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Fureur des Vivres

Coquillages et crustacés

Fureur des Vivres n° 14, février 2009, coquillages et crustacés

Y-a-t-il un point commun entre les coquillages et les crustacés autre que celui de ravir nos papilles ? Commençons par mieux les connaître.




Coquillages et crustacés


Coquillages
 

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Des bijoux en coquillages, des coquillages comme monnaie jusqu’au XIXème siècle. Mais aussi des coquillages instruments de musique et même comme matériel de tissage de vêtements, cette fois-ci indirectement puisque c’était le byssus soyeux des jambonneaux de mer que les égyptiens tissaient pour en faire les manteaux de leurs grands-prêtres. Pour rester dans les chiffons, comme teinture avec le murex qui donnait la couleur pourpre des toges impériales. Et même comme éléments d’architecture religieuse avec les gigantesques bénitiers. Ou objets de collections qui s’échangent parfois à prix d’or.
Bref, les coquillages ont, depuis que les hommes les ont découverts, suscité intérêt et convoitise et pas seulement pour leurs qualités gustatives. Normal puisque le monde des coquillages est extrêmement varié et vaste. Pour le découvrir commençons par le commencement.
 
Qu’est ce qu’un coquillage ?
Si l’on en croit les définitions, un coquillage est un être mou, un mollusque doté d’un squelette externe. Le squelette peut être en une partie, il s’agit alors de gastéropodes, en deux parties et nous avons affaire aux bivalves, voire même en plusieurs parties pour les chitons. Aussi bizarre que cela puisse paraître, les pieuvres (qui ont perdu leurs coquilles, les étourdies !) les seiches et les calamars (dont le squelette s’est transformé en endosquelette) sont aussi des coquillages. Les coquillages possèdent même leur dinosaure : le Nautile qui possède une coquille d’un modèle antédiluvien à cloisons internes, pourvues de siphons qui relient les différentes chambres entre elles. Une modèle de coquille absolument parfait dans lequel on retrouve le nombre d’or, symbole d’harmonie esthétique.


Nautile (photo empruntée)
 
A propos de coquille
Des minuscules porcelaines aux imposants bénitiers, tous les coquillages procèdent de la même manière. Ce sont d’extraordinaires chimistes qui transforment les minéraux contenus dans l’eau de mer, le calcaire en particulier en petits cristaux qu’ils cimentent les uns aux autres avec un produit qu’ils secrètent : la conchioline. Ensuite, ils façonnent leur coquille. Elle est recouverte, d’une couche cornée, sorte de vernis qu’on appelle drap marin et orné de dessins parfois remarquables par des pigments.
L’intérieur est, le plus souvent, nacré. Dès qu’un corps étranger pénètre à l’intérieur de la coquille, le mollusque réagit en l’entourant d’une couche de nacre, c’est ainsi que se forment les perles.  
Le matériau qui constitue la coquille est remarquablement résistant, une résistance renforcée par son architecture. Les mollusques privilégient, en effet, les formes tubulaires et spiralées, certaines sont d’une grande complexité construites selon une spirale logarithmique.  La solidité est la qualité recherchée, à la fois pour résister aux éléments lorsqu’ils se déchainent et pour se protéger des prédateurs. Pour éviter toute intrusion, la coquille possède une porte inviolable, l’opercule. Pour se rendre invisible aux prédateurs, ils utilisent également l’éternelle tactique du camouflage en soudant à leurs coquilles des petits coquillages et des débris de pierre et de coquilles qui les transforment en choses informes et inintéressantes.
 
Et crustacés
 

Crustacés (photo empruntée)

Cousins des coquillages, ce sont aussi des Invertébrés, mais d’une autre branche celle des arthropodes dont les Crustacés forment la part la plus importante et le plus évoluée. Hormis les cloportes et les crabes des cocotiers, ce sont des espèces aquatiques, d’eau de mer ou eau douce. Entre la puce de mer et le homard : 20 000 espèces différentes.
 
Les crustacés ont la grosse tête
Les crustacés ont en commun une carapace chitino-calcaire et une tendance à la céphalisation.
La carapace est divisée en 2 parties, la tête et le soma
La tête, dite acron, comprend le labre qui est une lèvre supérieure de la bouche, les yeux et les antennules.
Juste derrière se trouve la région céphalique secondaire pourvue d’antennes, de mandibules et de mâchoires près de la bouche et pour certaines espèces de pinces.
Le soma comprend le peréion et le pleon ou queue.
Le peréion est parfois soudé à la tête et porte des appendices qui servent à se déplacer.  Le pleon, articulé, se termine en éventail et n’a qu’un rôle natatoire.
Les crustacés respirent par les branchies situées sur la face ventrale du peréion. Les organes reproducteurs sont situés dans les derniers segments du pleon. Les femelles conservent leurs œufs sous leur ventre.
La carapace ne grandit pas, au fur et à mesure de leur croissance, les crustacés muent, quittant leur carapace trop étroite pour en former une nouvelle.
 
Les crustacés comestibles de nos côtes
Ils appartiennent à la famille des Eucarides, genre Décapodes.
Les Eucarides sont les plus évolués et les plus grands de tous les crustacés. Les Décapodes possèdent souvent de puissantes pinces qui servent autant à se défendre qu’attraper les aliments comme pour les crabes, les homards, les langoustines.
 
Certains ne sont que nageurs (Natantia), telle la crevette.
D’autres sont marcheurs (Reptantia) :
Les crabes : l’araignée de mer, le tourteau, l’étrille et le crabe vert…
Et les homards, langoustes, langoustines, pagures, bernard-l’ermite et écrevisses.


Pagure (photo empruntée)
 
Chez les crabes, les femelles portent les œufs entre l’abdomen et le plastron, C’est ce qu’on appelle le corail. Ils sont ventilés par des mouvements saccadés qui permettent aux œufs devenus larves de s’échapper dans l’eau où elles grandissent. Le premier mois les larves portent le joli nom de zoé.
 
Coquillages et crustacés, deux familles qui ne frayent pas entre elles, sauf pour se dévorer. Il y a même un petit malin, un crustacé qui va cousiner plus intimement avec les coquillages, le bernard-l’ermite qui s’approprie les coquilles laissées vides par certains mollusques mangés par leurs congénères.
Dure loi que celle de la jungle sous-marine !

Ségolène
 

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le 03.02.09 à 09:00 dans Les vivres en fureur - Version imprimable
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