Epiphanie
Fureur des Vivres n° 12, décembre 2008, furieusement fête
Le premier dimanche de l’année qui suit le jour de l’an, c’est la fête de l’Epiphanie. Et que fait-on ce jour-là ? On déguste la galette des rois.Epiphanie
Il y a belle lurette que les galettes des rois sont en vente en grandes surfaces et dans de nombreux points de distribution de viennoiseries, bien avant Noël, ce qui est une hérésie, un geste qui oublie et méprise les coutumes et traditions liées au calendrier. Car l’Epiphanie est la suite de la célébration de Noël.
Dans le nouveau testament, seul Matthieu raconte la visite des rois mages, venus de l’Orient et avertis d’un évènement exceptionnel - la naissance du roi des Juifs - par une étoile qu’ils ont suivie et qui les a menés en Palestine. Là s’enquérant du lieu de naissance de cet enfant, ils s’adressent à Hérode qui réunit les autorités religieuses pour savoir où est né ce roi. Ils lui répondirent à Bethléem selon les prophéties. L’étoile guida les mages jusqu’à l’endroit précis où étaient Marie, Joseph et l’enfant Jésus. «Et entrés dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère, et tombèrent, prosternés devant lui. Et, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent en dons de l’or, de l’encens et de
Les rois mages sont les seuls à offrir des cadeaux à l’enfant nouveau-né, ils l’honorent par des dons très symboliques : l’or qui reconnait la royauté et l’encens et la myrrhe la divinité de cet enfant. Ces trois personnages, Balthazar, Gaspard et Melchior, étaient des mages c'est-à-dire des sortes d’astrologues qui étudiaient le ciel et les astres, et c’est aussi pour cela que la commémoration de cet évènement fut nommée Epiphanie qui vient d’un mot grec signifiant apparition, manifestation. L’apparition d’une étoile nouvelle avait pour ces mages une signification très particulière et ils la suivirent pour connaitre ce qu’elle devait leur apprendre.
La fête chrétienne de l’Epiphanie consacre la manifestation du Christ aux Mages et c’est pour célébrer l’hommage des rois, les cadeaux à l’enfant Jésus, qu’actuellement les espagnols et les arméniens offrent les cadeaux perpétuant une tradition des chrétiens orientaux, fêtant ainsi la Nativité du Christ. Et qui dit fête dit repas et partage de nourriture. Pour l’Epiphanie, très vite la coutume fut d’offrir et de partager une galette. Coutume qui est une extension du partage du pain puisqu’à l’origine cette galette est un pain brioché. Dans ce gâteau, on cachait une fève et celui qui la trouvait était le roi et ceignait pour la journée la couronne qui marquait son éphémère royauté. La fève est un aliment symbolique dans l’antiquité, en dehors même des rites orphiques qui ne sont pas de propos ici, les fèves servaient de jetons de vote, ainsi qu’à élire le roi du festin à Rome durant les Saturnales.
La galette des rois représente donc l’élection populaire d’un roi désigné par hasard puisque le plus jeune de l’assemblée, caché sous la table, distribue à l’aveugle les parts qui sont attribuées aux convives et traditionnellement on coupe une part de plus, appelée la part de dieu ou la part du pauvre. Part offerte soit au premier visiteur inattendu qui se présente, soit au premier pauvre rencontré.
On peut voir dans cette tradition la transposition de la reconnaissance d’un roi à la manière des mages et son extension vers une tradition populaire de transgression, coutumes qui furent courantes dès l’Antiquité.
Les gâteaux des rois
Traditionnellement, au sud de la Loire, le gâteau des rois est une couronne de pain brioché ou de pain doux. Une exception notable au nord de la Loire : la Bretagne où la tradition des pain doux et pain enrichi est ancienne et fut répertoriée au 19ème siècle dans un recueil de pâtisserie sous le nom de galette des rois.
Le gâteau des rois des pays de langue d’oc est une couronne de pâte levée, façonnée en forme de couronne et décorée de grains de sucre et de fruits confits, traditionnellement du cédrat.
Au nord de la Loire, on préfère la galette de pâte feuilletée. Au départ, simple feuilletage sucré et beurré, elle s’est enrichie d’une crème frangipane, selon la recette de la ville de Pithiviers. C’est pour cela que ce gâteau fut longtemps appelé galette parisienne.
Le mot frangipane vient de l’italien frangipani. C’est le nom d’une famille italienne, les Frangipani. C’est aussi le nom d’un parfum dont on enduisait les peaux destinées à faire des gants qui avait peut-être un lien avec un moine parfumeur nommé Frangipani. Ce parfum sentait-il l’amande ? Comme il n’existe plus, personne ne peut répondre à cette angoissante question.
Ségolène
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Commentaires
oui ici en languedoc on a le royaume !!!!
http://christhummm.canalblog.com/archives/2008/12/27/11879379.html
et c'est trop trop bon ! ;-)
christ(hummm) - 29.12.08 à 09:57 - # - Répondre -
Pour Frangipani je préfère la version plus romantique !! on dit que le comte frangipani amoureux de Marie de Médicis avait un cuisinier qui a inventé une crème à l'amande et le comte donna cette recette à Marie à son départ pour la France et comme la recette plût à la cour, elle devint populaire !! Ok c'est un peu sentimental ...mais bon !!
mercotte - 31.12.08 à 08:42 - # - Répondre -