de 8000 calories.
 
Pour accompagner le tout, frites et bières sont proposées.
 
Le succès est tel que le patron a décidé d'organiser le concours du plus mangeur le plus rapide.
Le record à battre étant de 1 min 47.
 
Des infirmières pour vous servir, un docteur en guise de patron et un fauteuil roulant à votre disposition pour vous ramener jusqu'à votre voiture, voilà la clé du succès du docteur John.
 
Ce hamburger qui relègue ceux de MacDo au rang de bouchées-apéro, attire les foules.
 
Les télévisons du monde entier se sont intéressées à ce phénomène comme par exemple France 2.
 
 
Etudiants de l'ISEG Bordeaux - ISEG Programme SUP 1ère année

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Mardi 20 Mai 2008

Le sandwich Bling-Bling

Fureur des Vivres n° 5, mai 2008, les nourritures vagabondes

Les étudiants de l’ISEG Bordeaux travaillent toute l’année sur l’alimentation et la nourriture. Ils organisent aussi un évènement «La Victoire à Table» auquel Fureur des Vivres a participé avec Olivier et Ségolène. En échange, ils nous fournissent 3 articles. 


Le sandwich Bling-Bling

 
 


Bienvenue à Las Vegas. 

Si jamais un petit creux vous vient en flânant au coeur des casinos, n'hésitez pas à vous diriger vers le palace où certains mets sont à la hauteur de vos dépenses. En effet vous pourrez y déguster le sandwich le plus cher et le plus chic du monde. 

Le cuisinier est français, il vous préparera un délicieux sandwich composé de viande de Kobe, de deux tranches de fois gras poêlées, de truffes du Périgord et cela accompagné de frites et d'une bouteille de Petrus. Ce hamburger représente le parfait mariage entre le fast-food et la haute cuisine. 

Autre extravagance, le service n'est pas compris et vous sera facturé 20 % en plus du prix qui s'élève déjà à 5 000 dollars! 

A deux pas du palace vous trouverez un fast-food où le hamburger est à 1,95 dollars. 

Mais que serait Las Vegas sans faste et sans "Bling-Bling" ?
 
 
Brice Mondamert, Benjamin Mindren, Charles Montassier
Etudiants de l'ISEG Bordeaux - ISEG Programme SUP 1ère année

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