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Fureur des Vivres

Dégustation du mardi 10 février 2009 : 11 huîtres françaises

Fureur des Vivres n° 14, février 2009, coquillages et crustacés

Ne reculant devant aucun sacrifice, nous avons organisé à Côté Cour à Bouliac (deuxième restaurant du Saint-James) une dégustation de 11 huîtres de bassins français différents. Et les huîtres s’avèrent très différentes.

 


Dégustation du mardi 10 février 2009 : 11 huîtres françaises

Normandie
 


Saint Vaast
, côte est du Cotentin, fort coefficient de marée.

Ségolène : Huître vert clair, grasse ; texture ferme, goût iodé, finale noisette.

Patrick : Huître élégante, souple et équilibrée. PAI=5.


 


Spéciale Isigny
, baie des Veyes, très charnue, idéale pour huîtres chaudes, en demande d’AOC.

S : claire, texture croquante, goût légèrement iodé, finesse.

P : très peu iodée, légère, facile à manger. PAI = 4.
 
Bretagne Nord
 



Prat Ar Coum
, affinée dans les abers par la famille Madec depuis 5 générations (Yvon aujourd’hui) après un élevage dans la rade de Brest et la baie de Morlaix. Les plates sont charnues, beige à brun, à la texture ferme iodée avec une finale noisette. Les creuses possèdent un manteau noir à la saveur douce iodée, sucrée en fin de bouche. Longue en bouche.

S : beige et verte sur les bordures, manteau clair, très charnue, saveur marine puissante, très iodée mais délicate, très persistante.

P : puissante, puissante et puissante, très iodée, merveilleuse ! PAI=12.

 



Belon
, de l’aven éponyme, très petite production : 5 000t/an d’huîtres plates, l’huître plate la plus célèbre du monde.

S : de couleur beige, bordures brunes, texture ferme, saveur puissante et iodée, goût de coquillage proche de la palourde. Très persistante.

P : magnifiquement équilibrée, très « classe », une superbe huître. PAI=9.

 
Vendée-Atlantique
 


Noirmoutiers
, creuse élevée en eau profonde, charnue, iodée.

S : très belle verte presque bleue, maigre, saveur marine iodée.

P : très verte, agréablement iodée, une bonne huître. PAI=6.

 



Côte de Jade
, creuses élevées en eau profonde, charnue, iodée. Nous goûtons des « Papin ».

S : couleur claire, charnue. Texture ferme et croquante, saveur douce d’iode, puis fruits secs à coques, finale un peu sucrée.

P : La plus élégante et la plus équilibrée des huîtres en présence. PAI=8.

 
Marennes-Oléron
 



Pousse en claire
, haut de gamme, élevée directement dans les claires, 5 au m2 de 4 à 8 mois. Sur sa coquille se forment des dentelles caractéristiques : lignes de pousses. Très charnue et ferme, même croquante. Typée en longueur en bouche

S : beige aux reflets verts, manteau très noir. Charnue, texture croquante, saveur iodée maîtrisée.

P : iode très présente, présente un goût un peu grossier. Grosse déception en ce qui me concerne.

 



Gillardeau
, élevage soigné 4 ans, changées d’élevage régulièrement, affinées en claires

S : couleur beige, très charnue, grasse. Saveur très marine douce, finale noisette.

P : Très équilibrée, grasse, ne peut déplaire à personne. PAI=8.

 
Sud-ouest



Banc d’Arguin et Cap Ferret
, le plus ancien site ostréicole de France, très claires

S : iodée mais pas trop, finale métallique.

P : Banc d’Arguin : très simple. PAI=3. Cap Ferret : arrière bouche terpénique, limite vulgaire. PAI=5.

 
Méditerranée
 



Côte Bleue
 : élevées dans un bassin de 75 000 ha ouvert sur la mer. Marées remplacées par le mistral et la Tramontane.

S : couleur vert pâle, très salée, l’iode tapisse les papilles.

P : Très légère, iodée et salée. PAI=4.
 
Le classement
 

J’ai demandé à chaque dégustateur de me donner leur trio de tête. Puis j’ai attribué 3 points à la première, 2 points à la deuxième et 1 point à la troisième. Le classement est le suivant :

9ème ex-aequo avec 1 point : Noirmoutiers, Cap Ferret et Banc d’Arguin.
8ème avec 2 points : Côte bleue.
7ème avec 3 points : Spéciale Isigny.
6ème avec 5 points : Saint Vaast.
5ème avec 7 points : Pousse en claire.
4ème avec 14 points : Belon.
3ème avec 19 points : Prat ar Coum.
2ème avec 27 points : Côte de Jade (Papin).
1er avec 34 points : Gillardeau.

 
Ségolène & Patrick
 

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le 16.02.09 à 09:00 dans Dégustation - Version imprimable
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Commentaires

Très instructif !

J'ai été bluffée par les richesses que recèlent les productions locales même si, ne voulant pas tenter le diable, j'ai calé au bout de huit bestioles ! Entre les formes à géométrie variable, les camaïeus de couleurs, les saveurs allant de l'inattendu flamboyant au fadasse décevant, les textures plus ou moins engageantes voire franchement réjouissantes, il y en avait vraiment pour tous les goûts...
Passionnante expérience !

Lolotte - 16.02.09 à 22:27 - # - Répondre -

Quel dommage d'être si loin, cette dégustation devait être fabuleuse, que de découvertes ! En réalité, les gens achètent des huîtres mais ils ne les connaissent pas...

Tiuscha - 19.02.09 à 11:24 - # - Répondre -

"L'huître de la baie de Cancale, prise sur un fonds souvent vaseux, est généralement d'un goût peu agréable ; il semble que la nature n'ait pas voulu que ce coquillage servît d'aliment dans l'endroit même où elle le prodiguait. L'huître ne perd son âcreté et ne devient délicate qu'après avoir séjourné quelque temps dans un parc"


"De la pêche, du parcage et du commerce des huîtres en France :
fragment de statistique du département du Calvados" - Pierre Aimé Lair - 1826


dominique - 19.04.09 à 07:47 - # - Répondre -

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