Mercredi 19 Novembre 2008
Petit guide culinaire des champignons asiatiques, selon William Ledeuil
Fureur des Vivres n° 11, novembre 2008, les champignons
Chef sous influences asiatiques, William Ledeuil est aux commandes de Ze Kitchen Galerie, le restaurant-galerie d’œuvre d’art qu’il a ouvert en 2001 et qui a décroché sa première étoile, méritée, au Guide Michelin en 2008.Petit guide culinaire des champignons asiatiques, selon William Ledeuil

Passionné de saveurs, couleurs, textures, parfums d’ailleurs, et surtout d’Asie du Sud-Est et du Japon, William Ledeuil est un découvreur, un pionnier qui apprend et qui joue des ingrédients… Revisiter la cuisine française en y incorporant l’exotisme et un autre regard, voilà sa carte de visite, séduisante en diable !
Mais au-delà de la façon ludique qu’il a de présenter cette nouvelle cuisine qui n’appartient qu’à lui, il y a une véritable réflexion sur l’art de s’alimenter en Asie, sur l’influence de cette alimentation sur la santé. Lui-même a modifié peu à peu son alimentation, enlevant le salé occidental et le remplaçant par l’alliance piquant/sucré/acide typiquement asiatique…
Les champignons sont un des multiples ingrédients exotiques dont il joue pour enrichir ses plats, ils apportent une texture, une saveur, une esthétique typées qui valorisent à merveille sa cuisine.
Il a découvert les champignons d’Orient au fil de ses balades dans les épiceries du XIIIème arrondissement parisien, et de ses voyages, surtout au Japon !
Shimagi, eryngii, enoki… comment utilise-t-il ces champignons asiatiques ? Suivons le guide…

Le gracile enoki qui doit être utilisé cru ou avec une cuisson courte, agrémente des salades et enrichit des bouillons dans lesquels on l’ajoute à la dernière minute. Actuellement à la carte, il décore un joli plat d’encornet et poulpe grillés, accompagnés de moules de bouchot. Il y apporte du croquant et du fruité qui répondent, comme un chœur gourmand, à la pomme crue !
Pour la cuisson des bouillons aromatiques, William Ledeuil préfère employer le shimeji. Ce champignon ne se mange pas cru, il est plus agréable en bouche, plus digeste aussi une fois cuit. Il tient bien la cuisson et reste relativement ferme…
L’eryngii, de la famille des pleurotes, est le champignon qui entre traditionnellement dans la farce des raviolis chinois, et c’est l’un des apprêts favoris de William Ledeuil qui en farcit divers mets, comme ses croquettes de pot au feu, revu et corrigé à la mode asiatique… Le champignon est assez gros, on peut le couper en gros dés, le faire revenir, voire le griller. William Ledeuil aime aussi en faire des tempuras, légères et croquantes…
Quant au maitake, champignon plus rare et difficile à trouver sous nos latitudes, il ressemble à une éponge de mer, qui se partage comme les « pétales d’une fleur », on le tranche et apparaissent des multitudes de stries dentelées, fragiles « comme des ailes de papillons imbriquées les unes dans les autres » dit le chef cuisinier-poète… Le maitake, William Ledeuil le cuit de préférence grillé, le tranche finement pour dévoiler cette architecture délicate et décorative… Mais, c’est un champignon qu’il ne trouve pas en France. Seule solution : l’importer ou aller le chercher lui-même au Japon, pas avant son voyage prévu en février 2009…
Tiuscha
William Ledeuil
Ze Kitchen Galerie
4 rue des Grands Augustins
75006 Paris
01 44 32 00 32
www.zekitchengalerie.fr
Tiuscha
William Ledeuil
Ze Kitchen Galerie
4 rue des Grands Augustins
75006 Paris
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mots clés : Tiuscha
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Vendredi 29 Août 2008
Les chefs en vacances
Fureur des Vivres n° 8, août 2008, les hauts et les bas de la cuisine des vacances
Aujourd'hui pas d'écrit, juste des images en cliquant
Les chefs en vacances
Vidéo réalisée par Olivier.
mots clés : Olivier
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Vendredi 18 Juillet 2008
Bienvenue à la ferme Fruirouge
Fureur des Vivres n° 7, juillet 2008, les fruits rouges
Alors que nous avons décidé de traiter des fruits rouges en juillet, nous rencontrons aux Européennes du Goût à Aurillac, le 27 juin, Isabelle et Sylvain Olivier, producteurs et transformateurs de cassis et autres fruits rouges à Nuits-Saint-Georges. Vous informer complètement est notre priorité, et nous prenons rendez-vous pour le 4 juillet chez eux, en Hautes-Côtes de Bourgogne, notre abnégation étant tempérée par la perspective d’un bon gueuleton…Bienvenue à la ferme Fruirouge
Sur la place de Concoeur, hameau du haut des côtes de Nuits dépendant de Nuits-Saint-Georges, se dresse la ferme de la famille Olivier où Isabelle et Sylvain ont regroupé la fabrication et la vente de leurs produits. La cave de cette ferme date du XVème siècle, le reste ayant été reconstruit au gré des effondrements et des démolitions.
La culture du cassis est traditionnelle dans cette région, avec le débouché des nombreux liquoristes locaux. En 1989 tombe le mur de Berlin, et la Pologne devient le premier producteur de cassis en même temps que les liquoristes s’industrialisent. Le kg de cassis tombe de 14 francs à 1,20 francs en 1991. Il n’y a donc plus de débouché classique pour un producteur traditionnel qui ramasse à la main. Les parents de Sylvain en prennent conscience et s’oriente vers l’exploitation de gîtes et de chambres d’hôtes. Isabelle, étudiante en philosophie qui se prépare au CFJA pour devenir journaliste rencontre Sylvain. Ce dernier qui déclare «si je n’avais pas été paysan, j’aurais été chef de cuisine dans une ferme auberge, j’ai besoin de créer et fabriquer». Parallèlement, sa mère et sa grand-mère mettent au point l’élaboration du cassis maison.
En 1993, sa grand-mère lui laisse sa ferme avec 2,5 ha de cassis, et Sylvain s’installe comme jeune agriculteur le 1er janvier 1995. Isabelle, quant à elle, fait une formation à la commercialisation des produits ruraux dans le Vercors. En 1997 elle s’installe à son tour comme jeune agriculteur, et la ferme Fruitrouge signe son acte de naissance.


Jusqu’en 2003/2004 le jeune couple travaille dans l’urgence sans pouvoir fournir la demande. La moteur de leur action est la convivialité et le sens du partage. La ferme est portée à 5,5 ha, et le personnel à 4 personnes à plein temps, sans sortir de la famille. La production des 5 ha de petits fruits rouges est entièrement transformée à la ferme et vendue par leurs soins.
Tous les produits sont transformés avec des matières nobles (vin, miel, vinaigre, etc…). La culture est effectuée en bio, mais ils ne demandent pas la certification, car ils considèrent que souvent le bio n’est qu’une identité commerciale ou un artifice marketing. A la transformation, aucune pompe ni retors, tout est travaillé par gravitation ou avec des siphons.


La production en chiffres
Production :
- 2 ha 30 de cassis : Noir de Bourgogne et Royal de Naples,
- 1 ha 70 de framboises : Roses de Côte d’Or et Lloyd Georges,
- 30 a de fraises : Surprises des Halles,
- 20 a de groseilles : Versaillaises,
- 20 a de cerises : Montmorency,
- 30 a de pêches de vigne.
Transformation de 15 tonnes de fruits en :
- 10 000 pots de confitures,
- 11 000 bouteilles de boissons (3 000 sans alcool + 7 000 de crèmes + 1 000 de ratafias),
- 6 500 pots de condiments (1 000 de fruits à l’eau de vie + 2 000 de vinaigre + 2 000 de moutarde et de ketchup),
- 3 000 pots de beurre de cassis,
- 500 bouteilles de Vod’K6 (Vodka au cassis).
Je reviendrai sur quelques produits leaders dans un prochain article.
Ferme FRUIROUGE
Isabelle & Sylvain Olivier
Concoeur
21700 Nuits-Saint-Georges
03 80 62 36 25
mots clés : Patrick
, fruits rouges 
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Jeudi 10 Juillet 2008
Vive la cueillette en self-service !
Fureur des Vivres n° 7, juillet 2008, les fruits rouges
Dans le canton de Genève, deux fermes ont mis sur pied un système d’auto-grapillage des petites baies de l’été. Pourquoi c’est atchement bath.
Vive la cueillette en self-service !
«Le week-end, ils ressemblent à des moineaux», raille gentiment Jean-Jacques Chollet, agriculteur dans la campagne genevoise. Ils, ce sont les citadins, qui débarquent en masse à sa Ferme de Merlinge pour cueillir eux-mêmes les baies de l’été: fraises, framboises, mûres et autres délicatesses. Au milieu de cette nuée grapillante, on se sent en effet un brin dans la carapace d’un doryphore. A cela près que le contenu de notre petit panier sera pesé. Puis dûment payé. A tarif aimable: quasi moitié prix qu’à la supérette du coin. Pour des fruits bio, cultivés en pleine terre, des fruits de proximité et de saison, qui n’ont pas cramé de kérosène ni raidis dans des frigos.
Chollet n’est pas le seul à avoir mis un tel système sur pied. De l’autre côté du canton, à La Fraisière, Jean-Pierre Stalder le pratique depuis plus de trente ans. «Evidemment, certains visiteurs ne jouent pas le jeu. On les encadre, en douceur. Mais en général, les gens sont contents et respectueux.» D’ailleurs, chez Stalder aussi, la foule se presse dans les champs, avec une gourmandise et une allégresse palpables.
1 – Parce que les bambins des villes découvrent ainsi que les framboises ne poussent pas dans les pots de yaourts et les groseilles dans des barquettes au supermarché. Toujours ça de gagné.
2 – Parce qu’on peut goûter (avec parcimonie) les variétés avant de se jeter dessus. Et par là même nourrir son petit disque dur gustatif. De l’agriculture à la culture, en somme.
3 - Parce voilà un système qui limite au max le temps entre récolte et miam (ben oui!), garantie absolue de fraîcheur du fruit. Chéri, j’ai raccourci le circuit!
4 - Parce que (roulement de tambours, SVP) face aux opaques magouilles de la grande distribution mondialisée, c’est une vraie volupté que de farfouiller dans les framboisiers d’un homme de la terre probe et respectueux de l’environnement. Na!
Contacts:
www.lafraisiere.ch
www.lafraisiere.ch
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Samedi 31 Mai 2008
Picnic en Ville, la rolls du vagabondage culinaire ?
Fureur des Vivres n° 5, mai 2008, les nourritures vagabondes
Caroline rêve de nourritures vagabondes bonnes, avec des produits sains de saison, équilibrées et pas forcément onéreuses, dans un cadre agréable qui plus est. Je crois que j’ai trouvé de quoi exaucer son vœu, il lui faudra simplement faire 420 km pour aller déjeuner. La connaissant, ça ne devrait pas être un problème.
Picnic en Ville, la rolls du vagabondage culinaire ?

Picnic en ville a été créé il y a 3 ans par 3 personnes, dont Frédéric Coursol, chef de l’hôtel Radio à Chamalières, qui invente toujours les recettes.
La suite de cet article est constituée d’extraits du dossier de presse, et je vous suggère d’aller voir leur site Internet pour tous les détails.
Picnic en Ville est une parenthèse gourmande dans la vie trépidante des ultra-urbains actifs ayant le besoin de se ressourcer.
Bouffée d’air frais ludique, Picnic en Ville est un lieu de restauration rapide mais récréative où tous les produits sont «prêts-à-manger», sur place ou à emporter.

Patrick Léaud (cabinet ILOT architecture) a imaginé l’espace comme un lieu de dégustation urbain, très contemporain, où l’idée de nature est suggérée par de subtiles touches :
- Banquettes vertes «pomme granny smith», assises chocolat.
- Contraste du bois brun et du béton gris souris,
- Plafonds déstructurés couleur framboise pour exciter les papilles,
- Point de fuite sur une vue macro d’agapanthe.
C’est froid :
Un large choix de salades colorées, sandwiches, maki snacking, soupes, desserts enjoués se dégustent immédiatement.
Maki snacking crevette, bouchées de crevettes cocktail (4.1 €)
Deluxe, homard, copeaux de céleri, gelée de truffe, vinaigrette bisque, jus de truffe et vieux vinaigre (7.2 €)
Salade de lentilles, foie gras, crème de jambon blanc, noisettes grillées, sauce aux graines de moutarde (5.6 €)
Salade Couleur, saumon fumé, carottes, orange, pois germés, vinaigrette d’agrumes (5,3 €)
Sandwich simple, roast-beef, courgettes grillées, picallili sauce (3.0 €)
Sandwich riviera, pain aux olives noires, homard, aubergine, beurre de crustacés (4.9 €)
Fromage blanc battu, Marmelade d’orange vanillée, amandes (2.8 €)
Tiramisú, biscuit cuillère, crème de mascarpone, cacao amer (3.2 €)
Clafoutis aux poires, poires caramélisées au miel, amandes (3.2 €)
Crumble pom’fig, noix, amandes, cassonnade (3.4 €)
Sweet snacking, Cannelés, brownies noix de pécan, brioche, crème de mascarpone (4.2 €)
Conçus sur le mode de la cuisine instantanée, ces plats atteignent leur température idéale de dégustation en 1 minute au micro-ondes.
Afin de préserver la saveur et l’esthétisme du plat, les sauces revêtent la forme d’un disque structuré au sommet de la préparation. Ainsi, durant la montée en température du plat, le disque se transformera en sauce pour lier les aliments.
Dips de volaille, noisettes grillées, sauce bulldog (2.3 €)
Canard sauté au wok, nouilles de blé tendre, poivre et miel (6.9 €)
Parmentier de Cabillaud, potiron, infusion d’olives noires (7.5 €)
Rigatoni saumon, saumon fumé, crème ciboulette (4.9 €)
Soufflé instantané chocolat, coeur de caramel au beurre salé (3.6 €)
C’est léger :
Maki veggie, julienne de légumes croquants, soja, patates douces vanillées (3.8 €)
Salade de St jacques, pulpe de fenouil, citrons, vinaigrette jus d’ananas, huile d’olive (6.2 €)
Salade d’O, cabillaud vapeur, ficoïde glaciale, gel concombre, sauce yaourt épicé (5.6 €)
Soupe Thaï, crevettes roses, soja sésame (5.9 €)
Dorade au court-bouillon, légumes bâtonnets à la graine d’anis (6.8 €)
Salade exotique, fruits exotiques, gelée de thé Earl Grey, copeaux de coco (3.0 €)
Salade d’agrumes, eau de thym citronnée (3.0 €)
Seul, à deux, entre collègues ou entre amis, l’espace Picnic en Ville s’approprie librement.

Ainsi, après avoir sélectionné ses plats dans la banque froide, le client passe au comptoir avant de choisir de s’asseoir sur une banquette conviviale ou sur un mange-debout ouvert sur la rue. C’est également en toute décontraction qu’il va réchauffer son plat dans l’un des micro-ondes mis à sa disposition.
Picnic en Ville
7 rue Eugène Gilbert
63000 Clermont Ferrand
Tél : 04 73 34 13 36
mots clés : Patrick
, cuisine vagabonde
, restaurant 
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Dimanche 23 Mars 2008
Une nuit au fournil
Fureur des Vivres n°3, mars 2008, le pain
«Rendez-vous vers 22 heures vendredi prochain» m’avait dit Olivier Lataste lorsque je l’avais quitté lundi dernier. J’avoue qu’après notre longue conversation j’étais impatiente de voir Olivier et son équipe au travail.
Une nuit au fournil
Un havre de paix
Lorsque nous arrivons vendredi soir, tout est calme. Une délicate odeur de farine et de levain flotte dans la grande pièce, où se trouvent les pétrins, au repos, et les plans de travail. Dans de grands bacs en plastique blanc reposent les différentes pâtes de farine complète ou de farine blanche.



Sur des étagères reposent des dizaines de boules de pains aux teintes allant du blanc au jaune, pains nature, aux fruits, aux lardons, à l’épeautre, à la farine complète, à la farine de froment, fougasses, mouna …

Nous découvrons toute l’équipe, attablée devant le four, finissant tranquillement le dîner. Dans le four sur trois étages, les gros pains de 1, 2 et 4 kilos, les saint Roch, sont en train de cuire. C’est le moment calme de la soirée, les saint Roch mettent 2 heures à cuire, les fournées suivantes sont prêtes, l’équipe reprend des forces et s’octroie un peu de repos avant de reprendre le travail.

L’équipe ce soir, est composée de deux boulangers et de deux apprentis, plus Olivier. «Olivier revient bientôt» nous dit-on. Revient, car il était déjà là dès 14 heures à lancer les pétrins et, avec son équipe, à faire commencer les fermentations, puis à façonner les pains. Les saint Roch poussaient depuis le matin à température fraîche, leur pâte, contenant 1 g de levain pour un kilo de pain, prend vraiment le temps de pousser et c’est pour cette raison que la mie est si aérée, si bonne.

Le levain, superbe, non ?
La table, débarrassée et repliée, le café bu, chacun est de nouveau à son poste.
Pétrissage et façonnage
A l’autre bout de la salle, un boulanger dépose une masse de pâte à pain dans une machine, sorte de presse dont le couvercle marque la pâte en portions égales. Deux par deux, les portions sont façonnées en boule et mises à fermenter sur de grandes étagères recouvertes d’une toile de lin farinée. Elles fermentent, on dit qu’elles poussent dans le langage des fournils, pour être ensuite retravaillées.
www.fureurdesvivres.com/files//fdv_3_sego_lataste_71.avi
Déjà, debout devant un plan de travail, deux autres boulangers attrapent des boules bien gonflées, les aplatissent et les replient plusieurs fois sur elles-mêmes, les roulant sous leurs mains, façonnant des baguettes, des bâtards de babeurre ou des pains d’une livre.
www.fureurdesvivres.com/files//fdv_3_sego_lataste_70.avi
Allongées entre les plis d’une toile de lin, ces pains vont pousser de nouveau jusqu’au moment où, d’un geste vif, à l’aide d’une planchette de bois, Olivier les dépose sur une longue table placée devant le four. Même chose pour les pains ronds sortis de leurs panières. Les gestes sont calmes er précis, parfaits.
L’alchimie de la cuisson
A l’aide d’une lame, un apprenti marque chaque type de pains d’entailles particulières d’un geste précis.

Cette opération n’est pas uniquement esthétique, elle est indispensable, elle évite que sous la poussée des gaz, le pain n’éclate durant la cuisson, la partie entaillée sert en quelque sorte de soupape d’où les gaz s’échapperont.
www.fureurdesvivres.com/files//fdv_3_sego_lataste_69.avi
Certains pains ronds ne sont pas scarifiés, le sommet se soulèvera comme un couvercle à l’endroit de la cicatrice, partie où les deux extrémités de la pâte sont réunies lors du façonnage. Une fois les pains enfournés, de l’eau est alors projetée sur des plaques de fonte latérales qui vont dégager de la vapeur d’eau dans le four permettant aux pains de mieux se développer et à la croûte d’être plus fine et plus brillante. Au fur et à mesure de la cuisson les pains lèvent. La poussée des gaz à l’intérieur des pains est si puissante qu’on voit même les pains lever, c’est assez extraordinaire. Peu à peu, les pains blondissent, les croûtes se craquèlent et brunissent. C’est un spectacle beau et émouvant.

Le chant du pain
La cuisson terminée, à l’aide d’une grande pelle plate, les pains sont retirés du four et posés sur la table, ils dégagent une odeur exquise, une bonne odeur de grain de blé.


La croûte, au sortir du four, est dure, cassante et coupante comme du verre. Si la boule tombe par terre, elle éclate comme un œuf. Les baguettes, bâtards et tous les pains longs sont immédiatement déposés dans des caisses en bois.
www.fureurdesvivres.com/files//fdv_3_sego_lataste_75.avi
Les gros pains vont refroidir sur des étagères à claire-voie, on peut alors entendre le chant du pain. Comme le vin dans sa barrique, le pain chante; c’est le chant de la mie qui se rétracte en refroidissant.

Le pain «ressue» et diminue beaucoup, l’alcool et la vapeur d’eau s’échappant. Une fois qu’ils ont leur forme définitive, ils sont calés eux aussi dans des caisses en bois, ils peuvent alors être déplacés sans dommage.

Fin de nuit
Une pause « cigarette et p’ti noir ». Les dernières fournées. Dans la pièce attenante, deux apprentis commencent à préparer les caisses qui partiront tout à l’heure vers les marchés de la région bordelaise.
Dans les pétrins, commence la lente alchimie de la farine et du levain. Le travail de demain se prépare. Et tout recommencera.


Ces moments passés au milieu des boulangers et apprentis ont été très étonnants et extrêmement instructifs. Tous donnent du sens à leur travail, chacun s’implique dans ses tâches avec un bonheur évident, un amour et une fierté de leur travail qui sont exprimés par la patience et l’évident plaisir qu’ils avaient à nous expliquer leurs gestes et les étapes de l’élaboration des pains, à nous faciliter les prises de vue.

Qui s’expriment aussi par l’ambiance joyeuse et la sérénité qui règnent dans ce lieu. S’éclaire le sens des phrases dites lundi sur le rapport à la matière et la satisfaction de travailler pour donner du plaisir aux autres. Une belle leçon de la part de ces jeunes hommes. Chapeau bas messieurs et soyez remerciés pour ces moments de grâce passés en votre compagnie.
www.fureurdesvivres.com/files//fdv_3_sego_lataste_73.avi
Marchés où sont vendus les pains d'Olivier Lataste en Gironde :
Vendredi : Langon et Parempuyre
Samedi : Léognan, Saint Médard en Jalles et La Teste
Dimanche : Talence, Pessac et les Chartrons sur les quais à Bordeaux.
Nous ajouterons dans quelques jours les marchés desservis par Quentin, ancien élève d'Olivier.
Ségolène

Qui s’expriment aussi par l’ambiance joyeuse et la sérénité qui règnent dans ce lieu. S’éclaire le sens des phrases dites lundi sur le rapport à la matière et la satisfaction de travailler pour donner du plaisir aux autres. Une belle leçon de la part de ces jeunes hommes. Chapeau bas messieurs et soyez remerciés pour ces moments de grâce passés en votre compagnie.
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Marchés où sont vendus les pains d'Olivier Lataste en Gironde :
Vendredi : Langon et Parempuyre
Samedi : Léognan, Saint Médard en Jalles et La Teste
Dimanche : Talence, Pessac et les Chartrons sur les quais à Bordeaux.
Nous ajouterons dans quelques jours les marchés desservis par Quentin, ancien élève d'Olivier.
Ségolène
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