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Fureur des Vivres

Noëls Internationaux

Fureur des Vivres n° 12, décembre 2008, furieusement fête

Nous y r’voilà donc ! Comme chaque année, entre le celtique Halloween de nos petits voisins irlandais, canadiens, britanniques et américains, et la semaine de la casserole, du beau linge, de la choucroute ou de je ne sais plus quelle autre brillante astuce de nos marquetteurs de génie, c’est dès la mi-novembre qu’« il » a envahi boîtes aux lettres et têtes de gondole, amputé par avance nos bourses malmenées, promis aux sorciers de l’anti-cholestérol des jours grassouillets, et transformé en doux hystériques nos angelots dociles. Bref, impossible d’y échapper : je le sais, je suis entrée en résistance depuis… pfouh...  avec, chaque année, le même échec cuisant !
 
Noëls Internationaux - Comme ne manquerait pas de nous le clamer chaleureusement l’un des 80.000 autochtones des Iles Féroé : gleðilig jól à vous !
 
Je vous épargnerai le sempiternel laïus sur la potentielle gabegie généralisée, honteusement anachronique en ces temps agités. Il n’en reste pas moins que la menace de standardisation de ces joyeuseries hivernales est bel et bien réelle : tous les subtils particularismes régionaux ou nationaux ciselés comme dentelle fine autour d’une jolie tradition, se retrouvent bien plus souvent qu’à leur tour réduits à une frénétique surenchère à la dinde et aux cadeaux... Merci à toi, ô Temple de la Consommation.
Mais ne gâchons pas notre plaisir, et tâchons de ne retenir que le meilleur de tout cela. Question d’état d’esprit…
 
Chapter Ouone, retour aux origines…
Cadeau ! Voici donc, pour vous servir, un bref antisèche à vocation fondamentale : l’occasion de briller dans quelque dîner mondain prout-prout ? A moins que vous ne coupiez aux interminables et potentiellement belliqueux repas familiaux de cette fin d’année ?
- 100 av.J.C. : Mithra la Perse déboule à Rome, discrètement glissée dans ses bagages par quelque belliqueux légionnaire romain en mal de tendresse. Et hop, grosse bamboula en l’honneur de cette divinité de la lumière – dont la naissance est prise comme prétexte à un hommage au Soleil invaincu. Et vlan, un jeune taureau sacrifié… Bande de sauvages !

- 274 ap.J.C. : Aurel l’empereur, grand réformateur du culte et des deniers, décide que cet immonde sacrifice se fera le 25 décembre, définitivement, au solstice d’hiver.

- Faute d’infos dignes de ce nom dans les Evangiles, les premiers chrétiens vont cafouiller quelque temps encore, et bouder le principe de la célébration d’une naissance, considérée comme pratique ô combien condamnable de ces barbarisants païens…

- Et puis vers 350 ap.J.C., histoire de couper le sifflet aux impies, après quelques hésitations quant au calendrier définitif, l’Eglise tranche : ce sera le 25 décembre –  merci pape Libère ! – que l’enfant Jésus rendra à son triste anonymat la pauvre Mythra, et marquera définitivement le début de l’année liturgique. Le Soleil Invaincu devient Soleil de Justice,

- Début du 5e S. ap.J.C. : L’Empereur Théodose dicte par le menu les règles de célébration de la Noël, qui du même coup devient fête exclusivement chrétienne.

- Début du 6e S. ap.J.C. : le 25 décembre devient jour chômé. Intronisation du principe de la messe de minuit. 

- 7e S. : 3 messes sont désormais célébrées, le 24 au soir, à l’aurore et dans la journée du 25 décembre. 

- La fête de Noël du 25 décembre gagne alors progressivement l’Europe : Irlande, puis Angleterre (7e S.), Allemagne (8e S.), pays scandinaves (9e S.), et pays slaves (10e S.). 

- 12e S. : l'adoration des bergers et la procession des mages sont jouées lors du déroulement de ces messes.

- 15e S. : nos voisins italiens inventent la crèche d’église.

- 16e S. : leurs petits amis allemands leur emboîtent le pas dans le registre trouvailles, et nous pondent l'arbre de Noël.

- 19e S. : le père Noël fait son apparition… je vous le donne dans le mille : aux États-Unis ! Il traversera l’Atlantique au milieu du 20e siècle.

Fin de la leçon !
 
Lesson number tou : petit tour d’horizon des subtilités de célébration…
Chez nos amis orthodoxes, on a longtemps fêté l’arrivée de l’enfant prodige le 6 janvier au soir – top signal départ : l’apparition de la première étoile dans le ciel. Et même si le calendrier grégorien l’emporte désormais largement, quelques résistants, russes, arméniens, éthiopiens, et serbes entre autres, continuent de célébrer la naissance de Jésus le 7 janvier (calendrier julien). Point de crèche dans les églises orthodoxes. Après une période de jeûne, la famille se retrouve le 6 au soir autour de 12 plats, végétariens of course - fin de jeûne oblige.

Les protestants fêtent la divine nativité lors de trois cultes, de nuit, à l'aube et au matin, y incluant éventuellement une célébration de la Cène. La Réforme en 1560 aura marqué une rupture : refusant la symbolique de la crèche promue par les catholiques, les protestants préfèreront développer la tradition du sapin, associé à la symbolique du paradis d'Adam et Ève et de la connaissance du bien et du mal.

Les familles juives ne célèbrent pas le jour de Noël. Elles ont leur propre fête, en date du 25 Kislev (9e mois de l’année du calendrier hébreux), en décembre, la  Hanouka ou fête des lumières : la tradition veut que, chaque soir pendant huit jours, l’on allume une bougie d'un chandelier à huit branches et que l’on procède à l’échange de menus cadeaux.

Si l’on se rapproche du Coran, on peut légitimement considérer que Mahomet aurait eu vent de la naissance de Jésus, même si on ne la retrouve consignée que dans un texte d’évangile non estampillé AOC. Noël fêté chez les musulmans le sera avant tout pour la joie des bambins batifolant en nos contrées occidentales.
 
Ce vernis superficiel en poche, rentrons dans le vif du sujet…
 
Merry Christmas !
La destination première s’imposait : ma fillette temporairement exilée au fin fond de l’Ohio ferait une parfaite envoyée spéciale. Loupe sur le nez et mitaines aux poings pour tenter d’endiguer les engelures, elle s’en est allée nous dénicher deux trois petits riens qui font de cette fin d’année THE Big Feast aux States.

B.A.-BA de l’Amerlock qui ne veut point s’ignorer : ne pas confondre Thanksgiving et Noël ! Thanksgiving est célébré le 4e jeudi de novembre. Origine de cette bizarreté : l’année 1621, lorsque les Pilgrims, bons princes, optèrent pour un hommage appuyé aux Indiens qui leur avaient été si précieux pour survivre dans ce monde de brutes qu’était le "New World". Lors de la très très importante fête de Noël, les agapes se brodent autour de la fameuse dinde (turkey), dont l’une se retrouve chaque année miraculeusement graciée par le pingouin officiant à la tête du nouveau monde. Cette tradition fut instaurée par Benjamin Franklin, envieux qu’il était de faire de la dinde le symbole des USA (par la suite détrônée par l'aigle), parce que prudente, rapide, et dotée d’une bonne vue. Celle-ci se trouve traditionnellement accompagnée de "side dishes" tels que patates douces, haricots, purée, champignons, pâtes, riz, et petits pains (enfin, ce qu’un Américain entend par « pain », mais bon passons, c’est un autre débat !)... suivis d’un dessert tel que pumkin pie, ou pecan pie, à moins que l’on opte pour une tonne de cookies, brownies, barres, cheese-cakes… ou encore la traditionnelle gingerbread house. l’Américain a le bec sucré, et de l’imagination à revendre, ça n’est un secret pour personne ! La dinde quant à elle peut éventuellement être remplacée par un honey baked ham (gros jambon grillé – dont vous trouverez la recette [non testée] ci-dessous).
 
Clou des festivités : le Open House Day. Une espèce de buffet gargantuesque home made à disposition des amis, connaissances, ou brebis égarées. Où l’on passe sans vergogne d’une maison à l’autre... l'hospitalité américaine dans toute sa généreuse splendeur !!


 
Honey Baked Ham
- 60 ml de miel
- 1 c. à s. d'eau ou de jus d'orange
- 1/2 c. à c. de moutarde de Dijon
- Clous de girofle

Mélanger tous les ingrédients et chauffer légèrement… au micro-ondes (j’ai honte !) pour faciliter l'étalage. Badigeonner le jambon dans les 15 dernières minutes de cuisson, et planter les clous de girofle.
 
Coconut Raspberry Bars... Yummy ! comme on dit là-bas  
(totally incredible tout ce que ces Amerlocks arrivent à caser dans une seule et unique recette. Mais c’est vrai que les hivers sont rigoureux, il faut de la matière qui tienne au corps).
- 170 gr de beurre
- 225 gr de sucre
- 1 œuf
- 1/2 cac d'extrait de vanille
- 220 gr de farine
- 1/4 cac de levure
- 200 gr de noix de coco râpée
- 80 gr de noix concassées
- 1 pot (500 g) confiture de framboise
- 150 gr de pépites de chocolat blanc (si vous en trouvez, faites-moi signe, moi j’ai renoncé)
 


Battre le beurre et le sucre, jusqu'à ce que le mélange blanchisse. Ajouter l'œuf et la vanille, et continuer de battre. Combiner farine et levure, et l'ajouter progressivement au mélange. Ajouter les noix et un peu plus de la moitié de la noix de coco.
Tasser les 3/4 de la préparation dans un plat beurré de 33 x 23 cm. Etaler la confiture sur le dessus, puis "saupoudrer" avec les pépites de chocolat et la fin de la noix de coco. Rajouter "façon crumble" la fin de la préparation, et compresser légèrement. Enfourner à 180°C pour 30-35 mn jusqu’à obtention d’une jolie croute dorée. Laisser refroidir. Trancher en barres.
 
Einen schönen Weihnachten !
Laissons là nos petits amis d’outre-Atlantique, et rendons-nous chez nos voisins teutons : on y aime prendre son temps, les festivités dureront deux jours, les 25 et 26 décembre, tous deux fériés. En lieu et place du Père Noël vous trouverez le Christ Kind (littéralement enfant du Christ), précédé par Nikolaus apportant  lui aussi son lot de cadeaux aux enfants-sages dès le 8 décembre. Les marchés de Noël revêtent en Allemagne à peu près autant d’importance que chez nos indisciplinés Alsaciens, c’est peu dire ! Point de repas gargantuesques, l’accent est plus particulièrement mis sur les foisonnantes décorations extérieures aux maisons. La tradition de la Christbrand (bûche de Noël) remonte au 12e siècle, pas moins.
L’allemand est partageur, et prompt à se mettre à ses fourneaux. Il passera ainsi moult soirées à confectionner de délicieux biscuits secs qu’il aimera distribuer à ses proches et moins proches.
Ci-après quelques recettes que nous avons testées pour vous.
 
Le Christstollen, ou pain de Noël
Pour la pâte
- 60+220+25 gr de farine
- 40 gr de sucre roux
- 40 gr de levure de boulanger
- 1 jaune d’oeuf
- 2 pincée de sel
- 125 gr de beurre (le sortir avant)
- 120 ml de lait
- cannelle, vanille, noix de muscade râpée, graines de cardamone en poudre
Pour la garniture
- 75 gr d'amandes concassées dorées à la poêle
- 50 gr d'oranges et citrons confits en morceaux
- 200 gr de raisins
- 1 cas de rhum
+ Sucre glace pour le saupoudrage




1) Faire tremper raisins, oranges et citrons dans le rhum additionné d’un peu d’eau. Bien égoutter et réserver.
2) Pour la pâte : dissoudre la levure dans le lait. Dans une terrine, former un puits avec
60 g de farine, y verser la préparation et mélanger ; laisser reposer ½ heure dans un endroit tiède. Dans une autre terrine, mélanger 220 g de farine, le sucre, le beurre, le sel, les épices et le jaune d'œuf ; incorporer le mélange lait-levure et pétrir le tout. Prélever un tiers de la pâte, l’additionner de 25 g de farine, pétrir, former une boule, et étaler la pâte en un ovale de 3 mm d’épaisseur sur un plan de travail fariné.
3) Incorporer dans le reste de pâte, raisins, amandes et écorces confites. Répartir au centre de la pâte étalée. Envelopper le de manière étanche.
4) Retourner le Stollen. Le déposer sur une plaque recouverte de papier sulfurisé ; laisser lever 2 heures au chaud.
5) Préchauffer le four th°6. Faire cuire le Stollen 30 à 35 mn.
6) Laisser refroidir, envelopper d’un linge, et laisser reposer pendant 2 jours.
7) Avant de le servir, saupoudrer de sucre glace.
 
Pour la petite histoire, cette pure merveille prit naissance au 15e siècle, l’idée étant de suggérer l'enfant Jésus enveloppé dans ses langes. Le Stollen, traditionnellement cuit au four pendant le temps de préparation à la célébration de la Nativité (période de jeûne) devait être fait uniquement à partir de farine, de levure d'eau et d'huile. Les plus sourcilleux prétendront que l’Eglise imposait des restrictions ; d’autres, plus pragmatiques, retiendront que les épices en cette fin du Moyen Age étaient des denrées particulièrement onéreuses...
 
Petits biscuits de Berndt (x 50)
 
Ingrédients
- 250 g de farine
- 3 g de levure alsacienne
- 100 g de sucre
- 1 paquet de sucre vanillé
- 3 œufs
- 150 g de margarine
- Sel
- Amandes pillées
- Confiture de fruits rouges
 


Mélanger farine, levure, sucre, sucres, jaunes d'œufs, margarine et sel. Travailler la pâte. En faire un rouleau de 3 à 4 cm de diamètre et couper des morceaux de 1,5 cm d'épaisseur. Plonger chaque biscuit pour moitié dans les blancs d'œufs, puis dans un bol d'amandes pilées. Disposer sur une plaque allant au four, recouverte de papier sulfurisé. Faire un trou au couteau sur la partie supérieure des biscuits et déposer une (grosse) pointe de confiture à l'intérieur. Cuire 15 mn à four chaud (175°C / 200°C).
 
Sablés de Noël
 
Ingrédients
- 300 gr de farine
- 125 gr de sucre
- 125 gr de beurre
- 1 œuf
- 1 pincée de sel
- Arômes (citron, cannelle, vanille…) généreusement gargantuesquement dosés
 


Mélanger œuf, sucre, sel et arômes jusqu’à ce que le tout blanchisse. Ajouter la farine. Etaler la pâte et y découper les sablés en formes suggestives. Cuire à feu moyen (th.6-7, 180°C) le temps nécessaire à ce que la pâte blondisse.
 
Buon Natale !
Surenchère (ou flémingite typiquement latine ?) oblige, en Italie les festivités de Noël s’étiiiiirent sur 3 jours, du 24 au 26 décembre.

Nous devons à nos fougueux Italiens l’idée de la symbolique de la crèche. D’abord dans les églises dès le 15e siècle, puis dans les foyers à compter des 17e–18e siècles, elle est installée neuf jours avant la célébration de la naissance du Christ. Les sapins sont quant à eux décorés dès le 8 décembre.
C’est bien connu, les Italiens aiment à raconter des belles histoires !

Au nord, selon, l’on raconte aux bambinos que c'est le Père Noël, Babo Natale, ou le Petit Jésus, Gesu Bambino, qui apporte les cadeaux le 25 décembre. 

Au sud, tout comme à Rome, c'est "la Befana" (gentille sorcière à l’âge canonique) qui gâte les chérubins pendant la nuit de l'Épiphanie.

Ce pourra encore être Sainte Lucie qui officiera, le 13 décembre. La légende veut qu’elle ait apporté de quoi se sustenter à ses amis chrétiens cachés dans les catacombes.  

Incontournable biscuit de Noël, le Panettone a de loin la faveur de nos éternels séducteurs. Il serait apparu à Milan dès le 15e siècle, et rapidement adopté sur l’ensemble du territoire.
 
Pour les courageux, une recette directement importée d’Alfonsine, Nord de l’Italie, que ma très charmante correspondante n’a malheureusement pas eu le temps de me traduire. Compter beaucoup d’huile de coude, et son lot de sueurs froides itou, avant obtention d’un semblant de début de résultat…
http://www.buonissimo.org/ricette/2123_panettone.asp
Il paraitrait que cette bizarrerie-là soit également fort prisée – au moins au nord de l’Italie… :
http://www.ricetteveloci.biz/ricetta/cappelletti-in-brodo/
 
 
Poursuivons notre petit tour des popotes et parlottes…
 
¡Feliz Navidad! 
En Espagne, tout se joue – ou presque – le 24 décembre, jour de la « Noche Buena ».  Tout comme au Portugal, la messe de minuit porte le doux nom de messe du coq. Malgré leurs danses frénétiques autour de la bûche le soir de Noël (danses supposées leur assurer leur stock de friandises pour les jours de vache maigre), les pioupious devront attendre le 6 janvier, jour des Rois, que les Mages leur apportent d’Orient les cadeaux supposés récompenser leur sagesse. En effet, Papa Noël n’a au jour d’aujourd’hui pas encore trouvé le chemin de l’Espagne.

Quid des us culinaires en ce jour de fête ? À part l’agneau rôti, la dinde et les fruits de mer, rien de bien particulier à signaler, si ce n’est le fameux "Turron" que l’on ne vous présente plus ! Il faut dire que nos petits voisins sont de loin les plus courageux : point de jour férié le 25, pas plus que le 24, ou encore le 23 ou le 26. Guère de place pour les excès quels qu’ils soient, donc. 

Connaissez-vous "El sorteo de Navidad" ? Il est question d’un tirage de type loto, tradition centenaire, très largement retransmis sur les ondes (ça au moins, on est sûr que ça n’est pas d’origine), et suivi avec beaucoup d’attention par tout un chacun ; il serait prétexte à une juste répartition des sommes jouées et gagnées entre amis, familles, institutions et collectivités…
 
Feliz Natal! 
Outre la susmentionnée messe du coq (Missa de Galo), une attention toute particulière est portée au Portugal au bois de Noël : la tradition dicte au notable du village d’offrir un arbre  aux jeunes gens; ceux-ci devront le découper et le charger sur un char décoré pour la circonstance. Après avoir été béni, le bois sera brûlé au cours de la nuit – pendant que dans la cheminée des chaumières, brûlera la bûche de Noël. Tout comme dans les cimetières, où l’on prétend que batifolent, la nuit de Noël, les âmes des morts.

La table portugaise sera dressée autour du célébrissime Bacalhau coziro, morue agrémentée de pommes de terre et de choux et arrosée d’huile d’olive, avant que n’entrent en scène les 13 desserts traditionnels.

Au Portugal c’est le petit Jésus qui apporte les cadeaux, et non le Père Noël, relativement boudé…
 
Merry Christmas !
Les Anglais chérissent les fêtes de Noël. Bambinos et bambinettes s’en vont entonner des chants de Noël (Christmas Carols) dans les rues, afin d’obtenir quelques menues piécettes. Autre bizarrerie typiquement anglo-saxonne, c’est à nos voisins d’Outre-Manche que nous devons de nous épuiser sur nos laborieuses cartes de vœux… Apparues au 15e siècle et largement diffusées par la suite grâce aux progrès de l’imprimerie (18e dirons-nous ?), celles que l’on reçoit sont religieusement accrochées au-dessus de cheminée, où trônent également les chaussettes de Noël, dans lesquelles seront glissés cadeaux et sweeties.

Qui ne connait le Christmas pudding ? Fruits secs, sucre et glaçage agrémentent sa pâte de base, en outre noyée dans une sauce chaude fortement alcoolisée. Ce typically English desert se doit d’être cuisiné cinq semaines avant Noël, et abritera selon la tradition 6 objets : une pièce de 6 pence, symbole de prospérité, un dé à coudre pour la vieille fille, un bouton de culotte pour le vieux garçon, 2 bagues porteuses d’amour, et enfin le petit cochon, supposé démasquer le/la morfale de la tablée…
 
Wesołych świąt
La Pologne… folklorique par excellence !

Dès le 6 décembre, fête de Saint Nicolas, distribution générale de cadeaux…
Puis les bambins guetteront eux aussi la première étoile le soir du 24 décembre, annonciatrice du début des festivités.  La paille glissée sous la nappe entend rappeler aux joyeux fêtards l’étable dans laquelle est né Jésus. Vœux et souhaits accompagnent le début des agapes, inaugurées avec le pain azyme (oplatek). Marquant la fin d’une période de jeûne, le repas du soir de Noël sera frugal, la dinde étant réservée pour le lendemain. La flamme d’une bougie, allumée en début de soirée, accompagnera ce moment de partage.

Les crèches sont particulièrement soignées en Pologne. La partie centrale rend hommage à la Sainte Famille, tandis que seront représentées sur d'autres niveaux les personnes importantes de la ville ou celles ayant fait l'histoire du pays. La tradition de la crèche de Noël est arrivée en Pologne avec les franciscains au 18e siècle, et revêt aujourd’hui encore une importance primordiale. 
 
C Pождеством Xристовом (S rojdestvom Kristovom)
En  Russie, Noël et la naissance de Jésus se fêtent à l’issue d’un carême de quarante jours, le 7 janvier, suivant en cela le vieux calendrier julien. 

Ni crèche ni ornementations : seul le sapin décorera les chaumières.

Le réveillon (Soltchelnick) du 6 s’ouvre dès l’apparition de l’étoile ayant guidé les Mages jusqu’à Bethléem. Les galettes de pain azyme, antérieurement partagées lors des échanges de souhaits de bonheur et de joie, ont été remplacées par des pâtés farcis, suivis d’une oie aux pommes. Deux desserts clôturent le repas : la koutia, mélange de blé et de fruits confits, et l'uzvar, une compote de fruits secs. La coutume veut que, à l’issue du repas, l’on abandonne sur la table un pain tressé (polach), placé entre deux bougies allumées en mémoire des défunts de la famille.

Mais c’est le Nouvel an qui revêt le plus d’importance, et qui sera fêté le 1er et le 13 janvier. Les enfants devront attendre le 1er au matin pour découvrir les présents que leur aura apportés le Père Givre, secondé dans sa lourde tâche par la vieille Babouchka, son fidèle acolyte.

Une autre légende prisée par petits et grands prétend qu’un quatrième Roi Mage, faute d’avoir trouvé le chemin de Bethléem il y a deux mille ans, trainerait depuis lors son vieux traineau en distribuant des présents aux enfants croisés sur son chemin.
 
C’est bien ce que je disais : deux-trois bondieuseries pour se donner bonne conscience, une foultitude de déclinaisons autour de la gourmandise, et un amoncellement de cadeaux apportés par Mages, Saint-Nicolas, Père Noël, ou Mère Fouettarde… pas de quoi en faire un fromage !
 
Si vous deviez buter, lors d’une très prochaine embrassade, dans l’expression de vos vœux, que ce soit en créole guadeloupéen, en gaélique d’Ecosse, en indi, en ligure ou en swahili, NE CHERCHEZ PLUS, vous êtes sauvés :
http://www.freelang.com/expressions/noel.html
(à noter le subtil astérisque : « *rarement utilisé »… la version hébreux, voyons !)
 
Et puis, pour donner du courage à notre mauvaise conscience fraichement débarquée dans l’année 2009 toute neuve :
http://www.deezer.com/track/les-frites-bordel-improvisation-culinaire-T928716
Personnellement, j’adore !
 
Du fond du cœur, un très joyeux Noël à toutes et tous, et qu’au milieu de tous nos excès cette période soit l’occasion de distribuer un peu plus de chaleur et de rêve qu’à l’accoutumée autour de nous…
 
Lolotte
 
 

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le 19.12.08 à 09:00 dans Les vivres en fureur - Version imprimable
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Commentaires

Et bien, quel billet culturel, ultra intéressant!
merci d'avoir fait ce petit topo sur les fêtes à travers le monde

encuisinectout - 19.12.08 à 13:05 - # - Répondre -

Pour les pépites de chocolat blanc....

...on peut peut-être les remplacer par des pistoles (c'est plus gros, mais c'est le même principe).
J'en ai vu de la marque Barry chez Metro il y a deux semaines.
En paquets de 5 kilos, certes, mais quand on aime ;-).
ça doit exister en 1 kilo, aussi, comme le reste de la gamme.

Sarah BERNHARD - 23.12.08 à 09:01 - # - Répondre -

Re: Pour les pépites de chocolat blanc....

Merci pour le tuyau ! Je ne suis pas fan de ces lieux, mais je saurai faire une entorse pour la bonne cause... Un petit truc pour ceux-ce qui envisageraient de se risquer à réaliser la recette : pour avoir goûté le résultat chaque jour depuis sa réalisation, je vous garantis que ça vaut sacrément le coût de refreiner sa gourmandise : plus le temps passe, meilleure c'est...

Lolotte - 23.12.08 à 17:31 - # - Répondre -

Re: Pour les pépites de chocolat blanc....

Il est bien évident que Metro n'est pas vraiment un temple de la bonne chère.
Mais comme j'avais besoin de certains équipements que je ne trouve pas dans notre département, j'y ai fait un saut, et j'en ai profité pour aller me balader un peu dans les rayons... Je n'en ferais pas une habitude!

Sarah BERNHARD - 24.12.08 à 07:36 - # - Répondre -

faudrait essayer de ne pas inventer

le billet est intéressant, certes, mais il ne faudrait quand même pas écrire n'importe quoi. Le 25 décembre est férié en Espagne, comme partout ailleurs en Europe, et ce depuis toujours. Il est tellement férié qu'aucun journal ne paraît ce jour-là. Le 26 décembre n'est férié qu'en Catalogne...
Et les Espagnols font de gros repas le 24 au soir, et le 25... surtout le 25, d'ailleurs.
Enfin, si traditionnellement ce sont bien les rois mages qui apportent des cadeaux aux enfants le 6 janvier, dans la plupart des maisons le père noël laisse également des cadeaux... pour qu'on puisse en profiter pendant les vacances! Vacances scolaires qui vont toujours jusqu'au 7 ou au 8 janvier, le 6 janvier étant toujours férié... (contrairement à notre pays de mécréants, où on s'entête à fêter l'épiphanie n'importe quand, et à bouffer de la galette des rois de la mi-novembre à la fin février.... ou presque!)

Noémie - 28.12.08 à 02:01 - # - Répondre -

Re: faudrait essayer de ne pas inventer

Merci à vous Noémie pour la correction de cette regrettable approximation !

Lolotte - 29.12.08 à 10:08 - # - Répondre -

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