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Fureur des Vivres

La biogenèse des arômes pendant l’affinage des fromages

Fureur des Vivres n° 9, septembre 2008, le fromage

Paul le Mens, ingénieur en Sciences des Aliments et en technologie du lait et des fromages, spécialiste de l'analyse sensorielle des aliments nous explique comment l'affinage des fromages permet de passer de la caséine et des triglycérides sans goût à une diversité moléculaire aromatique presque infinie.                      


La biogenèse des arômes pendant l’affinage des fromages:
« de la biodiversité microbiologique à la diversité des arômes »

Note de Patrick : pour des raisons techniques inhérentes à mon incapacité à saisir toutes les subtilités du blog, cet article est légèrement tronqué. La version intégrale est disponible sur le pdf téléchargeable du mois de septembre.

Plan
1.               Les bactéries du lait cru impliquées dans l’affinage des fromages
2.               Les flores fongiques impliquées dans l’affinage des fromages
3.               D’où viennent ces micro-organismes ?
4.               Rôle des micro-organismes dans la qualité sensorielle des fromages
5.               La microstructure d’un jeune fromage, rôle des caséines, rôle des matières grasses
6.               Les enzymes participant à l’affinage des fromages 
7.               La Glycolyse
8.               La protéolyse
9.               La lipolyse :
 
version juin 2007
 
Les bactéries du lait cru impliquées dans l’affinage des fromages  (liste non exhaustive)

Bactéries thermophiles
Streptococus thermophilus
Streptococus salivarius
Lactobacillus helveticus
Lactobacillus delbrueckii

Bactéries mésophiles
Lactobacilles hétérofermentaires facultatifs (CO2, acide lactique L+)
        Lactobacillus casei ssp casei
        Lactobacillus paracasei
        Lactobacillus plantarum
        Lactobacillus rhamnosus
Lactobacilles hétérofermentaires stricts (CO2, NH3, éthanol, acide acétiquen D-et L+)
        Lactobacillus brevis,
        L.buchneri
        L.fermentum
Lactocoques lactis ssp
        L.lactis
L.cremoris
L.lactis var diacetylactis

Autres flore mésophile
        Micrococcus : M.caseolyticus, M.varians, M.flavus, M.luteus, M.roseus
Brevibacterium linens, Brevibacterium casei
Arthrobacter nicotianae
Microbacterium lacticum
Aureobacterium liquefaciens
Staphylocoques coagulase négative : S.epidermidis, S.xylosus,
S.equorum, S.lentus
        Entérocoques : Enterococcus faecalis, E.faecium, E.durans, E.casseflavus
        Leuconostocs : Ln.cremoris, Ln.lactis, Ln.dextranicum,
L.pseudomesenteroides
        Propionibacterium : P.freudenreichii, P. shermanii, P.globusum
 
Autres flores participant à l’affinage
        Pseudomonas : P.fluorescens, P.putida
        Coliformes : Hafnia alvei, Escherichia coli, Enterobacter cloacae, Serratia liquefaciens, Klebsiella pneumoniae, Citrobacter et bien d’autres flores fongiques impliquées dans l’affinage des fromages


Levures
        Kluyveromyces lactis
        Kluyreomyces marxianus
Debaryomyces hansenii
Candida utilis
Yarrowia lipolitica
Geotrichum candidum: très nombreuses souches
Moisissures :  très nombreuses espèces
 
D’où viennent ces micro-organismes ?
-                     des végétaux verts
-                     des végétaux secs
-                     des végétaux situés dans l’environnement la ferme
-                     des végétaux conservés : ensilage, balles rondes enrubannées
-                     des céréales de la ferme
-                     des céréales achetées
-                     des concentrés achetés : bouchon de luzerne, granulés
-                     de la paille
-                     des animaux eux même : intestin (fèces), peaux des trayons, poils, muqueuses, mamelles
-                     de l’homme
-                     de l’empoussièrement
-                     des biofilms de la machine à traire
-                     de l’eau
-                     des biofilms du tank
-                     des biofilms des récipients de caillage
-                     des lactosérums rajoutés
-                     des levains commerciaux achetés
 
Les écosystèmes microbiens au sens large sont complexes et propres à chaque ferme, les variations portent au sein des espèces sur les souches dominantes et sous dominantes, sans oublier les bactériophages qui jouent un rôle dans  la régulation des populations.
Compte tenu de la diversité microbienne du lait cru et des paramètres technologiques qui change dans chaque ferme, la sélection microbienne et le potentiel enzymatique du jeune fromage, va induire des différences entre les fermes et ceci pour une même technologie.
Définition : dans la littérature il faut lire les micro-organismes, comme ceci
Genre, espèce, toute espècs (spp), sous espèce, biovar, biotype, lysotype, souche. Ecrites en nom latin sans accent, écriture universelle. Exemple d’une sous espèce : Lactobacillus casei ssp casei. Souvent seul le nom commun est mentionné.

Rôle des micro-organismes dans l’affinage des fromages

Ils agissent soit séquentiellement soit simultanément ou en interaction
Ils agissent par libération d’enzymes exo-cellulaires (bactéries vivantes) ou endo-cellulaires à la lyse des bactéries (bactéries mortes).
Il faut une biomasse suffisante pour que le pouvoir enzymatique s’exprime : 105-106 log par gramme de fromage
Bactéries lactiques : acidification et activité protéasique limitées
Bactéries d’affinage en surface : leur pouvoir aromatisant ne pourra s’exprimer que si elles arrivent à croître. Cette croissance ne se fait qu’après désacidification et remontée du pH
Levures : activités protéasiques intense
Geotrichum : activités lipasiques et protéasiques élevées
Pénicilliums : activités lipasiques et protéasiques élevées
 
Rôle des micro-organismes sur la qualité sensorielle des fromages

1.                  Sur l’aspect extérieur : feutrage mycélien, état de la croûte (abondante, discrète), couleur (orange, brune), état de surface (sèche, humide)
2.                  Sur la Texture de la pâte : ouvertures, protéolyse, lipolyse, dureté, onctuosité, fondante, collante, coulante, granuleuse, cristallisée
3.                  Sur les odeurs et les arômes : famille animale, fermenté, végétale, fruité…par la protéolyse et lipolyse
4.   Sur la saveur par la protéolyse et la fermentation lactique et lipolyse : amer (peptides amers, acides aminés amers) (pseudomonas, lactobacilles, coliformes), sucré (parmesan), acide (acide lactique, acides aminés acides).
 
Rappel de principaux facteurs de croissance des bactéries :
La température, le pH, les nutriments, l’eau libre (eau réellement disponible, Aw-activité de l’eau), l’inhibition, la compétition, les interactions, oxygène ou non.
 
La microstructure d’un jeune fromage :
 
- Phase aqueuse : lactosérum
Dans la phase aqueuse, on va trouver les protéines solubles, de l’acide lactique, des lactates, du lactose résiduel, du galactose, des molécules aromatiques volatiles, des constituants hydrosolubles non volatils, des minéraux solubles(ions), des acides aminés  et acides gras libres, caséinomacropeptide, NaCl, des enzymes, des bactéries, levures, spores de moisissures
Ca++ 36%, Mg++ 66%, H2PO4- 54%, Citrate H2Cit- 93%, Sodium Na+ 100%, Potassium K+ 100%, chlorure Cl- 100%.
 
- Matrice protéique (charpente) : caséines polymérisées (Extrait sec dégraissé)
Constitué des caséines aS1, aS2, b et para cas K (hydrophobe et insoluble dans l’eau), du calcium lié aux caséines (Ca/ESD), de certaines enzymes. Cette structure piège des globules gras et des bactéries et levures, spores de moisissures, des enzymes (plasmine, chymosine).
Ces M-O auront une activité enzymatique proche de leur localisation dans la matrice
 
- Phase grasse: globules gras, des enzymes Lipoprotéine lipase collés aux globules gras (gg). Les gg sont emprisonné dans la matrice  et d’autres se retrouvent dans les cavités
 
-Les micro-organismes, en biomasse considérable 1 milliard par gramme de fromage: bactéries, levures, moisissures,  emprisonné dans la matrice protéique ou circulant dans les microporosités du fromage et ayant une activité métabolique d’hydrolyse, principalement : lipolyse, protéolyse, amis aussi une activité fermentaire résiduelle par consommation du galactose.

Les enzymes participant à l’affinage des fromages  « digestion enzymatique des constituants du fromage »

Ce sont des protéines globulaires produites par des organismes vivants 
Biocatalyseurs des réactions biochimiques
Activité spécifique spécialisée, site de coupure spécifique d’un substrat donné. Souvent dénaturées par la chaleur
Certaines se situent dans la phase soluble et les cavités du fromage.
Les autres sont élaborées au cours de l’affinage du fromage et seront actives au voisinage des MO. En surface la migration s’effectue sur 1 cm en allant vers le cœur
 
Facteurs de la réaction d’hydrolyse (transformation, dégradation, décomposition) :
-                                             le pH, la plage de pH ou les enzymes peuvent s’exprimer est comprise entre 5.5 et 7
-                                             la température
-                                             eau libre
-                                             quantité, et activation, inhibition
* (exemple,  Lipoprotéine lipase pH optimum 8,5 et 37°C)
.
Les enzymes du lait cru sont retrouvées en partie dans les fromages : lipase, lysosyme (rôle antibactérien), xanthine-oxydase, sulfhydryle oxydase, peroxydase, catalase, phosphatase acide et alcaline, plasmine (hydrolyse des caséinesb, aS1, aS2), estérases, lactoperoxydase, aldolase.
Les enzymes présentes  dans les fromages viennent de la présure rajoutée pour la coagulation (chymosine, pepsine) cas des pâtes molles. Alors que pour les pâtes dures la présure est détruite par le chauffage du caillé. Grâce à la plasmine (enzyme protéolytique naturelle du lait)  dans les pâtes pressées au lait cru, la typicité des fromages est préservée. Mais ce sont surtout  les  bactéries, les levures, les moisissures qui vont alimenter le stock enzymatique du caillé.
La chymosine est détruite par la cuisson en cuve à 56°C, il n’y a donc pas de chymosine résiduelle. Dans les PPNC le taux résiduel est estimé à 15% et en pâte lactique à 35%.
 
La Glycolyse pendant l’affinage des fromages
 
Fermentation de lactose en acide lactique et molécules diverses
L’Influence de l’acidification du lait et la baisse de pH du caillé :
Le premier facteur intervenant sur l’arôme est l’acidification. L’acide lactique va diminuer le pH des acides gras volatils, butyrique C4, caproïque C6, caprylique C8, caprique C10, laurique C12 (directement sapides). Ils vont passer sous une forme moléculaire (R-C00H) volatile. Les sels sont en effet trop hydrophiles pour être volatils.
La fermentation du citrate conduit à une molécule importante dans l’arôme  des fromages frais, le diacétyl (2,3-butanedione) (produit par Lactococcus lactis var diacetylacis), molécule responsable de l’arôme beurrée, d’odeur de la crème, l’arôme de noisette.
L’acétoïne (arôme de crème, lacté, amande) précusseur du diacétyl, semble avoir peut d’intérêt  olfactif direct , contrairement à ce qui pu être écrit.  Néanmoins il pourrait interagir plus moins avec le diacétyl.

T.1, La glycolyse et ses effets sur la qualité des fromages, 

Enzymes ou voie métabolique

Source d’enzymes

Substrat majeur

Molécule produite

Descripteur

sensoriel

ß-galactosidase

Bactéries lactiques

lactose

Glucose

Galactose

Acide lactique (post acidification)

Acide

Cœur dur, blanc

Texture sèche

 

Voie homofermentaire

Bactéries lactiques

Glucose Galactose

Lactates

Acide lactique (post acidification)

Acide

Cœur dur, blanc

Texture sèche

 

Voie hétérofermentaire

Leuconostocs

Glucose Galactose

 

 

Lactates

Ethanol

Acétate

CO2

Acide lactique

Fermenté

Alcoolisé

 

acide

 

Voie du citrate

Lactococcus lactis ssp lactis biovar diacetylactis

Leuconostocs

citrate

Acetate

Diacétyle

Acétoine

CO2

Fermenté

Alcoolisé

Noisette

acide

 

Voie du propionate

Propionibacterium

lactate

Propionate acide gras en C3 et acide acétique C2

acétate

Acide

Arôme d’emmental


La protéolyse pendant l’affinage des fromages


La protéolyse : décomposition des protéines par la voie enzymatique


La dégradation des protéines par les protéases et amino-peptidases conduit à des peptides directement sapides, amer, sucré, acide. Ils peuvent être responsables de l’amertume dans les fromages.


La dégradation des acides aminés en une multitude de composés volatils est essentielle pour la typicité des fromages : alcools, aldéhydes, acides ramifiés, esters, composées souffrés, phénols…


Suivant les espèces microbiennes présentes dans les fromages à partir d’un même acide aminé les molécules finales seront différentes. Par exemple si on prend le cas de la méthionine (L-méthionine, acide aminé soufré, AAI) kluyveromyces lactis (levure) va dégrader la méthionine par la voie d’Erhlich-Neubauer (transminase) et donner du methionol (chou cuit) du methional (pomme de terre cuite) ou de l’acide 3-methyl thio propionique (fermenté, grillé).


Au contraire cet acide sera dégradé par des lyases par Brevibacterium linens ou certains Geotrichum candidum, pour donner du méthane thiol (arôme croupi), rapidement oxydé en diméthyldisulfure (DMDS) (arôme oignon), diméthyltrisulfure (arôme coing, asperge),  diméthyltetrasulfure (DMTS). Ce sont tous des composés avec des seuils de détection très faibles.


Les substrats protidiques de la protéolyse

1.                    les acides aminés (20 acides aminés), on ne parle pas de protéolyse mais de désamination

2.                    les enchaînements d’acides aminés

-                                  les peptides

·                                                  les oligopeptides, enchaînement de 2 à 10 acides aminés

·                                                  polypeptides, enchaînement de 10 à 100 acides aminés

-                                  les protéines enchaînement d’au moins 100 acides aminés


T.2, Hydrolyse des protéines  du lait avec apparition de composées aromatiques et modification de la texture

Enzymes principaux ou voie métabolique

Source principale d’enzymes

Substrat majeur attaqué

 Molécules produites

chymosine

présure

 Caséines : b,  aS1,

polypeptides

pepsine

présure

Caséines : b,  aS1,

peptides

plasmine

lait

Caséines : b,  aS2,

Caseine-gamma

Protéose peptone

polypeptides

Protéases

Extracellulaires

Intracellulaires**

Bactéries lactiques

 

Polypeptides

Peptides

Peptidases

Aminopeptidase

Dipeptidases

Carboxypeptidases***

 

Bacteries lactiques

Polypeptides

Peptides

Peptides et Acides aminés : amer, sucrés, acides

 

Décarboxylases

Microcoques

Enterocoques

Brevibacterium

Acides aminés

Amines biogènes ou non

CO², hydrogène

Aldéhydes ammoniac, CO²

Désaminases

Lactobacilles

Geotrichum candidum

Acides aminés

Aldéhydes

Ammoniac

Acides organiques

Transaminases

Bacteries lactiques

Microcoques

Entérocoques

Acides aminés

Nouveaux acides aminés,

Lyases

Brevibactérium

Pseudomonas

Pénicillium camemberti

Acides aminés

Phénol

Indol

Composés soufrés

 

**actives après lyse des bactéries

*** sauf cher lactocoques


La lipolyse :


La lipolyse : dégradation des lipides par la voie enzymatique


La présence de matières grasse dans les fromages a 3 fonctions essentielles :


1 - sur la texture (sensation de gras, de moelleux) et stabilisation des phases du fromage par les monoglycerides (issus de la dégradation des triglycérides) excellents émulsifiants

2 - .permettre de générer des arômes

3 - fixer les arômes qui sont en général des composés aux propriétés hydrophobes, ils ont donc beaucoup d’affinité pour les matières grasses elles aussi hydrophobes.


Les composé les plus important comme composés d’arômes sont les acides gras, directement sapides de C4 à C12 ou comme précurseurs de C14 à C18, après dégradation oxydation entre autre. Leur seuil de détection olfactif est élevé, mais les niveaux d’acides gras libérés par la lipolyse peuvent être très élevés. Ils sont aussi à l’origine de défaut d’arôme : rance, savon. L’arôme typique du fromage de chèvre est du à un acides gras ramifié le 4-éthyl-octanoïque avec un seuil de perception de 1,7 ppm. Comme il s’agit d’acides, les pH bas vont favoriser l’expression de leur impact olfactif. L’action du pH est bien perceptible dans les fromages de chèvre de type lactique ou l’arôme chèvre ressort nettement contrairement à la Tomme de chèvre de type PPNC à pH plus élevé et moins acidifié.


Les acides gras peuvent s’oxyder soit à l’extrémité carboxyle par bêta oxydation en général, soit au milieu de la chaîne pour les acides gars  mono et poly insaturés.


L’oxydation à l’extrémité de la chaîne lorsqu’elle est incomplète, et c’est souvent le cas pour les acides gras de C6 à C12 peut conduire  à la production de méthyl cétones. Ces molécules participent toujours à la note aromatique des fromages, mais dans certains fromages cela devient un marqueur aromatique dominant. C’est le cas des fromages bleus dans lesquels Pénicillium roqueforti est le principal pourvoyeur d’enzymes de ce catabolisme. Des quantités élevées de méthyl cétone peuvent produits dans ce type de fromages, jusqu’à 20 mg/kg.


L’oxydation intra chaîne des acides gras conduit à des composés saturés tel que des aldéhydes et des cétones à nombre pair de carbone ou à des composés insaturés  tel que des cétones ou des alcools insaturés. Certains de ces composés présentent des seuils très bas et être à l’origine de défauts tels que des arômes de carton ou des arômes métalliques. Dans certains fromages ces composés sont recherchés, l’octéne-1-ol-3, à l’exemple des pâtes molles à croûte fleurie.


L’hydrolyse (transformation) des triglycérides. Les lipases sont des estérases qui catalysent l'hydrolyse des triglycérides au niveau des liaisons entre les acides gras et le glycérol. Il en résulte la formation d’acides gras libres et différents glycérides, mono, ou diglycérides et du glycérol si l’hydrolyse est complète. Exemple odeur de rance, arôme de chèvre (4-methyl-octanoïque).


Tout endommagement de la membrane des globules gras exposera les triglycérides à l’attaque des lipases, exemple : l’arôme butyrique du beurre provient de la production d’acide butyrique C4:0 lors du barattage.


La lipolyse dans les fromages est surtout le fait de la LPL naturelle du lait,  des lipases microbiennes de pseudomonas, des geotrichum et des moisissures.


T.3, Hydrolyse  la matière grasse du lait pendant l’affinage

Enzymes principaux ou voie métabolique

 

Source principale d’enzymes

Substrat majeur attaqué

Molécules produites

Lipases

Lait

Moisissures

Pseudomonas

Geotrichum

triglycérides

Acides gars

Triglycérides partiels

Estérases

Pseudomonas

Levures

microcoques

Acides gras

Composés fruités

Esters, acétate d’éthyle

Enzyme par béta-oxydation

P.camemberti

P.roqueforti

Acides gras

Méthylcétone

Alcool secondaire


En conclusion
 : la biodiversité des enzymes du lait cru et celle des micro-organismes sont à l’origine de la typicité aromatique des fromages.


Le rôle de l’alimentation des vaches, brebis et des chèvres dans la qualité sensorielle des fromages et repoussé au second plan, face à cette biochimie des arômes, du principalement au monde microbien.


Mais il faut nuancer ce propos par la catégorie à la quelle appartienne les fromages :


En pâte pressée non cuite (demi-ferme), patte pressée cuite, le rôle de l’alimentation des ruminants est plus élevé, alors  qu’en pâtes molles et lactiques, les enzymes microbiens jouent le rôle majeur dans la formation des arômes. Il faut considérer le rôle de l’alimentation, plus comme un rôle de précurseur que dans un rôle directement aromatique.


Le nombre d’étude consacré à ce sujet est faible au regard des concluions pratiques que l’on pourrait en tirer : Toutes les vaches ne pourraient pas monter en alpage, les cultures d ‘espèces végétales est un facteur limitant, il n’ay pas d’herbe verte toute l’année. Ces arguments tiennent plus à une argumentation marchande qu’à une réelle application pratique.


Il est plus facile de tenir des discours sur les liens entre alimentation et goût des fromages que d’essayer de comprendre la complexité biochimique de l’affinage.

 

Exemples de descripteurs aromatiques et molécules

L’odeur, l’arôme de chèvre

4-éthyl-octanoïque

Acide gras ramifié C8 :0

n-octanoïque (caprylique)

poids moléculaire 144,2

point de fusion +16,5 °C

existe à l’état libre dans le lait (variabilité animale)

libéré par lipolyse enzymatique par Geotrichum candidium essentiellement, amis aussi Yarrowia lipolytica

les pH bas vont favoriser son expression aromatique

L’odeur de champignon : parfois nommé octotenol 1-3. Alcool insaturé à 8 atomes de carbone qui à la saveur du champignon. Métabolisé par Pénicillium caseoculum, il provient de la transformation de l’acide linoléique


Paul Le Mens
Ingénieur en  Science des Aliments
Ingénieur de technologie du lait et des fromages
Spécialiste de l’analyse sensorielle des aliments
plmvtfr@yahoo.fr


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le 08.09.08 à 09:00 dans Sciences - Version imprimable
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Commentaires

Intéressant mais infiniment complexe, sans doute trop technique... Un exemple entre le camembert pasteurisé et celui au lait cru aurait été le bienvenu. Quelle est la part du goût dévolu au lait cru (arômes primaires comme pour le vin?) et lié à l'affinage ? Mais peut on seulement l'évaluer...

Tiuscha - 08.09.08 à 14:41 - # - Répondre -

Génial pour un exposé sur les microorganismes dans les fromages!

Thanx!

Remsou - 28.05.09 à 22:38 - # - Répondre -

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