S'identifier - S'inscrire - Contact

Fureur des Vivres

Le Noël d’un locavore…

Fureur des Vivres n° 12, décembre 2008, furieusement fête

Petit rappel pour ceux qui vivent en ermite, le locavorisme est un concept qui consiste à manger des aliments exclusivement produits localement : doctrine importée des Etats-Unis, il peut être transposé au département voire étendu aux départements limitrophes…
 

Le Noël d’un locavore…
 
On limite souvent ses approvisionnements à 200 km autour de chez soi (là-bas, mais ici ?). L’objectif est écologique et éthique. C’est surtout une question de bon sens et de rationalisation, c’est aussi la façon coutumière de se nourrir, et que l’on a perdu de vue, urbanisation et mondialisation obligent…
 
Que sera donc le Noël d’un locavore en France ?
 
Les légumes de saison se trouvent dans toutes les fermes environnantes. On ira donc chercher les cardes d’Estèbe, les carottes, poireaux, pommes de terre et carottes, tous les choux chez le paysan d’à côté. Evidemment, en toute logique, ni petits pois, ni asperges, ni tomates, sauf à imaginer qu’il s’agit d’une production locale estivale, surgelée par vos soins !
 
La volaille fermière et le gibier sont deux denrées assez courantes en France.
 
Le foie gras se consommera bel et bien dans le Sud-Ouest qui fourmille d’élevages de palmipèdes mais également dans l’Ouest, en Alsace, et, en définitive, un peu partout puisque l’on gave les canards dans beaucoup de régions. Il en va de même pour les fermes hélicoles que l’on peut trouver à travers tout l’hexagone et qui pourvoiront en escargots les amateurs de beurre persillé.
 
On dénichera aussi localement assez aisément dinde et chapon, l’oie se faisant plus rare… En Provence, la pintade se porte bien, et la poularde dans la Bresse ! On les accompagnera de champignons, le plus noble d’entre tous, la truffe, s’achetant cependant essentiellement en terre périgourdine ou provençale, même si le « Diamant Noir » conquiert d’autres terroirs…
Quant au gibier, on le déguste partout où l’on court le sanglier, le perdreau ou le lièvre, et où l’on mène une vie de chasseurs dans les forêts et les champs…
 
En revanche pas de saumon fumé (sauf celui de l’Adour, une rareté…), ni de poisson sauvage, ni de caviar, sauf en Aquitaine bien entendu ! Pas d’huîtres, sauf sur le littoral ou en bordure des étangs de Méditerranée qui en produisent. La question du poisson et des crustacés est limitée aux chanceux qui vivent à proximité et qui bénéficient des ressources marines autant que des bienfaits de la terre ! C’est probablement ainsi que raisonnaient nos ancêtres : pourvoir aux besoins en ayant à proximité un point d’eau, une rivière ou un bras de mer, ainsi que des pâturages pour l’élevage du bétail et le potager qui nourrit la famille, le clan, le village…
 
Il faudra malheureusement également oublier le Mont d’Or hors de la Franche-Comté, le Camembert sorti de Normandie et le Roquefort au-delà de l’Auvergne. Il faudra miser sur les fromages locaux, enrichi des fruits secs qui s’y trouvent : noix en Savoie et amandes en Provence par exemple…

Quant aux vins, là encore, il vaut mieux être dans une région vinicole ! Et tant pis pour les fines bulles pour les non Champenois, il restera toujours les alcools, digestifs et pousse-café locaux !
 
Retour sur les gourmandises locales et de terroir comme la pâte de coing, les mendiants des 13 desserts provençaux, et la pompe à l’huile, fabriquée par vos mains à base de farine et d’huile issue de moulins locaux. Reste le sucre… Le locavorisme accepte quelques entorses qui n’autorisent cependant pas à se précipiter sur les litchis asiatiques ou les merveilleux ananas Victoria de La Réunion. Exit les fruits exotiques, vive les fruits de saison et de pays !

Seul point noir de taille : le locavore pur et dur refusera-t-il de savourer un chocolat élaboré avec des fèves vénézueliennes, accompagné d’un café grand cru indonésien ou jamaïcain ?

Personnellement, je ne saurais faire un tel sacrifice, manger local oui, cuisiner le terroir certes, mais se refuser les plaisirs conquis au fil des siècles, abdiquer les voluptés d’un grand chocolat produit à des milliers de kilomètres, impossible !

Tiuscha

mots clés : Technorati, Technorati

le 23.12.08 à 09:00 dans Courant de pensée - Version imprimable
- Commenter -

Commentaires

Côté branchies, on peut aussi farfouiller dans les eaux lacustres. La plupart des pêcheurs lémaniques fument ainsi leur féra, ce qui constitue une entrée de festouille voluptueuse. 

Estèbe - 23.12.08 à 09:20 - # - Répondre -

hum, j'ai tout faux. Chez moi, ce serait plutot home-made-vore, mais comme le saumon, les huitres, le chocolat et la vigne ne poussent pas dans le Vexin, j'etais un peu coincee.

Bonnes fetes quand meme.

Gracianne - 23.12.08 à 12:36 - # - Répondre -

le poitou charentes, n'est pas mal pour trouver un peu de tout ( sauf du chocolat et des ananas ), je suis végé , mais il y a même des élevages d'autruches et de kangourous ...........pour les autres.

mamapasta - 23.12.08 à 13:59 - # - Répondre -

Mais...

... si on mange du chocolat de chez Valrhôna, l'entreprise se trouvant à 100 kilomètres de chez moi, ça marche quand même ???

Patricia - 23.12.08 à 17:58 - # - Répondre -

Re: Mais...

Ben non, le chocolat n'est pas produit en France...

Tiuscha - 27.12.08 à 11:26 - # - Répondre -

Commenter l'article

L'ours en fureur

Qui sommes-nous ?

Inscription à la newsletter

Inscription désinscription

L'intégrale de la prose des furieux

Parcourir la liste complète

Au menu de la Fureur

Référencé sur Viadeo

Blog Appétit

blog appetit
blog-appetit.com