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Fureur des Vivres

Lundi 25 Janvier 2010

Tout est bon dans le « Cochon & fils » !

Fureur des Vivres n° 25, janvier 2010, le cochon

Commis par Stéphane Reynaud, Cochon & fils a engraissé de quelques années depuis sa sortie, mais quel bon gras ! Derrière la façade en vichy de sa couverture est les dessins naïfs du goret (de José Reis de Matos), se cachent de belles recettes et autant une histoire de famille que de cochon. Même si l’animal est au cœur des gourmandises qui ne font pas mentir l’adage selon lequel, tout est bon dans le cochon, de la tête jusqu’au jambon !

Tout est bon dans le « Cochon & fils » !



Le chef de la Villa 9 Trois à Montreuil est petit-fils d’un boucher-charcutier et participe depuis son adolescence, à la tue-cochon par -15°C en Ardèche, du côté de Saint Agrève ; ça laisse des traces, forcément ! Des traces de convivialité, de gourmandise et d’amour… Le livre  mi-ouvrage culinaire, mi-documentaire paysan, dresse le portrait de « Pépé Barbe », le grand-père par qui tout a commencé. Il présente aussi toute l’équipe qui participe à cette fête traditionnelle et ripailleuse qu’est la « tuaille ». Un véritable rituel qui soude les villageois autour d’un animal sacré dans les fermes, comme jadis, et qu’on a sacrément envie de boulotter ! Car le cérémonial ne va pas sans le godet de vin et la tranche de saucisson, l’amitié et la rigolade, l’amour entre un petit-fils et son grand-père…

Le livre présente ensuite quelques graphismes amusants pour tout savoir sur les différents morceaux du cochon, des fiches et conseils pratiques pour chaque famille charcutière (boudin, jambon, etc) présentant notamment les divers produits génériques, et précisant par exemple la différence entre jambon au torchon et jambon braisé.

Suivent des recettes très gourmandes, grands classiques charcutiers ou revisitant la tradition, assorties de photos appétissantes signées Marie-Pierre Morel. Saucisson chaud et lentilles vertes du Puy en salade, jarret laqué, pot au feu de cochon aux légumes oubliés, pâte de tête maison, blanquette cochonne… 150 au total, largement de quoi manger son cochon du groin à la queue !

A noter de vrais « plus » : les recettes du boudin maison ou l’art de préparer soi-même les saucisses.

Le livre a été réédité en septembre 2009, alors si vous ne l’avez pas encore, à vos libraires !

Tiuscha

 

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Lundi 14 Septembre 2009

Le Curry ou une histoire gastronomique de l’Inde

Fureur des Vivres n° 21, septembre 2009, le curry

Irisa a signalé fort à propos dans un billet le livre intitulé « le Curry. »






Le Curry ou une histoire gastronomique de l’Inde




Ce livre qui se lit comme un roman complète parfaitement tout ce qui est écrit sur Fureur des Vivres ce mois-ci. Je ne saurai trop vous conseiller sa lecture.

L’auteur Lizzie Collingham est historienne et spécialiste de l’inde sur lequel elle a déjà écrit quelques ouvrages. Elle nous conte de manière originale l’histoire de l’Inde à travers le prisme de sa cuisine comme l’indique son titre : Le Curry ou une histoire gastronomique de l’Inde.

Un livre très bien documenté, l’auteur a convié Babur et Gandhi, la reine Victoria et les marchands de la compagnie des Indes, des jésuites et des anglaises languides, d’intrépides voyageurs et des fonctionnaires anglais. Elle illustre son propos de savoureuses recettes de curry et autres plats emblématiques de l’Inde tirées de multiples recettes indiennes, anglo-indiennes et anglaises, ce qui en fait intérêt.

Car en Inde comme ailleurs la gastronomie s’est constituée par l’apport varié de multiples influences. Celles des peuples qui ont participé à la construction de ce pays, mongols par exemple, celles des religions qu’ils ont apportées avec eux, islam, hindouisme, christianisme, celles des colonisateurs tels les portugais qui introduisent le piment, la tomate et la pomme de terre ainsi que leurs propres recettes revues par les indiens qu’ils diffuseront ensuite dans l’océan indien, celles des mariages interraciaux et interreligieux qui favorisent l’évolution des recettes ...

Et les anglais bien sûr séduits dans un premier temps par la cuisine indienne avant de la bouder et qui introduisirent le thé, devenu boisson nationale indienne. Cependant la vogue de l’exotisme les pousseront à transformer, modifier, remanier à leur goût les recettes indiennes pour les adapter aux ingrédients que pouvaient se procurer les anglais de retour sur leur île. Divulguant dans tout l’empire britannique, une grande partie du monde à cette époque, cette gastronomie si originale et subtile.

Mondialisation ou abâtardissement ? Eternelle question concernant la divulgation et de la vulgarisation des gastronomies régionales et nationales.

Servie par un style enlevé et délié, la lecture de ce livre est fort plaisante, palpitante même émaillée d’une iconographie bien choisie et d’anecdotes savoureuses qui nous prouvent encore que l’histoire du monde s’apprend aussi dans les assiettes.

 

Lizzie Collingham
Le Curry
Ou une histoire gastronomique de l’Inde
Traduit par M.O Probst
Les éditions Noir sur Blanc
328 pages, 22 €


Ségolène



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Mercredi 03 Juin 2009

Images cuisinées des grands lacs des Savoie

Fureur des Vivres n° 18, juin 2009, les poissons de lacs et de rivières

Voila un livre indispensable à tous les riverains des lacs et des rivières désireux de varier leurs menus quotidiens et autres amateurs de poissons d’eaux douces. Ce qui fait du monde finalement !




Images cuisinées des grands lacs des Savoie



 

Laurent Petit, propriétaire et chef doublement étoilé du Clos des Sens à Annecy-le-Vieux, restaurant connu des vrais gourmets amateurs de cuisine inventive et savoureuse, commet ici un ouvrage original et remarquable à plus d’un titre.

C’est un livre consacré uniquement aux poissons d’eaux douces et en particulier des lacs savoyards comme son titre l’indique. Ce n’est pas par chauvinisme mais par goût. Elevé en Savoie, Laurent Petit les a toujours mangés et toujours cuisinés.


C’est un livre à contempler tant les images de Jean-Claude Allard sont de véritables photos d’art.


C’est un livre comme un passage de témoin. Manière d’hommage aux anciens qui ont créés de superbes recettes qui sont reprises ici et ode à l’imagination avec les créations contemporaines de Laurent Petit. Un livre qui montre que la cuisine c’est d’abord une connaissance et une maîtrise des apprentissages et des savoir-faire qui permettent ensuite d’évoluer.

Le petit plus c’est ceci

 

Un petit livret transportable dans la cuisine dans lequel sont écrites toutes les recettes.

 

Ce livre n’est pas vendu en librairie puisqu’il a été édité à compte d’auteur. 
Vous pouvez vous le procurer pour la modique somme de 25 €
soit  au Clos des Sens, 17 rue Jean Mermoz, 74940 Annecy-le-Vieux, 04 50 23 07 90, www.closdessens.com
soit aux éditions Autre vue.

Vous n'avez plus aucune excuse de ne pas acheter ce superbe livre.

 

En mise en bouche premières lignes de la préface d’Alain Ducasse :
Voici une cuisine lumineuse. Tout y est élégance et légèreté. Ce n’est pas pour rien qu’il a choisi le signe de l’eau pour thème de son premier ouvrage. Ses recettes évoquent la clarté des eaux des torrents, la douceur des rivières et, évidement, la limpidité du lac d’Annecy. Ses recettes ont la fluidité et la pureté de l’air et de l’eau des sommets…


Ségolène



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Mardi 05 Mai 2009

La cuisine au verjus du Moyen Age à nos jours

Fureur des Vivres n° 17, mai 2009, l'acide

 

Ingrédient ? Aromate ? De toute manière, élément indispensable de la cuisine de l’Antiquité à nos jours, à un point tel qu’il fut nommé « Le Grand Cuisinier » par les moines de l’abbaye de Trévoux en 1704. Saviez-vous, par exemple, qu’il existait à Paris, jusqu’à la Révolution française, trois pressoirs publics afin que chacun puisse préparer son verjus ? Non sans doute.

La cuisine au verjus du Moyen Age à nos jours



Nous l’avons oublié, mais le goût pour l’acide et l’aigre fut pendant longtemps dominant et vinaigre et verjus étaient considérés par les médecins comme des éléments nécessaires pour se maintenir en bonne santé, éveiller l’appétit et stimuler intestin et estomac. Bernard Lafon vous raconte tout ceci et bien d’autres choses encore dans la première partie de ce livre.
La suite de l’ouvrage est un voyage historique et culinaire au pays du verjus en trois parties qui contiennent chacune deux chapitres : l’un faisant la part belle à l’histoire du verjus dans son époque et l’autre contenant d’authentiques recettes prises dans les livres de cuisine de l’époque, traduites et adaptées aux produits et matériels contemporains. Suivent deux parties consacrées à la place du verjus dans une cuisine du terroir à la fin du XXème siècle et son avenir pour ce siècle qui commence.

A la fin du Moyen Age apparaissent les premiers manuels de cuisine dans lesquels gastronomie et diététique sont mêlées, les deux très influencées par la théorie des humeurs. Le verjus y a une place très importante - Taillevent ne l’utilise t-il pas dans 40% des recettes du Viandier – tant pour ses vertus stomachiques et apéritives que pour ses qualités gustatives. Le verjus alors, à cause de problèmes de conservation, reste un produit saisonnier. Les propos de B. Lafon sont illustrés de plusieurs textes de Platine dont quelques recettes sont proposées en fin de chapitre. Le Renaissance est la période des grandes évolutions culinaires, les goûts tendent à retrouver les saveurs authentiques des produits tout en recherchant davantage de raffinement. L’apparition de nouveaux fruits et légumes et du sucre de canne y sont sans doute pour quelque chose. Le goût acide et vinaigré perd un peu des faveurs du public ce qui n’empêche pas toute une littérature culinaire de s’intéresser au verjus. Pour preuve l’ « Agriculture et Maison Rustique » de Charles Etienne et Jean Liebault qui fait une grande part au verjus mettant en avant les progrès de fabrication qui permettent de le conserver plus longtemps en tonneau avec des ajouts de sel après l’ébullition ou en le faisant sécher. Ce verjus ainsi obtenu, moins âpre et moins acide, flattait les palais des contemporains. Et les deux recettes de Platine marquent cette évolution.
Durant les deux siècles précédant la révolution c’est le changement dans la continuité. L’extension des possessions françaises et le début des colonies, avec l’arrivée de nourritures “exotiques”, influencent le goût des français qui s’affranchissent des principes des siècles précédents ; l’utilisation de verjus dans la cuisine en subit les conséquences alors que, paradoxalement, les ouvrages traitant du verjus deviennent de plus en plus scientifiques. L’utilisation culinaire et médicinale du verjus selon les préceptes de l’école de Salerne perdure vaillamment et on note la création de nouvelles variétés de verjus tel le verjus d’herbes, ancêtre de notre vinaigrette. Les hommes du siècle des Lumières préconisent des méthodes de plus en plus scientifiques de fabrication et de conservation en sélectionnant des cépages et faisant de la confiture de verjus. Il est présent tout au long des repas et même tout au long de la journée en boisson (le goût de certains vins devant être assez proche de celui du verjus). Les qualités diététiques et médicinales du verjus, très apprécié du roi Soleil, sont mises en valeur durant cette période ainsi que le montrent les extraits du « Trésor de Santé » qui illustrent ce chapitre. Après la révolution française, l’évolution amorcée au 18ème siècle se confirme, l’introduction de nouveaux produits comme le citron et le goût pour une « cuisine nouvelle » qui fait la part belle au beurre et au sucre détrône le verjus qui n’a plus la faveur des « becs sucrés ».

Ce dernier résiste dans l’accompagnement des gibiers et dans la cuisine paysanne au 20ème siècle ainsi que nous le montre la quatrième partie. En effet, le verjus se forme dès le mois de mai ou juin sur les pousses de vigne où les fleurs ont été mal fécondées, donnant des grappes mal formées aux très petites baies vertes, acides et acres autour d’une tige tordue et recroquevillée. Après la vendange, les viticulteurs et les paysans ramassaient ces grappes et certaines cuisinières, comme la mère de l’auteur, réalisaient maintes recettes quotidiennes ou festives rehaussées au verjus, au parfum et au goût de jus de raisin un peu acide très particulier dont on pouvait faire aussi une piquette très désaltérante.

L’ultime partie du livre nous pose cette question : et maintenant ? Il nous faut retrouver les goûts oubliés de l’amer, de l’acide et de l’acerbe et le verjus qui ne contient ni sucre, ni graisse mais une large complexité de composants acides conquiert doucement une place honorable dans nos cuisines grâce à ces qualités gustatives et à l’excellent travail d’élaboration en amont. Car le verjus du Périgord est récolté à la main, sur des cépages choisis qui donnent un faible rendement. Après une période de décantage et de stérilisation, le verjus est stérilisé et mis en bouteille. Il se conserve ainsi 3 à 4 ans et 15 jours au réfrigérateur après ouverture, car il ne contient pas d’alcool mais une acidité importante.

Toutes ces qualités en font un ingrédient très apprécié à nouveau des grands chefs qui trouvent la pointe d’acidité de ce « Grand Cuisinier » indispensable à l’équilibre de certaines recettes qui closent ce livre.

Bernard Lafon qui vous fera découvrir ou redécouvrir ce jus de raisin vert, un peu oublié dans notre grand pays viticole, un peu difficile à trouver, mais qui, croyez le bien est un remarquable « sublimeur » de goût que je vous recommande en particulier pour déglacer des sauces.

La cuisine au verjus du Moyen Age à nos jours
de Bernard Lafon
Editions Alimenthus, 109 pages, 9,50 €

 
Ségolène
 
 

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Jeudi 19 Février 2009

Coquillages et crustacés : supplément livres

Fureur des Vivres n° 14, février 2009, coquillages et crustacés

Le monde des coquillages et crustacés est infini. Nous avons sélectionné pour vous quelques ouvrages pour tous les âges qui apporteront un supplément d’informations à tout ce qui a été dit dans ce numéro de Fureur des Vivres.

 

Coquillages et crustacés : supplément livres
 



Pour les pêcheurs invétérés
qui ne sortent pas sans épuisette et crochet à crabes, un excellent livre :
Coquillages et mollusques de nos côtes, Atlantique, Manche
de Sophie et André Rozen,
Éditions Le Télégramme
136 pages, 15 €
Guide pour les pêcheurs à pied et les amateurs de fruits de mer. Le domaine est vaste, de Dunkerque à Hendaye. 110 espèces courantes sont répertoriées, mollusques, bivalves et céphalopodes. 350 dessins aquarellés. Description de l’habitat et du coquillage, des manières de le pêcher et de le cuisiner en 18 recettes adaptables.
http://www.editions-sudouest.com/nos-editions/editions-le-telegramme/1056-coquillages-mollusques-de-nos-cotes.html



 

Chez l’excellente maison d’édition Gulf Stream, Inventaire du Vivant collection Sauvegarde, plutôt destinée aux enfants :
Des fruits de mer de Jean-Baptiste de Pannafieu et Daniel Aubin
68 pages, 12,50 €  http://www.gulfstream.fr/livre/fiche.php?idlivre=24
A une coque, deux pinces, dix pattes… Coquillages et crustacés sont pêchés depuis la préhistoire. Aujourd’hui les paysans de la mer cultivent et récoltent huîtres et moules, algues, palourdes et crevettes. Et demain les fermes de l’océan élèveront sans doute bien d’autres petits buveurs d’eau salée… En attendant, découvrez, servis sur un beau plateau, tous ces fruits de mer.

Gulf Stream édite aussi de très beaux posters de fruits de mer : http://www.gulfstream.fr/image/listing.php?collecid=7&paramspe=8 et de coquillages : http://www.gulfstream.fr/image/listing.php?collecid=7&paramspe=11

 

Chez l’épure  dans la collection 10 façons de le préparer


Avec tout ça, vous avez de quoi vous occuper, vous cultiver et régaler vos invités et votre petite famille !

 

C’est une liste totalement subjective qui privilégie la qualité du fond comme de la forme et des recettes aussi bonnes que simples à réaliser.

Ségolène
 


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Vendredi 13 Février 2009

La sexualité d’un plateau de fruits de mer

Fureur des Vivres n° 14, février 2009, coquillages et crustacés

Un fort agréable petit (par la taille) livre qu’il serait malheureux d’ignorer, surtout en cette veille de Saint Valentin.
 



La sexualité d’un plateau de fruits de mer
livre de Jean-Pierre Otte chez Julliard
 


Ah ! Il s’en passe de belles au fond de la mer vineuse comme disait Homère, des gouffres amers et des golfes clairs. On ne s’imagine pas les pratiques, que dis-je, les folies auxquelles se livrent coquillages et crustacées avant de terminer leurs jours dans un lit d’algues sur un plateau et de se faire dévorer tout cru à défaut d’être ébouillantés. En regard de cette fin atroce, il me semble juste qu’ils profitent de leur courte vie pleine de dangers et qu’ils s’amusent un peu quand l’occasion se présente.

Cette jubilation sexuelle, cette joie de vivre des habitants des mondes sous-marins nous est contée par J.P Otte d’une prose remarquable et fort plaisante. Il se réjouit des inventions admirables que la Nature a imaginées pour permettre la perpétuation des espèces et nous les raconte avec talent. Imaginez un peu : scissiparité pour certains, hermaphrodisme semestriel pour d’autres, amours à distance, pratiques communautaires et échangisme, coït orgiastique, les homards et langoustes copulant dans la position du missionnaire semblent vraiment manquer d’imagination.

Nous nous laissons entrainer dans la découverte des vies de ces créatures que l’auteur narre avec un plaisir communicatif dans un style superbe, belle respiration du texte, vocabulaire juste et choisi. Je l’ai terminé en me disant «que c’est bien écrit» après m’être fort réjouie d’apprendre des choses si passionnantes.

Ségolène

PS : publié au siècle dernier, le 20ème, il est nécessaire de le commander, réédité en 2000, il n’est pas épuisé.
 



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Mercredi 12 Novembre 2008

Carnets truffiers

Fureur des Vivres n° 11, novembre 2008, les champignons

Des truffes, des truffes sont partout entre les pages de ce petit opuscule. L’auteur qui avait déjà commis un ouvrage sur ce sujet  signe un complément à son précédent périple à travers la France truffière.



Carnets truffiers



Partant des bords de la Loire, de la Touraine, pour y revenir, en Anjou cette fois-ci, il parcourt la Bourgogne, le Bordelais et la Vallée du Rhône. Le vin et la truffe sont de grands amis et s’apparient fort bien. Les grands vignobles flirtent avec le diamant noir générant un plaisir sensuel. Si la truffe est à toutes les pages, jamais elle ne quitte le vin et toujours sert de muse à des cuisiniers inspirés.


L’auteur trufficote sans cesse et nous offre les mariages des meilleurs flacons avec de surprenants plats truffiers. On salive de plaisir à l’évocation des ces superbes accords !


La truffe se faisant de plus en plus rare et de plus en plus chère, elle se fait discrète  dans les plats. Le choix des truffes est important et délicat afin que leur flaveur s’accorde au mieux avec celles du vin.


Excellent carnet de dégustation qui contient aussi de bons conseils pratiques, quelques superbes et simples recettes et des bonnes adresses où trouver les vins cités, de superbes truffes et de bons endroits où les déguster. Le tout écrit dans une langue savoureuse et gourmande.


Carnets truffiers
Denis Hervier
Editions Féret, 87 p, 16 €


 




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Mercredi 22 Octobre 2008

Nourritures canailles de Madeleine Ferrières

Fureur des Vivres n° 10, octobre 2008, la cuisine canaille

Madeleine Ferrières, professeur d’histoire, nous avait déjà passionnés avec “L’Histoire des peurs alimentaires” dont vous pouvez lire une chronique  que j’avais écrite.



Nourritures Canailles




Cette fois-ci elle raconte l’histoire des plats traditionnels et populaires dont l’origine, très ancienne le plus souvent, est parfois difficile à entrevoir. Des recherches généalogie et sémantique sur les noms offrent un retour aux sources pour cette cuisine des plus pauvres, “la canaille”, ignorée longtemps des livres de cuisine. Heureusement pour certaines pratiques comme l’arlequin qui montre la difficulté des plus pauvres pour manger bien. Pourquoi les herbes en capilotade, le lapîn en gibelotte, le pot au feu de cheval ou le ragoût de tripes.

Ce sont les brasseries et les restaurants populaires qui ont remis à la mode certaines recettes en les servant tous les jours à leurs clients et quelques unes d’entre elles font partie maintenant des classiques de la cuisine quotidienne: la poule au pot, les frites et la purée de pommes de terre, par exemple.

Ecrit dans un style dense et ardu avec de multiples références à des sources littéraires et historiques, ce livre est un véritable inventaire du patrimoine culinaire populaire. En couverture: “Le Mangeur de haricots” de Carraci illustre parfaitement le propos du livre.

Ségolène



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Mercredi 08 Octobre 2008

Des tripes et des lettres

Fureur des Vivres n° 10, octobre 2008, la cuisine canaille

Un bouquin méga canaille qui combine littérature et miam. Nickel !








Des tripes et des lettres

Il faudra un jour penser à réhabiliter la figure de Max Favalelli, dit Max tout court, qui fut le Maître Capello de l'émission cultissime Des chiffres et des lettres. Car il semble que l'imaginaire collectif ait béatifié Capello, en oubliant Max. Bon, Max n'avait pas ces fascinantes lunettes en cul de bouteille, ni ce sourire félin, qui firent la gloire du Capelovici. Mais Max était l'homme le plus rapide du monde pour trouver un nom zarbi dans le dictionnaire. Il te fondait dans le Larousse avec une vélocité que nul n'atteindra jamais. Et quand il disait "le compte est bon", c'était tout le savoir humain qui s'abattait sur l'échine du téléspectateur ému. Immense.



Ce long préambule parfaitement inutile pour vous parler d'un bouquin tout mince et formidable, au titre en forme de clin d'œil à ladite émission. Des Tripes et des Lettres (ed. de l'Epure), donc, c'est une compilation de huit recettes, ce qui paraît assez peu quand on sait que la récente réédition du Larousse Gastronomique en contient un millier. Mais bon. Huit recettes donc. Mais que des recettes méga canailles. De la tripaille, de l'abat, de la joie. Des couilles d'agneau sautées au piment, du tablier de sapeur, des beignets de cervelle. Ce n'est pas tout. A chaque plat est associé un bref pastiche littéraire. Très réussi. Voilà Duras, Céline, Rabelais et Proust dissertant du groin de cochon ou de la langue de bœuf. Ce sont le journaliste Sébastien Lapaque (les lettres) et le chef Yves Camdeborde (les tripes) qui nous ont mitonnés ça. Et c'est juste le genre de bouquin de cuisine, iconoclaste et rigolo, qu'on adore.
 
Estèbe


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Vendredi 03 Octobre 2008

"Plats canailles" de Michèle Villemur

Fureur des Vivres n° 10, octobre 2008, la cuisine canaille

Si les mots tripes, foie, rognons, cervelle, tête de veau et pieds de cochon, animelles et ris, langue et cœur vous mettent l’eau à la bouche et font partie de vos fantasmes gastronomiques, voici le livre qui va faire votre bonheur.



"Plats canailles" de Michèle Villemur



«Plats Canailles» de Michèle Villemur m’a séduit par le propos, les superbes recettes recueillies par Michèle Villemur et les photos de Jean-François Mallet.
Car ce qu’il y a d’excellents dans les abats, c’est la variété des saveurs -caramélisées, sucrées, amères- et des textures du croustillant au gélatineux, du craquant au mou en passant par l’élastique, le soyeux que l’on ne retrouve nulle part ailleurs dans la viande. Ce qui permet aux cuisiniers de préparer une multitude de recettes classiques ou surprenantes et toujours savoureuses dont chaque intitulé «réjouit le cerveau et épanouit le cœur» comme aurait dit le poète Saint-Amant : petits petons en salade hum, pressée de joue et langue ah, ah, terrine de queue de bœuf, rognonnade, tablier de sapeur, tête de veau ravigote, piccata ou vol au vent, sabodet et boudin blanc de ris de veau. Il y a de la poésie et du Rabelais dans cette cuisine qui évoque les repas sans façon, dans cette cuisine d’odeurs et de saveurs, celle du véritable plaisir des sens, de la jouissance. Des plats qui appellent des vins de soif et de plaisir qui ont du corps et de la subtilité. Il y a de la générosité dans cette cuisine qui demande de donner son temps et de son cœur et son savoir-faire pour réjouir ses convives.

L’auteur a construit son livre en quatre parties : veau, agneau, bœuf et cochon précédé chacun d’un petit glossaire. Les bons établissements qui proposent des plats canailles sont mis en valeur par de belles photos et un texte court et très évocateur et surtout par les belles recettes qu’ils offrent.

Si la réalisation de ces plats vous semble trop difficile ou trop longue, allez à la fin du livre dans l’annuaire des restaurants et réservez illico une table. Ceux que cette cuisine ne rebute pas choisiront parmi les meilleurs tripiers de France qui sont signalés dans une liste en fin d’ouvrage.

Il n’y a pas que dans le cochon que tout est bon et n’attendez pas le mois de la triperie -novembre- pour vous faire plaisir.

Ségolène 
 

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