La cuisine des cimes, quand l’art de grignoter atteint des sommets !
Fureur des Vivres n° 8,août 2008, les hauts et les bas de la cuisine des vacances
En randonnée, le postulat de base est de voyager léger, pas question de déménager sa cuisine sur le dos. Les ustensiles comme les ingrédients doivent être sélectionnés pour peser le moins possible, tout en répondant à d’évidents critères diététiques.La cuisine des cimes, quand l’art de grignoter atteint des sommets !
L’alimentation qui marche…
La randonnée est d’abord une histoire d’endurance. Ce sont surtout les céréales et les féculents, légumes secs ou pommes de terre qui apportent ces « sucres lents » qui vont distiller à l’organisme ce dont il a besoin, de même que les fruits secs et frais. L’exercice en aérobie (avec utilisation d’oxygène) nécessite du glucose et du glycogène stocké dans les tissus. Il faut donc bien se nourrir avant le départ pour les sommets ! Les glucides devraient composer 65% de l’alimentation (20 à 25 % de lipides, le reste pour les protéines). A noter qu’en réalité c’est l’index glycémique qui compte… (source, clic)
Effectuer un effort continu de plusieurs heures, lutter contre la fatigue, résister au froid, éviter les fringales… l’alimentation doit répondre à ces impératifs par une grande richesse nutritionnelle. Des repas équilibrés et variés s’établiront selon que la randonnée s’effectue sans halte de « recharge », avec un bivouac obligatoire, ou selon que le repas est pris en refuge par exemple. Et pour tenir la distance, il est conseillé de grignoter (une fois n’est pas coutume) des fruits secs, à coque, barres céréalières et autres produits énergétiques !
En soutien de l’alimentation riche en sucres du randonneur, l’hydratation est le point crucial : on doit boire souvent de petites gorgées, non glacées, et boire un peu plus lors des haltes. Les soupes et boissons chaudes sont à privilégier le soir, avec une nourriture plus riche, afin de faire le plein de minéraux de glucides, tout en prévenant la déshydratation nocturne…
NB : réduire les produits carnés, surtout la viande rouge, pour ne pas charger les reins dans la gestion des déchets alimentaires…
Le déshydraté est le meilleur ami du randonneur !
Déshydraté (on enlève l’eau contenu dans les aliments par la chaleur) ou lyophilisé (on l’enlève par le froid), l’ingrédient est moins lourd. Il suffit de trouver une source d’eau à proximité (rivière, fontaine, voire eau de fonte si l’on se trouve en altitude) et de se doter d’un bon réchaud (taille mini, avec des recharges de gaz).
Riz, nouilles, semoule, flocons de pomme de terre et soupe en sachet sont ainsi les compagnons de voyage favoris pour un long périple, sans parler du lait concentré ou en poudre, du café lyophilisé et autres sachets de thé ou d’infusion. Les fruits et légumes secs, les grignotages céréaliers, les biscottes plutôt que le pain ; saucisson, viande et poisson séchés permettent de tenir le coup entre deux vrais ravitaillements chez des producteurs locaux et des paysans qui pourront fournir des fruits et légumes frais, éventuellement des œufs (l’œuf dur est idéal pour la randonnée, ne se casse pas, est protégé par sa coquille, que des avantages !), du fromage (bonnes protéines qui aident à se protéger contre le froid) voire de la viande, à titre exceptionnel et festif !
Il existe aussi une série de plats préparés lyophilisés, spécifiquement conçus pour la randonnée : poulet basquaise, lapin chasseur, porc au caramel, colombo, paëlla, petit salé aux lentilles et même cassoulet ! Une alimentation assez surréaliste, la même que celle des navigateurs et des cosmonautes… Mais ce sont malgré tout de vrais plats comparés aux préparations énergétiques, solides ou liquides, voire semi-liquides puisqu’il existe des gels enrichis (hyper-glucidiques, voire à la caféine) ! Ces produits là sont des compléments nutritionnels créés pour les sportifs qui aident l’organisme lors d’un effort prolongé. Ils concernent autant les randonneurs au long cours que nos athlètes olympiques ! Il existe même des kits alimentaires de survie avec un encombrement minimal.
Entre praticité et qualité nutritionnelle, quel plaisir ?
Evidemment, la cuisine est souvent limitée à sa portion congrue : ajouter de l’eau à des flocons de pomme de terre n’a jamais été de la vrais cuisine revendiquée (ou alors par des restaurateurs-escrocs, et il y en a !). Grignoter n’est pas non plus le meilleur comportement alimentaire qui soit en temps normal…
Fort heureusement, une nourriture plus recherchée peut se prévoir dans les gîtes ou les tables d’hôte croisés sur les GR… En s’éloignant des routes balisées, on trouve aussi des refuges de montagne aménagés, où il sera plus facile de cuisiner.
Randonnée et gastronomie ne sont pas forcément incompatibles même si le plaisir du sport et de la nature priment sur celui de la table… On peut améliorer l’ordinaire du marcheur et se préparer des mueslis « maison », se délecter d’omelette aux champignons sauvages en saison (si on connaît les champignons bien sûr !), confectionner des sandwiches inventifs et délicieux, qui changent, préparer l’aligot avec des produits fraîchement achetés, ou des repas savoureux à base de produits cuits sous la braise. Des choses simples et nutritives mais quand les produits de base sont bons, tout est bon ! Et pour se donner des idées, un livre est paru sur le sujet : Bien se nourrir en randonnée : menus et recettes au fil des saisons de José et Michèle Laplane (chez Rando éditions - collection Rando pratique).
Les randonnées en moyenne et haute montagne sont également l’occasion de visiter des fromageries d’alpage ou des distilleries de plantes sauvages… Il existe même des séjours randonnée-cuisine bio et végétarienne, ou randonnée et cuisine régionale, avec des cours de cuisine… Voire des tour-opérateurs ou organisateurs de séjour qui vous apportent le soir un vrai dîner (comme certains proposent des randonnées sans bagage) ! C’est notamment le cas à l’étranger, les bivouacs marocains offrent parfois une véritable et délicieuse restauration.
Les thèmes randonnée/gastronomie se multiplient, prouvant que l’on peut être sportif, amoureux de la nature et gastronome tout à la fois !
Tiuscha
Sources : le site de la Fédération française de la montagne et de l’escalade (http://www.ffme.fr) et les pages « alimentation » des catalogues de la boutique Au vieux campeur.
Sources : le site de la Fédération française de la montagne et de l’escalade (http://www.ffme.fr) et les pages « alimentation » des catalogues de la boutique Au vieux campeur.
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le 20.08.08 à 09:00
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Commentaires
Chouette, une adepte du crapahutage !
Merci Tiuscha de rappeler à ceux qui en douteraient encore (et rechigneraient à chausser leurs godillots sous ce prétexte fallacieux) qu'on peut régaler ses papilles à l'issue d'une séance de grimpette, aussi transpireuse et exténuante puisse-t-elle être... voire, le plaisir peut en être doublement réjouissant ! Se requinquer ainsi, les yeux plongés dans des paysages somptueux à perte de vue sur 360 degrés, y'a pas mieux !
Il m'est même déjà arrivé de déboucher une bonne bouteille au sommet (sans les verres à pied, faut pas exagérer), pour accompagner un grignotage salé/sucré plus qu'honnête, il suffit là encore de ne pas se louper sur le circuit de distribution adopté en amont (... et de ne pas abuser des bonnes choses, il s'agit quand même de garder ses moyens pour assurer la redescente !).
Puissent ces précieuses informations faire éclore de nouvelles vocations loin des a priori dans lesquels il est si facile de se laisser empêtrer !
Lolotte - 20.08.08 à 12:20 - # - Répondre -
Sauf si tu passes la nuit là haut et qu'il fait froid, alors, l'alcool est le bienvenu !
Tiuscha - 20.08.08 à 18:26 - # - Répondre -
je marche pendant mes vacances souvent à l'étranger. Fruits secs, barres énergétiques et pour les repas de midi selon les pays, fromage, pain, tomates, fruits, rarement des prises de tête car nous avons toujours fait des randonnées dans des endroits où il était facile le soir de manger chez l'habitant, dans des fermes. Souvent ce sont les liquides qui sont les plus lourds car impossible de se passer d'eau. Sympa cet article.
marie - 23.08.08 à 15:22 - # - Répondre -
Je me souviens d'un pique-nique au sommet du pic du Midi d'Ossau avec bouteilles de sauternes et terrines de doie gras sous l'oeil ahuri de notre guide quiavait recommandé des sacs légers...
Ségolène - 24.08.08 à 11:49 - # - Répondre -
la rando gastro
Aprés 7 ou 8 heures de marche, tout est bon ! En rando itinérante (tout sur le dos, donc le plus léger possible) mon chéri nous fait ses spécialités : pâtes au pâté, avec variantes : riz au pâté ou purée au pâté ! Quand le pâté est bon, ça succule beaucoup. Dernier en date, la terrine du Gerbier de jonc dans de la mousseline, cuite au feu de bois sur les monts du Forez.....inoubliable.
moliette - 26.08.08 à 13:55 - # - Répondre -
le tradi...
...tionnel jambon beurre !
attention, je marche peu donc pas de conseil de pro a donner à ceux qui ont pour plaisir le vrai dépassement de soi avec sueur, exploit, douleur et avalanche
moi, c'est plutot jambon beurre avec un pain au levain, qui craque, avec une mie à la limite du collant, froide et surtout une eau de torrent, glacée, minérale : pas de vin, pas d'autre chose qu'une espece de "reset" du cerveau, du ventre, des yeux et des naseaux remplis d'odeur de marmottes
bon, comme d'hab j'ai disgressé, désolé pour le trollisme aïgu ;o)
sborgnanera - 26.08.08 à 15:15 - # - Répondre -