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Fureur des Vivres

Mara, l’omnipotente

Fureur des Vivres n° 7, juillet 2008, les fruits rouges

La mara des bois, The fraise dans le vent, fait de l’ombre à toutes ses cousines. Et ça nous agace.

 





Mara, l’omnipotente


 
Il y a une réalité fruitière que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. L’illustre et inévitable mara des bois n’a pas toujours été là. Ben non. Il s’agit d’une variété récente, une quinzaine d’années à peine, mise au point en France. Et en trois petits lustres, cette baie à la saveur très proche de la fraise des bois s’est vu consacrée d’abord par les producteurs, puis par les consommateurs. Au point de faire de l’ombre à toutes ses consœurs. C’est la mara qui cache la forêt (de fraisiers), un peu à la manière de la golden avec les pommes dans les années 80. Souvenir douloureux s’il en est.

 
Pourquoi cette omnipotence? «C’est une variété remontante», explique Jean-Jacques Chollet, producteur de baies genevois. «C’est-à-dire qu’elle donne une première fois au printemps. Avant de refleurir et de redonner en été, puis jusqu’aux premières gelées. En outre, elle résiste bien aux maladies.» Productive et résistante: carton plein.
 
Une chose de sûre, la mara commence à nous les briser un brin. Non pas qu’elle soit gustativement désagréable, même si elle se délave et s’avachit vite. Mais vu qu’il existe plus de 600 variétés de fraises, dont certaines aux saveurs scotchantes, on aimerait bien pouvoir croquer dans les copines. Dans la succulente lambada ou la grosse cléry. Dans la douce ciflorette oui la délicate elvira. Ce n’est pas une mara de la dernière pluie qui va nous imposer la monogamie fraisière.
 
Estèbe
 

mots clés : Technorati, Technorati, Technorati

le 07.07.08 à 09:00 dans Courant de pensée - Version imprimable
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Commentaires

Assez d'accord. J'en ai acheté une fois et j'ai été assez décue. Certainement aussi parce que pendant longtemps je me suis goinfrée de vraies fraises des bois ou de fraises du jardin familial et que j'espérais retrouver ces saveurs disparues.

eglantine - 07.07.08 à 13:55 - # - Répondre -

Curieux,
Chez nous (région nantaise), la mara est plutôt rare et chère sur les étals, moins hype que les gariguettes.
J'en ai mis dans le jardin avec d'autres variétés, Je les trouve très bonnes, les enfants aussi. Elles sont remontantes comme bcp d'autres variétés ce qui est plutôt un avantage...
Je met ça sur le compte d'une chemise blance tachée ? ;)

François - 07.07.08 à 21:20 - # - Répondre -

"Ce n’est pas une mara de la dernière pluie qui va nous imposer la monogamie fraisière."

ce qui va imposer la monogamie, c'est tout simplement les cohortes de gens qui vont aux super/hypermarchés : pas de conseils, pas d'éducation au gout, pas de sensibilisation aux saisons par rapport a des producteurs/primeurs et voila ce que ça donne, un produit qui marche (topissime a ses débuts, crée juste dans la foulée de la gariguette) et qui prend tous les étals, la qualité baissant de manière forcement automatique vu les rendements et la pression sur les prix exigés.

arretons de nous lamenter sur la baisse de la qualité des produits mais lamentons nous plutot sur l'effondrement de la sensibilité des palais

j'en profite pour dire aussi que plus on s'éloigne des zones de production "classiques" (la suisse en étant un parfait exemple ou l'on n'a jamais mangé de fraise de culture avant l'arrivée du chemin de fer), plus on s'expose à l'uniformité des variétés qui doivent inclure dans leur cahier des charges un murissment pendant le transport, des qualités de conservation et d'empaquetage au détriment du gout

sborgnanera - 26.08.08 à 15:06 - # - Répondre -

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