5 conseils pour réussir une cure de fruits rouges
Fureur des Vivres n° 7, juillet 2008, les fruits rouges
Il y a exactement une semaine, je vous confiais ici même l'échec de mes tentatives pour mener à bien une cure de fruits rouges.
Avoir perdu une bataille ne m'a pas pour autant découragée. C'est ainsi que, toujours résolue à bronzer sans soleil comme mon amie Catherine — qui, elle, avait tenu le cap de sa cure une bonne dizaine de jours —, je suis repartie mercredi dernier à l'assaut des fruits rouges.
Aujourd'hui, j'ai le plaisir de vous annoncer que je suis délicatement et agréablement bronzée.
5 conseils pour réussir une cure de fruits rouges
Oui, à l'heure où je vous parle, mon reflet dans la glace me le confirme : je suis bronzée.
Sont-ce donc là les bienfaits annoncés du verger ?...
Euh... hum. Figurez-vous qu'il a tout simplement fait grand soleil hier : en deux heures à peine, j'ai acquis un joli petit hâle.
Côté cure de fruits rouges, à la vérité, cette semaine a été pire que la précédente. Un vrai naufrage. Je ne sais même pas s'il m'est déjà arrivé au cours de ma vie de manger aussi peu de fruits rouges en plein mois de juillet !
Durant ces huit derniers jours, ma consommation de fruits rouges s'est à peu près résumée à deux tomates (avec plein de pain et de mayonnaise) et trois framboises géantes dont j'ai farci la première de Munster (une atrocité gustative, dont on déplorera l'impressionnante longueur en bouche).

Cette cure doit se concevoir comme un choc
Je rappelle qu'ici, quand on dit "cure", c'est vraiment "cure à 100.%" : la cure de fruits rouges, c'est une alimentation en fruits rouges, à l'exclusion de tout autre aliment, pendant huit (dix, voire douze) jours.
Je sais bien que c'est une alimentation déséquilibrée, mais c'est précisément le principe de cette cure : il s'agit d'une rupture alimentaire calquée sur la saisonnalité des produits. Pendant huit ou dix jours, on fait jouer à plein la haute concentration des fruits rouges en antioxydants, pour provoquer un choc que l'on attend bénéfique pour l'organisme. De fait, chez mon amie Catherine, ce choc avait produit des résultats visibles et indiscutablement positifs.
Mais il faut bien comprendre que le choc de la cure est sacrément rude ! Passer sans transition d'une alimentation réjouissante (pain, beurre, tarama, poulet rôti, frites, fromages...) au bol de myrtilles arrosé d'un smoothie de fruits rouges, c'est brutal. Déjà pour un seul repas, alors imaginez, pendant toute une semaine ! C'est tellement contraignant que, pour moi, ça n'a pas été possible.
Cette semaine, il s'est passé exactement la même chose que la semaine précédente, je n'ai pas réussi à entrer dans la cure. Je ne me sentais ni concernée, ni motivée, ni aidée.
De ce ratage, j'ai tiré de précieux enseignements :
1) Il faut qu'il y ait un déclic, une vraie motivation. Pendant huit jours, on va être dans la rupture totale, on va devoir changer complètement ses pratiques. Or cela, il faut y être mentalement préparé(e). Il faut réellement prendre la décision. Et prendre dans la foulée les mesures concrètes qui vont permettre de respecter la cure. Tant que vous n'avez pas mis en place un vrai dispositif d'action, c'est que la décision n'est pas réellement prise : elle risque fort de manquer de solidité face aux tentations qui se présenteront.
2) Pensons, pour s'en convaincre, aux tentations qui sont déjà là ! S'approvisionner et organiser sa cure à l'avance, c'est crucial.
Moi, j'avais acheté des fruits frais (framboises, mûres, myrtilles, cerises, tomates et poivrons) et des smoothies : côté approvisionnement, c'était OK.
Mais j'avais complètement négligé l'organisation. J'aurais dû réaffecter l'espace dans le frigo pour entreposer tous les aliments de la cure à un étage spécialement dédié, au lieu de parsemer lesdits aliments à droite à gauche : j'aurais dû faire des choses symboliquement fortes, pour me conditionner mentalement. Et ne surtout pas commencer la semaine avec un frigo bourré d'aliments non autorisés ! Il y en avait trop pour les repas de la famille, donc forcément, j'en ai mangé par tentation et pour ne pas les laisser perdre.
3) Si vous en avez la possibilité, faites votre cure avec quelqu'un.! Je pense que pour moi, ça aurait tout changé. Bien sûr, l'idéal, pour respecter une rupture alimentaire, est de s'isoler avec un groupe qui pratique la cure ensemble dans un lieu unique (en faisant des randonnées, par exemple, comme pour le jeûne). Mais si, comme moi, vous n'êtes pas friand de cette formule, essayez de chercher un(e) co-curiste parmi les personnes que vous aimez. S'associer à une personne qui pense, vit, agit en communion avec vous dans ce projet, peut être d'une aide très puissante — et même si elle n'est pas sous le même toit que vous : un petit coup de fil régulièrement pour faire le point ensemble et se remotiver, c'est précieux.
4) Variez la présentation de vos aliments, inventez des plats et allez vers des modes de consommation qui ne vous sont pas habituels.
Le fait de penser, d'imaginer, de rêver comment vous pourriez créer le dessert ou le plat le plus appétissant possible avec les fruits rouges que vous avez sous la main, c'est plaisant, cela vous transporte à l'opposé du sentiment de frustration.
Mais si quelqu'un le fait pour vous, c'est génial aussi ! Un vrai cadeau, qui fait plaisir. L'autre jour, je râlais à propos de ma cure, et ma fille m'a proposé de me préparer un cocktail pour l'apéritif. Je n'étais pas enthousiaste au départ, mais à l'arrivée je me suis régalée. C'était une sorte de grenadine très légère, additionnée d'un peu de crémant et de quelques groseilles.

Ça m'a vraiment fait plaisir, et après cela j'ai dîné plus que légèrement. Comme quoi, la satisfaction mentale compte énormément ; et cette chose-là, ce n'est pas un grand verre d'eau coupe-faim ou je ne sais quel "en-cas de fraises pour ne pas craquer" qui pourra vous l'apporter !
5) Dans ces cures radicales, parfois on est à court d'astuces : le mental fait rage, tout simplement. C'est pourquoi vous aurez intérêt à chercher tout ce qui peut vous aider à créer des soupapes mentales pour évacuer les frustrations et les tentations. Ces soupapes peuvent éventuellement vous être fournies par quelques exercices d'auto-suggestion adaptés à votre "profil alimentaire", plus exactement à votre tempérament profond. Je suis en train de tester cela, je sens que cela me fait changer : j'arrive de mieux en mieux à me déconnecter mentalement, même si j'ai encore une résistance de principe à changer d'habitudes alimentaires.
Je vous avais parlé la semaine dernière d'un petit livre sur l'auto-hypnose (conçu spécifiquement pour mincir).
C'est un livre accessible et concret, mais, sous la simplicité, je trouve que l'analyse est très fine.
Pour cet été, j'abandonne mon projet de cure de fruits rouges, car je ne me sens pas prête. Mais dès aujourd'hui, je me recolle mon mignon petit livre sous le bras et je vais tester sérieusement l'auto-hypnose pour vous dire si ça m'aide à manger moins et mieux.
Je vous tiendrai au courant d'ici une semaine, si vous voulez ?*
D'ici là... profitez bien des fruits rouges, surtout ! ;-)
Caroline
* [Edit 23/07] Finalement, ce sera pour fin août, quand j'aurai bien testé. Je me donne 4 semaines pour procéder à une auto-remise en forme raisonnée, et je compte fermement sur ce livre pour m'y aider ! Quand ce sera fait, je ferai un article complet sur mon blog, et ajouterai ici le lien pour ceux qui veulent le lire.
• Si vous voulez lire le début de ma cure de fruits rouges, le voici : Une cure de fruits rouges pour attaquer l'été !
• Et la suite (la première semaine de cure), la voilà : Le bagne de ma cure de fruits rouges
mots clés : Caroline
, diététique
, fruits rouges 
le 16.07.08 à 09:00
dans Les vivres en fureur
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Commentaires
CQFD bis !
Me voilà doublement soulagée : un, par cette brillante démonstration de ce que l'on ne peut décidément forcer sa nature à outrance, et deux, de ne m'être privée que très moyennement (je me suis efforcée de me montrer, à quelques nuances près, solidaire du rouge, ce qui n'était pas une mince affaire !) lors de ma visite gourmande chez Pierre Hermé cette semaine. J'avoue avoir été effleurée par un soupçon de culpabilité, rapidement balayé par la seconde vague de culpabilité auto-suggérée à l'idée de ne profiter qu'au rabais de cette invitation géniale à la gourmet-ise. Un pur bonheur, cela va de soi !
Alors, Caroline, à quand votre retour définitif en terres 100% gourmandes ? Si vous tardez trop, là va se jouer le choc, réel pour nous...
Lolotte - 16.07.08 à 12:30 - # - Répondre -
les effets principaux d'une monodiète sont en général de te faire reprendre conscience de tes appétits, ce qui te permets au final de manger plus sainement puisque tu n'as plus seulement envie de frites et de chips, pour simplifier. Au contraire, les legumes et les autres aliments te semblent largement plus appétants, et tu distingues mieux quand tu en as assez mangé : ta pratique alimentaire devient plus saine. Toutefois il ne faut pas oublier que ce n'est qu'un "truc" pour aider notre corps à se souvenir de ses besoins fondamentaux, que ça ne devrait jamais durer plus d'une semaine, et que bien souvent dès deux ou trois jours les effets sont suffisants sur les appétits.
Je sais ce que tu as déja dit avant, que cette jolie teinte de peau serait due à la monodiete, mais je te confirme qu'il n'y a aucune raison logique ou scientifique à cela. Ta peau atteint une concentration en certains pigments colorés quand tu en manges une certaine quantité supérieure à la moyenne, peu importe ce que tu mets avec. simplement, il est probable qu'après avoir mangé la quantité indiquée de produits contenant ces pigments, tu aies moins faim pour autre chose. cela ne signifie en aucun cas que tu doives t'interdire ces autres catégories d'aliments.
tu sais, il y a quelques années E=M6 s'était déjà penché sur la façon dont on pouvait acquérir cette différence de hâle et ce teint reposé, et ils avaient fait faire le test à des jumelles dont une seule allait changer d'alimentation. Aucune monodiète ici, juste une alimentation contenant ces pigments colorants en grande quantité, en plus ou en remplacement d'une partie des aliments habituels. Les pêches, les mangues, les oranges, les abricots cotoyaient les fruits rouges"basiques", mais aussi les tomates, les poivrons, les carottes, les patates douces, les melons, bref, une grande quantité d'aliments riches en carotènoïdes. Aucune privation. au bout de 15 jours L'effet avait été constaté sans doute possible, avec les jumelles côte à côte c'était flagrant :) !
Donc voila, si tu veux re-tenter le coup, je pense que tu devrais essayer de manger tout ce qui te fait plaisir, ET que cela contienne autant que possible ces molécules colorées jaunes, oranges et rouges. Tu tiendras la distance sur beaucoup plus longtemps, et tu constateras ce hâle d'une façon largement plus renforcée et durable. Soi dit en passant, tu te seras régalée au lieu de te priver, ça ne gâte rien :D .
krysalia - 16.07.08 à 14:31 - # - Répondre -
Clair que cette cure jusqu'au boutiste était vouée à l'échec, trop restrictive... Mais une cure de fruits rouges à côté d'une alimentation normale, ton teint n'e aurait été que meilleur (la privation ne t'a t elle pas collé une jaunisse ?)
Tiuscha - 16.07.08 à 20:49 - # - Répondre -
why not
Le commentaire de krysalia me botte plus que le drastique régime sectaire...
surtout qu'il me semble impossible -pour les nerfs- de tenir en ne mangeant que des fruits rouges pendant ne serait-ce que 3 jours.
Peut être en remplaçant le verre de jus par un smoothie framboise, le croissant par une grosse poignée de cerises etc... je vais tester, tiens.
et on verra si j'ai un teint de rève après...
(pour le coup des les framboises au fromage, chapeau !)
Petite Cervoise - 05.08.08 à 12:33 - # - Répondre -