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Fureur des Vivres

L'agroalimentaire nous enfume avec le cochon fumé

Fureur des Vivres n° 13, janvier 2009, le fumé

Le fumé je me le représente comme un dérivé gustatif des conséquences de la diffusion de la chaleur et de l'application de particule de fumée sur un aliment afin de le cuire par accélération artificielle d'un séchage.




L'agroalimentaire nous enfume avec le cochon fumé


Autant dire que nous sommes en face d'une mystification potentielle si nous ne sommes pas confrontés à des alchimistes aux desseins honnêtes.
Nous passons alors du fumé à l'enfumé.

L'enfumé c'est tout un chacun cédant à la crédulité normative de la massification. Cette massification qui nous amène à la standardisation, elle même d'abord cause puis conséquence de la globalisation etc... Ce n'est pas tout à fait le sujet, quoique.

Revenons en à nos cochons et regardons d'un peu plus près les répercussions induites de cette mécanique dans nos assiettes. Il en est ainsi de ces jambons séchés qui ne mettent pas plus de six mois et parfois moins entre la naissance du cochon et leur arrivée dans nos assiettes. Voici la manière
dont nous sommes enfumés dans certains cas.

Sous l'appellation "jambon de pays" nous avons le plaisir de déguster des gigots séchés issus de cochons de stabulation nourris aux aliments renforcés en protéines pour limiter la graisse au profit de la masse musculaire. Le salage est lui aussi croquignolet, en envoyant du sel nitrité au travers de l'artère fémorale, la chair va se cuire. À la dégustation, c'est du sur mesure pour les gravures de mode. Pas de gras, une surface de macadam, dont le sel exhausteur de goût, donne un peu de corps à une saveur insipide. Le top, c'est lorsque ces artisans de l'industrie précipitent ce process en accélérant le séchage par la fumaison. J'ai mal à mon cochon.

Sans traitement par de l'information, ce sont nos racines qui vont être endommagées. Nous déraciner pour labourer notre terroir afin de déchausser notre goût. Épicuriens de tous les pays unissons-nous, le bolchevisme alimentaire ne passera pas par nous.

Gloire au lard et cochon qui s'en dédit.

JF

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le 28.01.09 à 09:00 dans Courant de pensée - Version imprimable
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