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Fureur des Vivres

La pêche à la fête (et réciproquement)

Fureur des Vivres n° 18, juin 2009, les poissons de lacs et de rivières

Chaque année, alors que le mois de mai printanier s’incline modestement devant juin l’estival, où que vous soyez en notre douce France, munis de l’équipement le plus sophistiqué, ou plus simplement armés d’un cocktail détonnant [hameçon improvisé + enthousiasme débridé], vous aurez tout loisir d’approcher les stars et les p’tits bleus du toc, de la mouche, des moulinets et autres leurres carnassiers. Et qui sait, peut-être également de vous découvrir une passion insoupçonnée ?

Voici deux ou trois tuyaux qui vous permettront peut-être de mieux appréhender l’agitation frénétique qui ne manquera pas de régner en ces journées festives…(Pour plus d’infos : clic)

 
La pêche à la fête (et réciproquement)
 

S’il est un monde mystérieux pour la néophyte qui sommeille en moi, c’est bien celui de la pêche. Hormis une vague tentative de séduction en des temps fort reculés de la part d’un adolescent boutonneux empêtré dans ses lignes et cramoisi d’émotion, et plus récemment une course poursuite dans les eaux claires d’une rivière bergeracoise (à la clé, deux adorables truites frétillantes, tronçonnées in fine pour satisfaire huit goulus outrageusement fiers de leur pêche miraculeuse), il faut bien admettre que mes connaissances en la matière frôlent le zéro absolu.

 

Procédons donc à un premier dégrossissement…

 

Techniques de pêche, le B.A.-BA

Source : http://www.encyclopeche.com
 

Premier constat, les écoles sont nombreuses (sans pour autant que l’on ait jamais pu mesurer officiellement le degré de pacifisme au sein de cette grande famille - mais entre adeptes de l’harmonieuse zénitude de Dame Nature, tous les espoirs devraient raisonnablement être permis…) :

 
 
 
Second constat, les matériels le sont tout autant :
 
 
 
Quid des moulinets ?
 
 
 

Ne pas oublier que « comme pour votre canne, le choix du moulinet est fonction de la pêche pratiquée et du poisson recherché. En dehors du type de moulinet, d'autres caractéristiques seront à prendre en compte. Le fait qu'il soit débrayable ou pas, à frein avant ou arrière, d'une contenance plus ou moins importante pour ce qui est de sa bobine, d'une vitesse de récupération plus ou moins rapide, doit vous inciter à vous poser la question de savoir quand et comment utiliser tel ou tel moulinet […] En résumé, tenez compte de la technique de pêche que vous pratiquez et du poisson que vous recherchez, sans oublier votre confort d'utilisation, car vous aurez là encore le choix entre de très nombreux modèles, plus ou moins équilibrés et maniables. […] Un avis extérieur n'est pas superflu et il y aura bien ici ou là quelqu'un qui puisse vous aider à faire le bon choix. »

 

Après la canne et le moulinet survient l’épineuse question de la ligne…

 
 
 

… pour finir en apothéose avec le leurre, qu’il conviendra de choisir judicieusement car, ne l’oublions pas, l’objectif est bel et bien de berner pertinemment la poiscaille !

 
 
 

Voilà pour cette première approche généraliste, dont vous aurez tout loisir de retrouver l’ensemble des détails sur le site référencé ci-dessus.

 
Voyage en eaux douces
(Source : http://www.portail-peche.com)
 

Pas moins de vingt et un mille espèces de poissons peuplent les 75% de surface aqueuse du globe, que ces eaux soient salées (à hauteur de 97%) ou douces ; je vous laisse calculer ce que peut représenter sur les 75% de l’ensemble le tout petit 0,01% de cette ultime portion congrue dédiée aux fleuves, rivières et lacs (0,000225%, farpaitement !).

Par ailleurs, on comptabilise 7000 espèces de poissons batifolant en eaux douces : dans cette faune où se côtoient sublimes bestiaux bariolés et monstres préhistoriques, 1% seulement a élu domicile dans l’hexagone.

(Bravo à tous ceux qui auront répondu 70 à cette fastidieuse règle de trois !)

Je m’en vais vous livrer tout de go la liste chantante des principales espèces concernées :

 

- ablette, dont les écailles servaient au XIXème siècle à la confection de rutilants colliers (photo : www.monde-animal.fr),

- anguille,

- barbeau fluviatile (évoluant exclusivement en bandes, en nombre inversement proportionnel à leur taille),

- black-bass
- brème,
- brochet,
 

- carassin - son cousin, introduit par les portugais au XIIème siècle, n’est autre que notre vulgaire… poisson rouge ! (photo : www.vol.be.ch)

- carpe (possibles déclinaisons : carpe miroir, carpe cuir),

- chevaine (plus elle grossit, plus elle s’isole),

 

- corégone (photo : lameduse.org),

- christivomer (ou tigre d’eau douce chez nos amis canadiens),

- gardon,
- goujon,
- hotu,
 

- omble chevalier ((photo : www.lacsdespyrenees.com),

- ombre commun,
- perche,  
- poisson-chat,
 

- rotengle (photo : www.lacharente.com),

- sandre (avec l’âge, ce vieux sage deviendra vite infiniment difficile à tromper),

- silure (barbillons, ligne latérale, oreille interne, peau sensitive… autant d’antennes sensibles qui en font un adversaire redoutablement sur le qui-vive),

 

- tanche, aux multiples vertus cicatrisantes, reconnues depuis le Moyen-âge, à commencer par ses propres congénères (photo : www.lasorgue.com),

- truite arc-en-ciel (pas moins de 7 variétés peuplent son pays d’origine, l’Amérique du Nord),

- truite commune ou fario (la reine des eaux vives),

 

- vairon (photo : www.la-peche.net)

 
Que dit la loi ?
(Source : clic)
 
Deux-trois broutilles à ne pas omettre pour jouir pleinement de la fête…
 

1/ Première étape incontournable, la carte de pêche : grâce à elle, vous vous acquitterez de la taxe piscicole de rigueur, perçue par l’AAPPMA, Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique.

Coût de l’opération : de 18 à 94 euros selon la formule retenue.
Validité : 1 an
 
 

(Source : clic)

 
2/ Secondo, se conformer aux périodes d’ouverture.
 
Un avis annuel préfectoral vous informera région par région.

Cette réglementation a une double motivation : votre sécurité bien entendu, mais également celle des faune et flore aquatiques, dont il importe de protéger le fragile équilibre des écosystèmes).

On peut a minima retenir la règle suivante :

 
 

(Source : clic)

 
3/ Une insomnie ?

Le seul tendre tête à tête que l’on vous concèdera se fera avec dame Carpe, et encore, sous conditions.

La règle à retenir donc : pêche nocturne interdite !

Concrètement, des limites très exactes ont été fixées : une demi-heure avant le lever du soleil pour l’ouverture des hostilités, et une demi-heure après le coucher du soleil pour la clôture de la journée.

En cas de doute, reportez-vous aux horaires de lever et coucher du soleil figurant sur ces bons vieux almanachs de la poste.

 
4/ Nul n’est censé ignorer la loi…

Ne vous avisez pas de l’oublier, il pourrait vous en coûter fort cher !

Ainsi, vérifiez localement que ne vous ait échappé aucune interdiction, notamment de lieu (aux abords d’ouvrages dangereux tels que barrages ou écluses par exemple), de taille minimale de poisson ou de quotas annuels à respecter (afin de pérenniser la reproduction des espèces d’une année sur l’autre), ou encore d’usage de tel ou tel type d’appât, voire de telle ou telle technique de pêche.

Si d’aventure vous vous sentiez d’humeur audacieuse, sachez qu’il pourra vous en coûter jusqu’à 750 euros !

 
Soyez éco-citoyens
Attention, espèces en danger
 

Last but not the least, un petit tour sur le précieux blog de Ségolène vous assurera un comportement responsable. Les espèces de poissons menacées de disparition se multiplient à une vitesse vertigineuse. Anguille, cabillaud/morue, dorade grise, flétan, lingue, merlu, plie, raie, saumon sauvage, thon rouge, turbot sauvage… autant d’espèces que l’on vous demandera de veiller tout particulièrement à ne pas consommer afin de laisser à nos chérubins innocents une toute petite chance de connaître autant de diversité aquatique dans les décennies à venir que celle qu’il nous a été donné d’en goûter.

En cas de doute, retenez :
http://segolene.viabloga.com/news/les-saisons-des-poissons
 

Sachez enfin que, tout comme il existe des guides de montagne qui vous accompagneront pour vous faire découvrir les plaisirs infinis du crapahutage en altitude, il existe de nombreux sites de pêcheurs professionnels offrant leurs services pour vous permettre d’appréhender cette discipline dans toute sa richesse et sa complexité. 

Bonnes prises !
 
 
Laurence
 
 
Bonus 
 
Une adresse : 

Union Nationale pour la Pêche en France 17 Rue Bergère 75009 Paris

Tél. 01 48 24 96 00 - Fax. 01 48 01 00 65
Mail : union.peche@unpf.fr
 
Un glossaire :
(Source : www.abc­peche.com)

A
alevin
: désigne un jeune poisson ; les alevins nés au printemps atteignent à l'automne une taille de 4 à 5 cm, ils deviennent alors d'excellentes proies pour tous les carnassiers car ils sont très abondants.
aiguille à locher : une forte aiguille à repriser et à chas ouvert, spécialement mise au point pour fixer sur l'hameçon un poisson mort ou vif, un ver ou toute une autre esche ou appât.
amorce : préparation à base de farines lancée dans l'eau pour regrouper les poissons à l'endroit choisi par le pêcheur

B
backing : nylon de fort diamètre enroulé sur la bobine du moulinet avant d'être fixé à l'extrémité de la soie ; sert comme réserve de fil lors du combat.
bolognaise : technique demandant l'emploi d'une longue canne 5, 6 m et plus, télescopique, à anneaux, prévue pour recevoir un moulinet. La ligne identique à celle classique de pêche au coup est conduite canne haute, bannière extraite du courant. Idéale pour la pêche de gros poissons, loin du bord, en rivière.
bouillettes : traduction de l'anglais " boilies " qui désignent des boulettes riches en protéines, cuites à l'eau et destinées à la pêche de la carpe.

C
chironomidés : moustiques inoffensifs d'une taille de 2 à 12 mm ; à leur stade larvaire aquatique appelés " vers de vase ", ils représentent une partie importante de l'alimentation des poissons.
CDC : cul de canard, plumes prélevées sur le croupion de canard qui ont la particu larité de flotter
parfaitement grâce à l'imperméabilisation naturelle obtenue par les sécrétions de ses glandes anales.
caster : ou chrysalide est un stade intermédiaire entre l'asticot et la mouche ; très efficace pour les gros poissons de fond, aussi bien esché à l'hameçon qu'incorporé dans l'amorce
chènevis : graine, fruit du chanvre, très parfumée et très grasse ; entre dans la composition de nombreuses
amorces

D
damier : le plus gros des asticots, sert uniquement pour escher un hameçon et pêcher tous les gros cyprins
downstream : mot d'origine anglaise désignant la pêche aval, en descendant la rivière.

E
éphémères : insectes de la famille des Ephémeroptères ; se rencontrent dans toutes les rivières courantes, oxygénées et exemptes de pollution; leur nom indique la brièveté de leur vie : après deux ou trois ans de vie larvaire, ils vivent seulement quelques heures avant de pondre et mourir.

F
fifise : le plus petit des asticots, de couleur rouge et à corps allongé ; particulièrement résistant il permet plusieurs prises sans devoir être changé ; très efficace pour la pêche de petits poissons.

G
grégaire : se dit d'espèces vivant en groupes telles que l'ablette, la perche, le gardon, la brème…
gobage : remous provoqué par un poisson lorsqu'il se saisit d'un insecte en surface
gozzer : le plus répandu des asticots, à peau fine et tendre ; s'emploie pour l'eschage et pour l'amorçage ; sélectionne les gros poissons, ils peuvent être accrochés à plusieurs sur le même hameçon.

I
insectes émergeants : phase de transformation dans laquelle les insectes parviennent juste sous la surface de l'eau, dit dans la pellicule, et se débarrassent de leurs exuvies, leurs ailes demeurant encore collées.

L
leurres souples figuratifs : imitent parfaitement une proie habituelle des carnassiers, écrevisse, poissonnet...
leurres à bon aspect visuel : ou leurres figuratifs, imitent parfaitement une proie habituelle des carnassiers, poissons nageurs, leurres souples imitant un poissonnet, une grenouille... ; existent également des leurres non­-figuratifs qui n'imitent aucune proie mais dont l'attrait repose sur de fortes vibrations qu'ils produisent dans l'eau, cuillers...

M
mix : produit de base pour fabriquer des bouillettes, il s'agit de farine de teneur plus ou moins forte en protéines que l'on peut préparer soi­même ou acquérir dans le commerce prête à l'emploi.
montage Stewart : montage faisant appel à deux hameçons, un simple à l'avant piqué dans les lèvres du poisson appât et un triple piqué au niveau de la nageoire dorsale.
montage articulé : montage dont la plombée, placée en tête et fixée sur une agrafe, permet une gamme d'animations très étendue.
mort manié : technique de pêche qui consiste à manier un petit poisson mort, installé sur une monture métallique, plombée et équipée d'hameçons.

P
pater­noster : montage au vif utilisé pour maintenir stable l'appât entre deux eaux au cœur d'un courant fort ou d'un poste très encombré.
pêche au toc : technique mise au point pour la pêche de la truite qui consiste à présenter un appât naturel vivant comme s'il dérivait entraîné par le courant ; le pêcheur ressent l'attaque par une secousse entre les doigts, un toc.
plomb sabot : plomb qui de par sa forme à angle droit soulève du fond des particules faisant croire au sandre qu'il s'agit d'un poissonnet en train de se nourrir.
première catégorie : les eaux où la truite est dominante.
postés marqués : se dit pour les postes visibles de l'extérieur où les carnassiers se mettent à l'affût ; il s'agit le plus souvent des arbres immergés, racines, berges creuses, éboulis rocheux, amas de pierres…
pêche au toc : technique mise au point pour la pêche de la truite qui consiste à présenter un appât naturel vivant comme s'il dérivait entraîné par le courant.
pêche à la tirette : technique sportive mise au point pour la pêche du sandre, consistant à déplacer un appât, vivant ou mort, sur le fond en réalisant des tirées de plus ou moins grande amplitude, enchaînées à des phases d'arrêt plus ou moins longues.
phryganes : ou trichoptères, insectes aquatiques qui pendant leur vie larvaire construisent un fourreau protecteur avec des matériaux divers ; arériens ils sont imités par les mouches appelées sedges.

Q
queue de rat : bas de ligne prêt à l'emploi réalisé en nylon d'un diamètre dégressif qui prend place entre la soie et la pointe portant la mouche.

R
rappel : type d'amorçage qui consiste à lancer une petite boule d'amorce au même endroit et au même rythme tout au long de la partie de pêche.

S
salmonidés : famille de poissons d'eau douce ou migrateurs au corps fusiforme et couvert d'écailles lisses ; se reconnaissent par une petite nageoire adipeuse en arrière de la dorsale.
seconde catégorie : les eaux peuplées de poissons blancs où la truite n'est pas dominante.
sweetner : mot d'origine anglaise désignant un produit sucré ; s'utilise dans la confection des bouillettes.
sedge : nom donné à une mouche artificielle imitant un insecte de la famille des trichoptères

T
tête plombée : hameçon simple équipé d'un plomb dont le poids varie de 2 à 20 g ; existe en différentes tailles et différentes longueurs de tige.
texan : montage spécialement conçu pour les zones d'herbiers dont la plombée est située sous le corps et la pointe de l'hameçon emprisonnée dans le leurre.

U
upstream : mot d'origine anglaise désignant la pêche amont, en remontant la rivière.

W
wading : marcher dans l'eau ; dans certaines rivières cette pratique est interdite pour raison de sécurité ou pour protéger les frayères


  

mots clés : Technorati, Technorati, Technorati

le 12.06.09 à 09:00 dans Reportages - Version imprimable
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Commentaires

Sacré pense-bête pour les apprentis pêcheurs...

Tiuscha - 12.06.09 à 14:30 - # - Répondre -

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