Agneau rosé ou vin rosé par coupage – les moutons protestent !
Fureur des Vivres n° 16, avril 2009, l'agneau
Avril est le mois des O-Vins sur FdV. L’agneau, comme le vin, peut avoir la chair blanche, rose ou rouge. Mais si le découpage de l’agneau ne surprend personne, le vin de coupage semble susciter des vives émotions. Quels sont les faits ?
Agneau rosé ou vin rosé par coupage – les moutons protestent !
Irisa aime son agneau mijoté, les Italiens aussi, Patrick propose la souris d'agneau braisée à l'ail rose de Lautrec, Estèbe le prépare mijoté avec du Xérès, Dominique explore les accords peu orthodoxes avec du blanc, mais beaucoup de Français l’aiment en viande servie rosée, avec un verre de rouge bien tannique. Question : peut-on faire un coupage et obtenir un rosé (agneau ou vin, peu importe)?
Pour l’agneau, tout dépend de l’âge de la bête, Ségolène nous a appris à bien distinguer entre agnelet, laiton et broutard, on remarque donc que le petit de la brebis se conjugue dans les mêmes couleurs que le vin :
- L’agnelet de 6 semaines se nourrit de lait, sa chair est donc blanche
- Le laiton de 3-4 mois se nourrit de lait et de fourrage, sa chair est rose
- Le broutard de 6-9 mois se nourrit d’herbe, sa chair est rouge
Ainsi, pour l’agneau rosé, pas besoin de recourir à la saignée, et ne parlons pas de coupage, il suffit de prendre un agnelet bien blanc et le laisser vieillir encore 2 mois, de préférence pas dans une cave.
Concernant l’Agneau de Pauillac, Patrick l’a dit, il ne serait qu’un fantôme. Pourtant, je l’ai bien vu, il a bien le label rouge et l’Appellation Contrôlée, il vient de Pauillac, et il se vend pour moins de 7€ la... bouteille ! C’est le cadet du Mouton Cadet, et il est produit par un Baron. Comme tout le monde sait, le baron ou bas-rond est le quart arrière du mouton, composé de deux gigots et d’une selle.
Vin rosé par coupage de blanc et rouge
Mais revenons à nos moutons, parlons de vin rosé et de coupage. Depuis quelques semaines tout le monde s’excite en raison d’une proposition de règlement européen qui s’est répandue en version complètement distordue dans la presse traditionnelle, puis relayé par les blogueurs qui ont suivi comme des brebis.
Tout est parti d’un communiqué de presse très précis mais récemment remis à jour suite au tollé généré par l’original. Tout le monde s’est insurgé contre une reforme pas encore approuvée et qui ne concerne que les vins de table (sans indication géographique ou d’origine), qui permettrait de produire en Europe des vins de table rosés par coupage de vins de table blancs et rouges. Cette pratique est actuellement interdite par le règlement 1493-1999 article 42 paragraphe 6, dont je reproduis le langage un peu bruxellois : « Le coupage d'un vin apte à produire un vin de table blanc ou d'un vin de table blanc avec un vin apte à produire un vin de table rouge ou avec un vin de table rouge ne peut pas produire un vin de table. » Mais l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin) autorise le coupage, donc les producteurs de vin de table hors d’Europe n’ont pas de restrictions, et produisent du rosé en mélangeant du blanc et du rouge. La reforme visait donc à mettre les producteurs d’Europe dans la même position concurrentielle que leurs confrères extracommunautaires, ce qui semble parfaitement raisonnable.
Et pour les vins d’appellation, pour nos AOCs ? La réglementation Européenne n’a jamais interdit le coupage pour les vins d’appellation, et donc pour les AOC rien ne change ! Ce sont les appellations qui, majoritairement, l’interdisent à leur niveau, sauf bien sur en Champagne, ou des grands vins rosés sont élaborés en mélangeant chardonnay et pinot noir ; pour en citer un, le Champagne Tarlant Rosé Prestige Millésime 1998, défini par la maison comme « Rosé d'assemblage de vin blanc et vin rouge », ou bien leur Rosé Zéro, aussi issu du coupage et mentionné dans le blog d’Olif.
En effet, vu que pour les vins d’appellation cette reforme ne change rien, tout ce bruit est parfaitement inutile. Les représentants des producteurs de Provence affirment haut et fort que le coupage ne peut donner que des mauvais vins, alors pourquoi un tel tollé à propos de quelques vins de table « qui ne boxent pas dans cette catégorie » des AOCs, comme le dit si bien Jacques Berthomeau dans son blog? Est-ce la crainte que ces producteurs de VdT « fassent aussi bon pour moins cher » ? Ce ne serait pas difficile ! Parce que tout cela sert à distraire le consommateur de la réalité : sauf quelques exceptions, les vins de Provence n’ont jamais atteint l’image de qualité des vins du Rhône ou même celle des vins du Languedoc. La production est lourdement axée (75%) sur des rosés de qualité médiocre, souvent enrichis d’acide tartrique pour donner un peu de fraicheur à une matière première sans épine dorsale, des vins-cola qui sont agréables sous le cagnard en été avec les cigales mais qui loin de leur contexte plage finissent pour décevoir, comme l’observe Dominique. Le marché est inondé de piquettes frappées du label AOC, par exemple L’Esquinade AOC Côtes de Provence pour bien moins de 3€ la bouteille en grande surface, ou un Coteaux d’Aix pour 2,15€ sur Ooshop.com. Il ne serait pas difficile de faire un Vdt meilleur par coupage !
La déception peut accompagner aussi les vins de Provence réputés, surtout ceux qui ont recours à l’utilisation de ce scandaleux label officiellement reconnu mais vraiment trompeur de Cru Classé, une indication qui n’a aucun rapport avec la qualité du vin et qui ne prévoit aucun contrôle, réservé ad vitam aeternam à un cercle fermé de domaines. Voilà une autre entrave exemplaire au progrès de l’image du vin de Provence.
Alors, pourquoi les producteurs de vins de Provence ont-ils fait un tel bruit, allant jusqu’à publier sur leur site une trompeuse pétition anti-coupage ? Cette pétition commence en préambule avec une réitération de la version intox de la reforme : « La commission Européenne est en passe de lever l’interdiction de coupage des vins rouge et blanc pour faire un vin de couleur rose”, sans mentionner que la reforme ne concerne pas du tout les appellations de Provence, et propose au consommateur signataire « Je m’engage à défendre le rosé dont la qualité est le résultat d’une vinification et je m’oppose à ce que le rosé puisse être un mélange de vin ». Faisant croire donc qu’un vin de coupage ne peut pas être de qualité, et que le vin de Provence est menacé. Mais justement, combien de consommateurs savaient, avant cette farce, que le rosé ne se fait pas en mélangeant les deux couleurs de vin, et suite aux événements, combien savent actuellement que le Champagne rosé, lui, se fait majoritairement par coupage ?
Pire, l’organisme qui se veut défenseur de trois appellations provençales a voulu inscrire dans le règlement une reconnaissance des mentions en étiquette « rosé traditionnel » et « rosé par coupage », mentions facultatives à niveau de l’UE, mais qui pourraient devenir obligatoires à niveau national si le pays le souhaite (mais pas dans tous !). Sachant que la concurrence venue d’un autre pays (y compris de l’UE) ne sera pas soumise à ces obligations, cette arme pourrait bien se retourner contre les vins de Provence, comme le fait observer encore Jacques Berthomeau.
Le vin de Provence est bien menacé, mais pas par la réglementation Européenne ! Il suffit de lire l’article dans le Var Matin pour constater les réactions épidermiques des responsables de la filière rose locale. Incroyablement, aucun n’a pris le temps de lire le contenu de la reforme, pourtant disponible sur internet, et tous ont réagi de manière impulsive à l’intox propagé par la presse. Ajoutons l’attitude du Ministre de l’Agriculture qui, après avoir répondu favorablement en signant la proposition de reforme le 27 janvier (oui, ce sont nos ministres qui signent les règlements de conseil, pas ces « commissaires » fantômes dont parle la presse…), a vite changé d’idée en accusant « Bruxelles » d’une grave injustice !
Pour conclure, je déclare que j’adore les rosés de Bandol (Domaine de Terrebrune, Domaine de la Tour du Bon, Domaine Tempier, La Suffrène, Pibarnon), le Tavel du Domaine de la Mordorée, le petit rosé pétillant de Dupéré-Barrera, et quelques autres rosé de Provence non issus de coupage, mais aussi le Champagne Rosé de saignée de Boulard, et le superbe Champagne Aubry Premier Cru à Jouy-lès-Reims Brut Rosé de coupage que m’a fait découvrir le caviste du coin, Impression de Vin à Sanary, ou encore le Champagne Brut Rosé de Franck Pascal (saignée ? coupage ? en tous les cas, bon !). Et pas mal d’autres que je n’ai pas encore gouté…
Toute cette affaire est orchestrée par l'interprofession des vins de Provence qui va jusqu'à s'approprier l'origine des vins rosés (mensonge patent) pour laisser accroire qu'il n'est de bon rosé que provençal. Ces gens-là n'ont pas besoin d'adversaires, leurs plus efficaces ennemis sont dans leurs rangs et gèrent la communication. On notera d'ailleurs que les très bons vignerons cités par Mike sont très discrets sur le sujet et pour cause, ils vendent leurs vins en dehors de toute polémique.
mots clés : Mike, agneau, vin
le 24.04.09 à 09:00
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Commentaires
300 Klakos !
L'irrespect de Bruxelles vis-à-vis des identités locales, tel est le thème de ma nouvelle vidéo, "300 Klakos" qui, prenant le parti de l'humour, propose un point de vue à prendre en compte le jour du vote aux européennes : celui des peuples et des cultures locales.
L.
L pour Libertas - 24.04.09 à 20:23 - # - Répondre -
Du blanc dans le rosé ? Vieille histoire . . .
Est-ce que tout monde sait que tout-à-fait légalement, dans le vin rosé tranquile le plus célèbre du monde — le Tavel —, il peut y avoir pas mal de vin blanc ?
Le décret de l'INAO:
---------- Début de Citation ----------
Art. 2. - (Modifié, D. 29 octobre 1968, Modifié, D. 22 août 1990) - Les vins ayant droit à l'appellation contrôlée " Tavel " devront provenir des cépages suivants à l'exclusion de tous autres : Grenache, Cinsault, Clairette blanche et rose, Picpoul, Calitor, Bourboulenc, Mourvèdre, Syrah et Carignan.
La proportion de Carignan ne devra pas dépasser 10 % de l'encépagement total d'un même producteur et celle de chacun des autres cépages énumérés ci-dessus devra être au maximum de 60 %.
----------- Fin de Citation -----------
Donc, sur le 10 cépages permis, 4 sont blanc : le deux clairettes, le picpoul et le bourboulenc.
Etrange, n'est-ce pas ?
Michael Prónay
pronay - 25.04.09 à 12:13 - # - Répondre -
← Re: Du blanc dans le rosé ? Vieille histoire . . .
l'usage des raisins blancs est autorisé ( à mon avis c'est même très utile, pour le côté friand et floral ) dans le Tavel, mais il me semblait que nous parlions de coupage entre vins finis blancs et vins finis rouges, non

ce qui est gênant dans tout cela c'est que le rosé devienne un mélange de vins , un vin mal né, que ce soit un vin de table ou pas.On s'éloigne une fois de plus du terroir et de la terre nourricière pour rentrer dans des procédés industriels.
PS : Michaël, tu oublies le grenache blanc dans les vins blancs......
Fabrice Delorme - 27.04.09 à 11:56 - # - Répondre -
← Re: Du blanc dans le rosé ? Vieille histoire . . .
Le décret des Côtes de Provence prévoit des dispositions similaires avec l'assemblage possible jusqu'au stade "vin en cours de fermentation". Mais de cela bien évidemment il n'a jamais été question, le rosé pur étant brandi en avant derrière une réthorique de Caliméro.
Cela explique pourquoi les Provençaux se sont également opposés à la mention d'étiquetage "rosé traditionnel" (ils ne l'ont en effet pas demandé, et pour couse) car elle ne pourrait s'appliquer à leurs vins.
On est donc bien en pleine tartufferie, au milieu du plus magnifique bal des faux culs.
2 raisons à celà à mon sens:
- la peur clairement évoquée de voir apparaître des vins de qualité similaire (notamment car utilisant les mêmes procédés...), alors qu'effectivement ils ne devraient pas "boxer dans le même catégorie".
- la période électorale propice à toutes les surenchères et hypocrisies (Bruxelles fait un très bon bouc émissaire quand on n'a pas de courage politique) et il a été de bon ton dans cette affaire de surjouer l'indignation. Hors élection cette question se serait réglée en 3 réunions entre personnes raisonnables.
ST
Anonyme - 28.04.09 à 15:38 - # - Répondre -
← Re: Du blanc dans le rosé ? Vieille histoire . . .
Cher anonyme (ST ?),
Voilà un autre éclairage qui lorgne sur le versant politique de la chose.
Celui d'Alain Lamassoure, dans les colonnes des Echos du 21 avril dernier : Ici
(info transmise par la Fijev, merci à eux).
Dominique
dominique - 28.04.09 à 15:52 - # - Répondre -
Interessant Michael!
quelles sont les règles dans ton pays pour le Schilcher et le Weißherbst?
Mike Tommasi - 25.04.09 à 12:52 - # - Répondre -
← Re: Schilcher et Weißherbst
Pour ceux qui ne le savent pas : mon pays, c'est l'Autriche.
Pour le Schilcher, c'est tout-à-fait clair : cépage Blauer Wildbacher (cépage noir) uniquement, origine province de Styrie uniquement. NB: A ne pas confondre avec le Schillerwein en Allemagne.
Quand au Weißherbst, ce terme n'est pas utilisé en Autriche ; ici, c'est "Rosé" ou bien des noms de fantaisie comme Pink, Rosa. Mais vu le fait que tout " Qualitätswein " peut aussi être un assemblage de plusieurs cépages, tant qu'en rouge qu'en blanc, je ne vois pas pourquoi ceci ne s'appliquerait pas pour le rosé. Ceci dit, je ne pense pas en avoir vu.
Il y a un autre terme, mais rarement utilisé : Gleichgepresster (vin rapidement pressé) issu d'un cepage rouge avec peu un pas de couleur.
pronay - 26.04.09 à 11:18 - # - Répondre -
Encore un exemple de journalisme light, par coupage...
http://www.cuisine.tv/cid28487/touche-pas-a-mon-rose.html
Mike Tommasi - 25.04.09 à 20:47 - # - Répondre -
Assembler des cépages rouges et blancs pour les vinifier ensembles ne part pas du même principe que de mélanger du vin blanc à du vin rouge, même à Tavel. Ceci dit, le coupage reste une technique comme une autre, qui a démontré qu'elle peut produire de bons vins, comme en Champagne. Après, tout dépend des ingrédients de départ, évidemment.
On ne me fera néanmoins jamais croire que la mesure économique prônée par Bruxelles veuille favoriser l'émergence de grands vins. Il s'agit d'écouler des stocks d'invendus, en blanc comme en rouge, qui seraient susceptibles de trouver preneur en rosé. Cela vise principalement les grosses maisons de négoce capables de produire à bas prix et qui ont des volumes sur les bras.
Que les producteurs de Provence puissent être inquiets, cela se conçoit, même si d'un certain côté, ils peuvent l'avoir mérité.
Finalement, d'accord avec Patrick, ce n'est qu'une vaste tarte à la crème médiatique. En tant qu'amateur de vin, y compris de bons rosés, je ne me sens guère concerné, en fait!
Olif - 26.04.09 à 10:30 - # - Répondre -
Une réaction institutionnelle
Bonjour,
"
Avant d'alimenter le débat, je soumets à votre attention :
- une lecture en complément des différentes interventions et commentaires.
L'Intégralité du texte : http://www.arev.org/spip.php?article1574 et 2 extraits en fin de ce message.
- une piste de réflexion autour du nouvel élan qu'est en train de trouver le terme "coupage".
Je lis ici (sur Fureur des Vivres) des avis étayés de collègues. Des spécialistes !
Puisque 80% des vins (tous types confondus) sont diffusés en grandes surfaces, j'aimerai prendre connaissance de leur sentiment quant à la perception de "coupage" auprès du "grand public".
En ces temps de virus galopants, imaginons que le terme vienne à s'échapper des textes bruxellois pour s'épancher dans les rayonnages ou être martelé au 20 heures d'un journal télévisé.
Je voudrai aussi profiter de votre sagacité pour savoir quels mots vous prêteriez, devant un rayon de vin rosé, à un "conseiller en vins" qui "conseille" les clients des grandes enseignes (en 20 mots maximum, les contacts sont brefs).
Dominique
Lettre ouverte de M. Jean Paul Bachy, Président de l’AREV à Madame Mariann Fischer Boel, Commissaire Européenne.
Deux extraits :
"Enfin, du point de vue des consommateurs, la demande de vin rosé est aujourd'hui soutenue parce qu’ils attendent une valeur gustative que seules les méthodes de vinification traditionnelles peuvent garantir. Indépendamment des problèmes évidents de traçabilité, le rosé de mélange – blanc teinté de rouge – constituerait de plus une tromperie sur la marchandise pour nombre d’entre eux qui disent mal supporter le vin blanc."
"La solution ne peut en aucun cas intervenir au niveau de l’étiquetage, car la mention, qui plus est facultative, de « rosé traditionnel » et/ou « rosé par coupage » ne ferait bien évidemment pas le poids par rapport au prix aux yeux du consommateur de base. Comme pour l’autorisation faite aux vins de table de mentionner le cépage et le millésime à l’instar des vins de qualité (sans toutefois être soumis au même cahier des charges), c’est une grave erreur de stratégie que de vouloir faire cohabiter des produits de classes très différentes sous une présentation quasi-identique !
dominique - 27.04.09 à 15:02 - # - Répondre -
← Re: Une réaction institutionnelle
Voir le Président de la région Champagne (Ardennes) s'insurger contre la pratique du coupage voilà qui ne manque pas de sel. Heureusement que la shyzophrénie n'est pas un délit...
ST - 29.04.09 à 11:21 - # - Répondre -
Hi Dominique
Je commence par le préambule de cette lettre:
C’est au nom de « l’égalité des moyens avec les opérateurs des pays tiers » et pour « libérer l’Europe de ses entraves œnologiques » que la Commission justifie la levée de l’interdiction du mélange de vins de table rouges et blancs pour obtenir du « rosé ».
Voilà encore une fois quelqu'un qui commence par une lecture approximative de la reforme. C'est à dire, qui ne l'a pas lue du tout... :-)
Mike
Mike Tommasi - 27.04.09 à 17:42 - # - Répondre -
20 mots rouges + 20 mots blancs + 20 mots roses:
Madame, Monsieur, ce vin est un rosé de l'AOC xxxxxxx, il est n'est fabriqué qu'avec du jus de raisins noirs, de l'acide tartrique, des enzymes, des levures et une dizaine de traitements que je ne vous nommerai pas. Mais surtout il ne contient pas de vin blanc, du moins, c'est ce qu'on nous dit.
:-))
Mike Tommasi - 27.04.09 à 17:47 - # - Répondre -
← Fureur des Vivres, sur le fil de l'actualité
On nous communique à l'instant :
L’AREV – Assemblée des Régions Européennes Viticoles (www.arev.org) – est l’organisation politico-professionnelle des régions viticoles d’Europe et leur porte-parole aux niveaux européen et international. Sa mission est de défendre et de promouvoir la viticulture européenne dans le processus politique ainsi que de développer la subsidiarité, le fait régional et la coopération interrégionale. 70 régions de 16 pays européens sont actuellement membres de l’AREV.
COMMUNIQUÉ – 26.04.2009
L’Assemblée des Régions Européennes Viticoles (AREV), qui défend les principes patiemment construits de la civilisation européenne de la vigne et du vin, dénonce vigoureusement la suppression envisagée par la Commission européenne de l’interdiction du coupage de vins de table blancs et rouges pour « produire » du rosé. Elle y voit une dérive favorisant exclusivement une viticulture et une œnologie industrielle.Constitué de hauts représentants politiques et professionnels d’Allemagne, d’Autriche, d’Espagne, de France, de Géorgie, de Hongrie, d’Italie, du Luxembourg, de Roumanie et de Tchéquie, le Bureau International de l’AREV réuni le 24 avril 2009 à Tokaj, Hongrie, refuse à l’unanimité toute adaptation de l’étiquetage.
Il demande instamment à la Commission de revenir sur sa décision lors de la réunion du Comité de gestion du 19 juin prochain et de maintenir l’interdiction actuelle du coupage, avec sa seule exception pour le « vino tinto de mezcla » sur le territoire espagnol.
dominique - 27.04.09 à 18:08 - # - Répondre -
← Re:
Dominique, Mike
Indépendamment de la forme amusante de la remarque de Mike, je trouve qu'il est parfaitement fallacieux et hypocrite de se draper dans la grande toge de la tradition pour défendre...un vin technologique.
il l'est tellement (et ce n'est pas un gros mot dans ma bouche dès lors qu'il est assumé) que le ros&é s'est doté dans le Var d'un Centre technique, tout entier dédié à sa gloire.
Car la production du rosé est effectivement très technique et demande rigueur et précision. Alors pour pallier à ces difficultés les "usages locaux, loyaux et constants" prévoient pour la plupart des AOC rosés (voire rouges) la possibilité d'ajouter du blanc, jusqu'au stade "vins en cours de fermentation". C'est à dire une porte très très grande ouverte, pour qui sait comment on vinifie.
Donc ce que l'on nomme "tradition" pour les AOC est qualifié 'd'infamie" pour les vins de table.
De plus je trouve comme Mike assez amusant de s'insurger d'une éventuelle possibilité de coupage (c'est à dire du vin + du vin) alors que les rosés "traditionnels" (mais ils ne peuvent bénéficier de cette mention puisque complétés de blanc...) utilisent tout l'arsenal des pratiques oenologiques "de terroir" comme les charbons oenologiques...
On ne serait pas en train de nous faire prendre des vessies pour des lanternes dans cette affaire.
Au lieu de dénigrer la pratique oenologique du voisin et de le pointer du doigt comme le vilain petit canard, ne serait il pas plus opportun d'avoir une communication positive. La nouvelle OCM prévoit des crédits de promotion pour les vins à IG. Utilisez les pour promouvoir les vins de Provence et les faire mieux connaître, que cette AOC soit valorisée. Mais c'est certainement plus facile de crier au loup... Mais comme dans l'histoire au bout d'un moment on n'y croit plus.
ST
ST - 29.04.09 à 10:08 - # - Répondre -
Actualité, encore
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lundi 27 avril 2009
Viticulture - Barnier : un dernier geste pour le vin rosé
Le ministre français de l’Agriculture Michel Barnier, sur le départ du gouvernement, a offert vendredi deux bouteilles de vin traditionnel rosé français à chacun de ses homologues de l’UE pour les inciter à ne pas autoriser un ’’faux’’ vin obtenu en coupant du rouge et du blanc.
"J’ai offert à chacun de mes collègues et à la commissaire Mariann Fischer Boel deux bouteilles de rosé traditionnel accompagnées d’une lettre dans laquelle j’insiste sur la nécessité de préserver une production traditionnelle de qualité", a-t-il annoncé à l’issue d’une réunion à Luxembourg considérée comme sa dernière participation en sa qualité de ministre.
[...]
"Je souhaite mettre les ministres en garde contre une autorisation de fabriquer du faux rosé par coupage comme cela se fait en Australie", a-t-il expliqué. "La position de la France est assez isolée", a reconnu M. Barnier. "Ce cadeau est un clin d’œil pour attirer l’attention des ministres sur la décision attendue le 19 juin", lorsque le comité de gestion de l’UE se prononcera par un vote sur l’adoption de nouvelles pratiques œnologiques qui incluent l’autorisation de fabriquer du vin rosé en coupant du rouge. "Autoriser ce faux rosé, c’est décourager tous les efforts de qualité effectués en France, mais aussi en Italie, en Espagne ou au Portugal pour fabriquer un vin rosé traditionnel par macération", a-t-il averti. "Il est interdit en France de fabriquer du rosé par coupage", a rappelé le ministre.
Les deux rosés sont un vin de Tavel et un vin de Provence, présentés dans un emballage en bois, a-t-il précisé. "Je fais mon travail de ministre jusqu’au bout", a affirmé M. Barnier. "Cela n’a rien à voir avec mon départ programmé du gouvernement", a-t-il soutenu. M. Barnier a toutefois admis qu’il ne serait sans doute plus membre du gouvernement français au prochain conseil des ministres de l’Agriculture de l’UE programmé pour le 25 mai à Bruxelles.
dominique - 27.04.09 à 19:17 - # - Répondre -