Le pinard déchaîné, virgule d'humeur # 2
Fureur des Vivres n°2, février 2008, potages, soupes et veloutés
«Mois de la soupe» sur Fureur des Vivres !
«Moi, de la soupe ?» Merci bien, je ne courre pas après.
Puisque les bords de l’écuelle sont mornes, laissons filer février.
«Moi, de la soupe ?» Merci bien, je ne courre pas après.
Puisque les bords de l’écuelle sont mornes, laissons filer février.
Le pinard déchaîné, virgule d'humeur # 2
A table !
Du coup, rendez-vous le 1er mars, avec Saint-Aubin, c’est calendaire et papal, il sera bien temps de fêter le fort pouvoir réhydratant de ce cru bourguignon. Tout occupé à maudire les années bissextiles et cette torture longue de 29 jours, je slalome donc pour éviter soigneusement de croiser le verre avec ces discourtois potages qui me rappellent le boulot.
Je m’explique :
Pour un article «champagne» en préparation, une bouteille manque à l’appel. Je téléphone pour savoir si le flacon musarde ou s’il s’est perdu dans les tuyaux de la poste.

La dame, responsable «communication» d’une grande marque :
«Ah ? Vous avez besoin de la bouteille pour faire votre commentaire de dégustation ? Je peux très bien vous envoyer notre commentaire tout fait, nombre de journalistes s’en satisfont.»
Servir la soupe, voilà donc comment d’aucuns envisagent le travail du porte-plume. Progrès suprême, on nous la propose «prête à l’emploi». Lyophilisée.
"L'abus d'alcool est dangereux pour la santé"
Cela dit, ne nous plaignons pas, d’autres ont trouvé des raccourcis moins diplomatiques. Les bonnes œuvres de «l’Association Nationale pour la Prévention de l'Alcoolisme et des Addictions» par exemple.
En faisant condamner le quotidien «Le Parisien» avec les attendus suivants : "Toute communication en faveur d'une boisson alcoolisée, telle qu'une série d'articles en faveur du Champagne, constitue de la publicité et tombe donc sous le coup du code de la santé publique".
Le mot «faveur» n’est pas anodin, cruel même, et vient nous rappeler qu’en matière de presse, c’est souvent la pub qui tient le stylo.
Sans cracher dans la soupe, il n’y a rien de réjouissant à entendre l’assimilation par la justice (!) du journaliste à un homme-sandwich.
Si Saint-Aubin nous prête vie, suite dans un prochain numéro.

Les plus courtes sont les meilleures
Alors qu’à Marseille se profile le 4è «Colloque national des grands chefs», abritant un prometteur colloque «le vin au restaurant» (Patrice Marty - 04 93 49 02 56 - star-com@orange.fr), deux visions de la sommellerie s’imposent à nous.
Après la machine à carte qui distribue les crus (et les coups, façon puching-ball de fête foraine ?), voici le sommelier qui obéit au doigt et à l’œil. Traduction : à New-York, Alain Ducasse épaule son sommelier d’un doigt interactif. Celui du client. Un toucher sur le bar et, je cite, «l’origine, le cépage, l’appellation du vin» apparaissent. C’est un peu court jeune homme : en reposant le verre sur le bar, «un éclairage spécial illumine le verre». Ce que ne dit pas le «communiqué de presse», c’est que vous changez de couleur en fonction du vin que vous ingurgitez.
Puisque le vin nous remue la fibre intime, je suis bien décidé à user jusqu’à la corde la veine familiale : après les recettes de ma femme, voilà l’expérience de ma sœur.
Dans un restaurant, côté coulisses, elle a avalé ses lunettes : le vin est trop froid ? Au micro-ondes ! On l’a oublié dans la machine, il est trop chaud ? Au congélateur !
A la vôtre. Nous ne sommes pas à New-York, il s’agit du «vin au restaurant». En France.

Mille-feuilles
Vous en avez soupé ? Respirez, il y a une vie après le potage et la chute d’organes :
«La cuisine molle pour édentés», génial opuscule, forcément belge.
Vous y trouverez du mou, et, moins drôle, une soupe.
«La Cuisine molle pour édentés»
de Michel Dehoux et Jean-Pierre Jacquemin
Les Carnets du Dessert de Lune, 81 pages.

Et parce que c’est gratuit, le travail de «Jean-Paul Rocher, éditeur», pour l’ensemble de son œuvre.
Dominique Hutin
mots clés : Dominique
, humour et humeur 
le 27.02.08 à 09:00
dans Vin
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