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Fureur des Vivres

Pain à la rose

Fureur des Vivres n°3, mars 2008, le pain

Lorsque, rapatriés d’Algérie, nous avons débarqué à Nice avec deux enfants en bas âge, façon «Coup de Sirocco» en un peu plus chic, nous avons pensé que les autochtones étaient tombés sur la tête.

Pour commencer, ils avaient installé la Méditerranée au Sud, ce qui nous obligeait à faire demi-tour, quelle que soit notre destination.

 

Pain à la rose

Sans parler du prix des loyers (ils voyaient arriver les exilés comme une pluie de cloches en chocolat), ils avaient la curieuse coutume de vouloir louer à des «musiciens», ce qui nous paraissait particulièrement et inutilement bruyant. Il nous a fallu quelques temps pour comprendre qu’il s’agissait du quartier de la rue Verdi, Beethoven, Gounod etc … Les agences immobilières nous ont mis tout de suite au courant : le maire était médecin (?) et nous pouvions faire toutes nos courses alimentaires dans un casino (?). Aucun membre de ma famille n’étant joueur, cela paraissait compliqué.

J’ai vraiment cru que je n’étais arrivée là que pour mourir de «ouarch» (nostalgie en pied-noir). Et puis un jour mon fils est rentré de l’école et m’a demandé : «maman, tu sais comment on dit une descente en Niçois ?» Je n’en avais pas la moindre idée. «Une calade». Ah bon, c’était moyennement intéressant. «Et tu sais comment on dit une grande descente ?». Je n’ai pas osé lui dire que je m’en fichais complètement. «Une putain de calade !» Youpi ! ai-je pensé,  au moins l’un de nous était niçois !

Je me suis lentement attachée à cette étrange cité qui est un état dans l’état, au point que lorsqu’on passe le Var on est «à l’estranger». J’ai appris que faire de la pâtisserie «ça pègue», et qu’un sandwich dans un cartable est tout «esquiché». Sans que j’y prenne garde, le Comté de Nice est devenu ma seconde patrie (Jacques Médecin étant Monsieur le Maire), je me suis retrouvée spécialiste de ses traditions gastronomiques et j’ai ainsi entamé joyeusement une deuxième vie.
 
La recette qui suit est ancienne, authentique et délicieuse. Elle provient d’un livre de référence peu connu et c’est dommage : "Et vive la cuisine niçoise" de Giordan de la Peppa/José Maria. Editions Z’Editions.
 


Pain à la rose


Pour 8 petits pains : 

400 g de pâte à pain
4 longues tiges de roses, sans rose et avec les épines
100 g de farine pour le plan de travail et le façonnage.
 
  • Préchauffez le four sur th. 6 (210 °C).
  • Rincez soigneusement les tiges de roses et séchez-les.
  • Avec le rouleau à pâtisserie, étalez la pâte en lui donnant une épaisseur de 3 mm. Découpez-la en lanières larges de 2 cm et enroulez-les sur les tiges. Posez-les sur le plan de travail, pliure par en dessous, couvrez d'un linge, laissez lever 10 mn, la pâte doit doubler de volume.
  • Enfournez, toujours pliure par en dessous, faites cuire et dorer 15 mn. Laissez refroidir sur une grille.
Notes :

  • Il est conseillé de nouer un morceau de ficelle à l'une des extrémités de la tige, de le tendre légèrement comme un arc et de l'attacher à l'autre extrémité. La tige casse une fois sur deux, je vous aurai prévenus.
  • Pour la photo et la présentation, retirez la tige cuite et de couleur indéfinissable et remplacez par une rose fraîche. Cela s'appelle tricher.
  • Il existe une version sucrée de cette recette, avec eau de rose et pétales cristallisés.
Jacqueline
 

mots clés : Technorati, Technorati

le 06.03.08 à 09:00 dans Recette - Version imprimable
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Commentaires

Emotion matinale

Merci Jacqueline pour cette très jolie histoire personnelle d'appropriation d'une région, et pour cette non moins jolie recette fleurie qu'il me tarde de tester...

Lolotte - 06.03.08 à 09:46 - # - Répondre -

Et encore Nice ce n'est pas si dépaysant, heureusement que tu n'es pas arrivée tout de suite à Paris .. JJe l'avais déjà repéré ce pain à la rose ....Comme le temps passe!

mercotte - 06.03.08 à 13:07 - # - Répondre -

C'est une très jolie recette ...
J'aime bien le coup de magie !!! hihihihii !!
Bizzzzzzzzz
♥Barbichounette♥

barbichounette - 06.03.08 à 13:12 - # - Répondre -

Que c'est joli !

Anne - 06.03.08 à 23:13 - # - Répondre -

 La version  sucrée  aux pétales de roses cristallisés, me conviendra mieux.
Et que dire si vous n'aviez pas fait escale à Nice, mais atterri direct en pays Chti, par exemple!!! Aie Aie...
 Merci Jacqueline pour cette séquence "émotion".

Gamelle - 08.03.08 à 10:54 - # - Répondre -

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